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Juillet 2001-n°147

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Technologies
Le cinéma numérique invité au Festival de Cannes
Par-delà, les stars, les films et le « business », le Festival de Cannes est devenu l’un des grands rendez-vous des nouvelles technologies. Ce fut l’occasion pour TDF, (avec GlobeCast) et la CST de dévoiler les premiers résultats de leur plate-forme expérimentale de cinéma numérique.
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Cannes, ses « paillettes », ses « stars », ses « chefs d’œuvre du cinéma », ses « producteurs », ses « financiers »... Pendant dix jours, lequel d’entre nous n’a pas rêvé, en regardant sur le petit écran le plus grand festival de cinéma du monde ? Mais Cannes est aussi le grand rendez-vous des professionnels du cinéma, un rendez-vous où les technologies numériques prennent de plus en plus d’importance. En effet, le cinéma, comme tous les secteurs du spectacle en général et de l’audiovisuel en particulier, a entamé sa mutation technologique. Après les trucages et les techniques de tournage qui y recourent largement depuis quelques années, arrivent aujourd’hui les technologies de distribution et de projection. En effet, elles permettent désormais d’apporter une qualité équivalente ou supérieure à celle que l’on rencontre dans beaucoup de salles. Aussi, les professionnels ont apporté un intérêt très marqué à la plate-forme expérimentale de cinéma numérique élaborée par TDF, (avec GlobeCast) et la CST dont le premier bilan a été présenté au Mitic.
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Cinéma numérique
Le Marché International des Techniques et de l’Innovation du Cinéma (Mitic) a proposé onze jours de conférences et d’expositions consacrées aux nouveautés technologiques du cinéma. Pour sa 4e édition, le Mitic a en effet réuni les industriels incontournables du marché, les entreprises innovantes à la pointe des nouvelles technologies, cinéma numérique mais aussi techniques audio, effets spéciaux, internet etc., ainsi que les commissions du film et les organismes professionnels. Cette manifestation a été l’occasion de rencontres fructueuses et constructives sur le cinéma numérique. Ainsi, Yves Louchez, directeur général de la CST (Commission Supérieure Technique), partie prenante du Mitic a estimé que « la phase de réactions « affectives » liée à l’arrivée des techniques numériques, comme nous l’avons connue il y a trois ans, a disparu. Nous sommes entrés dans un climat serein et tous les professionnels se sentent concernés par l’ère du numérique ».
Le Mitic a, dans cet esprit, été l’occasion pour TDF, (avec GlobeCast) et la CST de présenter un bilan de la première année d’existence de la plate-forme d’expérimentation numérique lancée à Cannes en 2000. Ainsi, une série de tests a été mise au point et réalisée sur différents équipements de compression d’images et de démonstrations de distribution numérique, en particulier celui réalisé en septembre 2000 au Congrès de la FNCF, et le dernier en date en collaboration avec EVS pour Pathé, sur quinze minutes du film « la Reine Margot ». « Cette plate-forme nous permet de tester l’ensemble de la chaîne de diffusion numérique d’un film, depuis le négatif jusqu’à la projection en salles, a expliqué Yves Louchez, directeur général de la CST. L’objectif est de pouvoir comparer la qualité au départ et à l’arrivée. » Partenaires de l’opération, TDF et GlobeCast ont pris en charge la distribution des fichiers par satellite, la CST supervisant le transfert de la pellicule sur support numérique ainsi que la projection en numérique. « Nous avons pu vérifier l’interfaçage des différents blocs de la chaîne de diffusion et tester plusieurs systèmes de compression de fichiers : Quvis, MPeg... Il faut souligner que la plate-forme d’expérimentation numérique est un outil unique, mis en place avant même que les Américains n’installent leur Digital Cinema Lab », a expliqué Bernard Pauchon, directeur du projet cinéma numérique pour TDF et GlobeCast. Les experts de la CST ont défini un certain nombre de recommandations, notamment en matière de contraste, l’un des points clefs pour la restitution d’une image de qualité cinématographique. La prochaine étape consistera à réaliser la transmission complète d’un long-métrage avant la fin 2001. « Nous aimerions mettre en place une vingtaine de sites en Europe pour tester grandeur nature la diffusion en multipoints, a indiqué Yves Louchez. Ce qui pourrait se faire en partenariat avec l’Union européenne, mais cela nécessite un peu de temps. » On trouvera un document détaillé intitulé « Plate-forme d’expérimentation du cinéma numérique, bilan des essais et recommandations » sur le site de la CST (www.cst.fr). Ce document propose des recommandations concrètes dans plusieurs segments de la chaîne du cinéma numérique, notamment le transfert des films et la qualité des projections.
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Perspectives de marché
Jérôme Paillard, directeur délégué du Marché du film, s’est montré pour sa part satisfait des développements du cinéma numérique présentés au Mitic. Il a ainsi déclaré à e-tdf qu’« indéniablement, l’arrivée du cinéma numérique allait faciliter la programmation, tant en termes de diversité que de prédominance des films « main stream ». En fonction de l’attitude adoptée par les opérateurs des nouveaux modes de diffusion, modes de contrôle ou de régulation, le cinéma indépendant sera plus ou moins avantagé. En terme de qualité, poursuivait-il, je ne suis pas sûr que le débat soit là. Ce sera, sans doute, un élément marketing supplémentaire, qui sera, ensuite, complètement occulté. C’est comme aller dans une salle Dolby... Aujourd’hui ça n’est plus un « plus ». Je crois surtout que le cinéma numérique va apporter une facilité d’exploitation. Je pense, notamment, aux annonceurs publicitaires qui vont pouvoir adapter les messages publicitaires en temps réel, mais aussi les films annonces, en fonction du public, de l’heure etc. Quant aux exploitants ils sont toujours réservés sur le sujet, même s’ils reconnaissent que le cinéma numérique arrive ».
Enfin, la société Novociné a annoncé, au cours d’un débat sur le rôle d’animation des salles de cinéma dans les centres-ville, le projet d’un réseau de salles de projection équipées en numérique en France, dont le principal concept est d’avoir une programmation très variée, liée à des animations et s’ouvrant sur des activités de vidéotransmission institutionnelles. Il n’existe encore qu’une trentaine de salles recourant au cinéma numérique dans le monde, c’est peu. Mais tout donne à penser que leur nombre va croître rapidement.
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