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Mars 2001-n°143

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Midem 2001
Le net et la France à l'honneur
Le 35e Midem (Marché international du disque et de l’édition musicale), première manifestation internationale de la musique, s’est déroulé à Cannes du 21 au 25 janvier derniers. Il a été l’occasion de mettre le net et la France à l’honneur.
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En inaugurant ce 35e Midem, Catherine Tasca a principalement insisté sur le fait que «le défi présent est celui de l’essor de la musique sur les réseaux numériques». Elle a notamment expliqué que les professionnels de l’industrie musicale ont travaillé, dans le cadre de la commission sur la copie privée, à « des avancées qui vont permettre de mettre en œuvre des moyens nouveaux au service de la création artistique et de la diversité culturelle ». Elle a, par ailleurs, annoncé l’installation prochaine du « Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique » et la réunion de « l’ensemble des parties concernées par l’adaptation de notre régime de droits dans l’environnement numérique », afin de rechercher des solutions au problème numérique tel qu’il se pose aujourd’hui. Elle a enfin dévoilé la création « à terme, d’un bureau de l’industrie musicale » à la Direction de la musique, de la danse, du théâtre et du spectacle. De quoi rassurer tous les professionnels de la musique, particulièrement inquiets des conséquences du piratage permis par les réseaux modernes de communication.
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La «french touch»
La ministre est surtout intervenue dans le cadre d’une journée placée sous le signe de la musique française à l’export (voir article page 22). En effet, l’exportation de la production musicale locale a représenté en 2000 quelque 20 % du chiffre d’affaires du marché français du disque, soit 800 millions de francs (121,96 millions d’euros) et il s’agissait de mettre ce beau résultat en avant, à l’occasion de la vitrine internationale de l’industrie du disque qu’est le Midem. Cet événement, organisé par le Bureau export de la musique française, sous l’égide du ministère des Affaires étrangères, du ministère de la Culture et de la Communication, du secrétariat d’Etat au Commerce extérieur, avec le concours de l’Afaa, du CFME-Actim, du Snep, de la SCPP, de la SPPF, de l’Upfi, de l’Adami, de la Sacem-SDRM, du FCM, du Fonds de Soutien ainsi que celui de Francophonie diffusion, MPO et RFI, a consacré le dynamisme et les bons résultats à l’export de la musique française ces dernières années.
Cet événement baptisé «France Influence» a illustré le rayonnement accru de nos artistes et de nos industries musicales en trois temps. Un colloque a réuni professionnels et partenaires institutionnels autour du thème de la diffusion de la production musicale française sur le marché international et celui de la promotion à l’étranger des artistes français. Hubert Vedrine, ministre des Affaires étrangères, Catherine Tasca, ministre de la Culture et de la Communication, et François Huwart, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, ont montré comment pouvoirs publics et professionnels de la musique travaillent de concert depuis dix ans pour donner à la musique française son plein ressort international. Par-delà l’importance de la réussite de cet effort commun, ils ont aussi montré que c’est l’ensemble de l’expansion française qui profite du succès international de la musique.
Enfin, un plateau exceptionnel de musiciens français a prouvé la vigueur de nos artistes : Anggun, Rachid Taha, Ishtar La voix d’Alabina, Les Nubians, Tahiti 80, Benjamin Diamond, ZenZila, Modjo et Dionysos, Telepopmusik, Superfunk, Lake Soul, Jef K, Bertrand Burgalat et Lo’Jo.
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Midemnet
L’industrie musicale et internet ont commencé à tisser des relations plus sereines à l’occasion du Midemnet. Le réseau, s’il inquiète toujours face au piratage, devient un nouveau mode de distribution de la musique qui n’entraînera pas avant longtemps la disparition du disque comme l’a exposé Pascal Nègre, président de Universal music France. Relais promotionnel supplémentaire pour la diffusion musicale et mode complémentaire de distribution, il ouvre simplement sur une nouvelle ère de l’industrie musicale. Ainsi, Universal et le site de téléchargement américain MP3.com, ainsi que BMG (Bertelsmann Music Group) et Napster ont signé des accords qui montrent que cette année va être marquée par l’arrivée de la musique protégée et payante sur internet. Sur cette base et pour la première fois, tout le monde était d’accord. Il faut protéger les droits d’auteurs et mettre en œuvre tous les moyens pour faire respecter cette protection. Si des organisations comme la Sacem plaident fort justement pour que se constitue une philosophie internationale effective et unitaire, les formats de protection propriétaires et les sociétés de gestion de droit le font également. Catherine Tasca, de son côté, a expliqué que le gouvernement «prend l’affaire au sérieux» et a promis une batterie d’outils juridiques «de portée internationale». Un projet de directives vient d’être voté par le Parlement européen dont nous rendrons compte dans notre prochain numéro.
Mais, si le piratage a d’ores et déjà entraîné un important manque à gagner pour les artises et les éditeurs, nul ne sait encore vraiment comment «faire» de l’argent avec la musique en ligne. Tous pensent que les résultats seront énormes à terme et si certains estiment qu’il faudra attendre deux à trois ans, personne n’en est vraiment certain. L’abandon du gratuit par ses principaux défenseurs montre que le bon «business model» n’est pas là : pour autant les solutions de paiement n’ont pas encore fait leurs preuves. Il est impératif de «rendre la musique aussi facile à acheter qu’elle est facile à voler» et «il est impératif de suivre les usages des consommateurs» demeurent les seuls points d’accord généraux.
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Du côté des artistes
La surprise dans ce domaine est venue des artistes. En effet, certains d’entre eux tentent de construire une «nouvelle économie» du disque. Ainsi, pour la sortie de leur album «Discovery», en mars, le groupe français Daft Punk utilise un CD hybride associant audio et internet. Ils ont, pour ce faire, passé un accord avec Intertrust, société américaine de droits d’auteur, selon lequel chaque acheteur se verra remettre une carte accompagnée d’un numéro d’identification individuel. Celle-ci permettra de télécharger sur le net, des morceaux non enregistrés sur l’album acheté. Peter Gabriel, ex-chanteur du groupe Genesis et aujourd’hui dirigeant de OD2, une société qui propose des solutions sécurisées pour la diffusion des œuvres sur l’internet, pense lui aussi que c’est dans la possibilité d’offrir des services et options supplémentaires au disque qu’il faut s’engager. L’avenir saura certainement nous répondre si oui...
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