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Juillet 2001-n°147

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SIR 2001
Le rendez-vous de la radio et de la TV locale
Le SIR 2001, qui réunissait le 4e salon international de la radio et le 2e salon de TV locale, s’est tenu les 6 et 7 juin derniers à Paris. Un rendez-vous désormais habituel des professionnels de la radio et de la TV locale.
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Le SIR 2001 (qui désormais se déroule sur deux jours au lieu de trois) a permis une participation plus dense du public. Ce fut l’occasion pour les professionnels des secteurs de la radio et de la TV locale de faire le point sur les dernières innovations grâce à la présence de nombreux industriels et aussi d’assister aux divers tables rondes, conférences et ateliers. Ces débats, par les sujets qu’ils abordaient et la qualité des intervenants, ont attiré un public concerné, intéressé et souvent participatif : « Notre salon est désormais le rendez-vous annuel national des gens de radio » déclaraient les trois coprésidents du SIR, Gérard Didier, Jean-Michel Sauvage et Chris Hofen.
L’atelier débat « Radios et TV sur internet », animé par Stéphane Lacombe, directeur de Com FM avec notamment, Benoît Sillard, président de TV-radio.com, Arnaud de Saint-Roman, directeur du département radio de Médiamétrie, et Franck Si-Hassen de RTL net a permis de définir les spécificités d’une radio sur le net et de dresser le portrait du radionaute (voir article ci-contre). Les web radios, au delà d’une possibilité d’écoute en différé, favorisent avant tout une relation plus étroite avec l’auditeur. En effet, elles prennent en compte leurs demandes et permettent de constituer une véritable communauté d’auditeurs avec forums et chats et ce, dès le lancement de la radio. Aussi, ne se considèrent-elles pas comme une simple déclinaison en ligne de leur station mais offrent de nombreux services et informations complémentaires. « C’est là que résident leur force et leur spécificité », expliquait Benoît Sillard. « C’est là où elles réussissent le mieux, où elles sont le plus adaptées, dans le cas de radios très ciblées, pointues, qualitatives : c’est à ce moment qu’elles réalisent le plein d’audience. »
La Table ronde « Radios : changements dans les catégories de services » avec Philippe Gault, président du SIRTI, Hugues de Vesins, président du CNRA et Gilbert Andrucciolli, président de la CNRL, a permis d’évoquer le projet de regroupement actuellement à l’étude par le CSA. On déplorait cependant l’absence de représentants des stations nationales (SRGP et SRN). Pour les fédérations des radios associatives (CNRA, CNRL), ce fut l’occasion de faire le point et de définir trois secteurs précis: public, non marchand et commercial. Le secteur des radios associatives (catégorie A), revendique avant tout la reconnaissance de sa singularité et ne voit aucun intérêt à un regroupement. Quant au SIRTI (catégorie B), s’il notait surtout la bipolarité des stations locales indépendantes et des réseaux nationaux (catégories C), pouvant piloter ou posséder eux-mêmes des extensions locales, il ne serait pas opposé à un regroupement des catégories A+B. Par ailleurs un regroupement des B+C ferait le jeu des grands opérateurs nationaux (chambre d’expansion et collecte élargie de la publicité). De leur côté, les réseaux nationaux semblent s’inscrire dès maintenant ou à terme dans une logique européenne.
Enfin, l’atelier débat sur « Numérique : le 3e âge de la radio ? » rassemblait Alain Delorme (TDF), Thierry Vachez (CSA), Claude Wargnier (Club La radio numérique DAB ), Raphaël Eyraud (Towercast) et abordait les évolutions de la radio. Alain Delorme a dressé un bilan très encourageant du projet DRM sur la numérisation de l’AM. Il a largement évoqué l’ensemble des perspectives ainsi ouvertes pour les nouveaux programmes et les nouveaux services. Concernant le DAB, tous ont évoqué l’appel à candidatures lancé par le CSA sur Paris et la région parisienne. Claude Wargnier a mis en avant le rapport que doit remettre prochainement Anne Coutard et les applications possibles du DAB en particulier en matière d’éducation avec Radio Sorbonne.
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Audiovisuel et télévisions locales
Lors de la table ronde dédiée aux « TV et radios du tiers secteur audiovisuel », en présence notamment de Jacques Soncin (CNRL), Hugues de Vesins (CNRA), Michel Fizbin, coordinateur de Zaléa TV et Patrick Farbiaz (représentant Noël Mamère, député), l’on a noté une relation pacifiée entre les acteurs de la radio et de la télévision associative, même si le financement de ces dernières n’est pas forcément assuré.
Mais c’est surtout la grande table ronde « TV locales en France, autorisations, stratégies et développement » qui a retenu la plus grande attention, en présence notamment de Gilles Crémillieux du groupe La Montagne/Clermont-Première, Patrice Mallet, directeur de Télé 8 Mont-Blanc, Dominique Renauld (UTLC), Jean-Marc Passeron (SNTP) et Louis Bertrand Raffour (groupe Vivendi). L’ensemble des dirigeants de télévisions locales présents, s’ils se sont accordés à reconnaître l’importance de leur média, constataient que la question du financement et de la publicité était loin d’être résolue. Et si chacun prône le regroupement pour défendre des intérêts communs auprès des pouvoirs publics et des agences d’espace publicitaire, tous ne s’accordent pas sur la nécessité de l’ouverture de la publicité au secteur de la distribution (ce dernier constituant 75% des annonces dans la PQR). Cette solution est défendue par les responsables du SNTP. Sans cette autorisation, selon eux, il n’existe pas de solution d’avenir pour les télévisions locales en France dont le déficit reste structurel. La télévision de la PQR ,pour sa part, ne revendique pas cette position de façon aussi radicale. Par ailleurs, les petits opérateurs de télévision locale inscrits dans des territoires ruraux ont formulé leur incapacité à fournir deux heures quotidiennes de programmes propres après six mois et réclament donc une flexibilité en fonction du temps, du bassin de population et des ressources économiques (publicité locale). Enfin, si la plupart d’entre eux semble acquis au numérique terrestre, ils souhaitent des autorisations immédiates en analogique puis du simulcast et aimeraient que le CSA fasse connaître le plus vite possible son calendrier.
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Arnaud de Saint-Roman, directeur du département radio de Médiamétrie a tenté de dresser le portrait de ces nouveaux auditeurs de la radio sur le web. S’ils n’étaient encore que 2,1% au deuxième trimestre 2000, leur progression semble régulière puisqu’ils étaient déjà 3,3% au premier trimestre 2001. Ce chiffre, s’il peut paraître faible en pourcentage représente néanmoins 1,5 million d’individus, suffisamment donc pour que l’on s’y intéresse de plus près. D’autant que s’ils représentent en France 8,3% des internautes, aux Etats-Unis, la pratique est désormais bien ancrée puisqu’un internaute sur trois est un radionaute et écoute la radio à partir de son ordinateur.
Quand on esquisse le portrait de ces nouveaux auditeurs, selon les chiffres 75000+ du 2e trimestre 2000, on constate que plus des trois quart d’entre eux sont des hommes (77,3%), un chiffre bien supérieur à celui des simples internautes (57,6%, selon les chiffres 24000/Médiamétrie/ISL du 2e trimestre 2000), et plutôt jeunes, 61,4% ont entre15 et 34 ans ; un contraste comparé à l’âge des auditeurs traditionnels qui pour 64,4% d’entre eux ont plus de 35 ans. Concernant la catégorie socio professionnelle, leur répartition est très semblable à celle des internautes. 44% d’entre eux font partie des catégories socio professionnelles élevées, alors que 36,9% sont des inactifs. Ils habitent plutôt la ville que la campagne puisque 62,3% d’entre eux résident dans une agglomération de plus de 100 000 habitants dont Paris. Cela ne signifie pas pour autant que les ruraux ne connaissent pas la radio sur leur ordinateur, puisque 12,3% d’entre eux vivent dans une commune rurale, chiffre loin d’être négligeable. Parmi les auditeurs du traditionnel poste de radio, ils sont le double (25,4%) à vivre à la campagne.
Mais peut-on dès maintenant considérer ces radionautes comme des auditeurs fidèles ? Selon les chiffres 75000+ janvier-mars 2001, il semblerait que oui car au premier trimestre 2001, 20,1% d’entre eux écoutaient la radio sur le net au moins une ou deux fois par semaine, soit une écoute dite régulière. Un radionaute sur 5 est donc dores et déjà un habitué de ce nouveau type d’écoute. 7,8% l’écoutent tous les jours ou presque tous les jours ; 79,3% l’écoutent moins souvent. Benoît Sillard donnait de son côté des informations sur les temps et les horaires d’écoute. Vingt minutes est la moyenne du taux de connexion, un chiffre que confirment d’autres diffuseurs de radio sur le web, avec des pics vers 17 heures, laissant penser que les auditeurs se connectent à leur bureau.
Le portrait du radionaute
Dans tous les cas, ces chiffres, selon Arnaud de Saint-Roman, permettent donc d’esquisser le portrait du futur radionaute: un homme, jeune, urbain, cadre supérieur qui écoute la radio sur son ordinateur au moins une fois par semaine.
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