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Octobre 2000-n°138

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Hourtin 2000
Le centre du cyber-monde
380 intervenants, 40 espaces de présentation, 104 séries de rencontres professionnelles, 100 débats, 30 tribunes. La 21e Université d’Eté de la Communication qui s’est tenue à Hourtin du 21 au 25 août dernier, a permis à près de 4000 participants d’être une nouvelle fois au centre de la réflexion sur la communication.
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Catherine Tasca, ministre de la Culture et de la Communication a inauguré le lundi 21 août 2000, la 21e Université d’Eté de la Communication qui était consacrée cette année à "Liberté, Egalité, Fraternité". Après avoir annoncé une hausse de 6,1% des budgets de France Télévision et de Radio France, de 9,1% pour Arte, de 8,1% pour RFO et de 3,4% pour RFI, elle s’est prononcée en faveur du maintien de la redevance TV, précisant que la question du financement "se posera aussi pour l’offre publique de contenus sur l’internet". Ainsi, pour lutter contre les inégalités, elle a annoncé que d’ici 2003, 3 milliards de francs devraient être investis pour créer 7 000 lieux publics permettant l’accès au réseau mondial. Abordant enfin le dossier du numérique terrestre, elle a rappellé que "la loi sur l’audiovisuel qui vient d’être votée donnera à France Télévision un cadre bien adapté à sa mission et à son développement, notamment pour les nouveaux services sur le numérique hertzien terrestre". Elle a indiqué que le numérique terrestre sera "l’occasion d’exposer plus largement ce qui est déjà le potentiel du service public (...) à la condition qu’il affirme son identité et ses missions particulières".
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Ils sont venus...
Ils sont nombreux à être venus à l’UEC pour débattre et développer la problématique du siècle qui commence. Jean-Marie Cavada, Président de Radio France a dévoilé le nouveau réseau France BLEU. Jean-Paul Cluzel, président de RFI, a montré les avancées de son réseau. André-Michel Besse, président de RFO, a évoqué RFO Sat et la stratégie de sa chaîne notamment en numérique hertzien. Jean-Michel Hubert, président de l’ART, a défendu les intérêts des consommateurs de télécommunications. Jean-Noël Tronc, conseiller du Premier Ministre, a annoncé le vote de la loi sur la société de l’information pour le début 2001. Jean Stock, président de TV5 et CFI a réaffirmé son objectif de créer la proximité avec les téléspectateurs et de moderniser l’image de TV5. Denis Olivennes, secrétaire général de Canal+, a expliqué le mariage entre Vivendi, Canal+ et Seagram. Bien d’autres sont intervenus, comme Jean-Pierre Masseret, secrétaire d’Etat à la Défense, Guy Hascoët, secrétaire d’état à l’Economie Solidaire, Yannick Monsnereau, directrice déléguée de la BPS, Cyrille Du Peloux, directeur général de Bull, Martin Vial, directeur général de La Poste, Laure Adler, directrice de France Culture, Marylise Lebranchu, secrétaire d’Etat aux Petites et Moyennes Entreprises, Commerce, Artisanat, Consommation, Ernest Antoine Seillière, président du MEDEF...
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Numérique terrestre
A la suite de la loi définissant les conditions de sa mise en oeuvre, la télévision numérique terrestre a été l’occasion de plusieurs débats. Le CSA a annoncé qu’une concertation sur la planification des fréquences serait organisée avec les professionnels en septembre et qu’il devrait en rendre compte fin octobre. Dans un an, les premières autorisations devraient être délivrées par un appel d’offres lancé en 2001. Les premiers services devraient être proposés au public fin 2002. Les premiers candidats à un multiplexe national se sont dévoilés: TF1, Canal+, mais aussi Noos (l’ex Lyonnaise des Eaux), France Télévision et d’autres. Le CSA et TDF ont confirmé que le numérique terrestre n’arrive pas trop tard. Ils ont rappelé qu’il est une chance de développement de la télévision numérique pour tous et qu’on est loin de connaître aujourd’hui tous les usages que l’on fera demain d’une télévision en pleine mutation. Ainsi, pour Marc Rennard, directeur général adjoint de TDF, la télévision numérique terrestre apporte "portabilité, qualité de signal et multiplexation de programmes". En matière d’ex-pression locale, elle autorise l’interactivité, offre plus de fréquences, cible les bassins de population, permet une diminution des coûts de diffusion et l’émergence d’un nouveau marché pour les opérateurs de multiplexes. Martine Mauléon, directeur général de Demain! Estime qu’il y a place pour "plein d’initiatives". Gérald Ganascia, directeur de la communication et des études du CSA voit dans le numérique terrestre une nouvelle chance pour la télévision locale. "Si l’Etat fait comme pour le football amateur et reverse une part de la recette des professionnels", devait ajouter Michel Fiszbin, représentant de la coordination permanente des médias libres. Claude Belot, sénateur et rapporteur du budget de la Communication, estime qu’une télévision locale ne coûte pas cher et que les collectivités locales peuvent participer selon lui à l’opération. Il ne voit pas de problèmes de diffusion et les coûts demandés par TDF lui semblent raisonnables à l’échelle d’une collectivité territoriale comme un département. "L’enjeu identitaire" en vaut la chandelle. Les quotidiens régionaux, représentés par Jean-Charles Bourdier ont préfèré choisir la "syndication publicitaire". Mais en conditionnant le succès de l’opération à l’ampleur des autorisations accordées, et au choix d’un boîtier décodeur unique". A France3, on prépare le numérique terrestre, comme l’a rappelé Rémy Pflimlin, son directeur général, dans un débat consacré à la télévision de service public. "Le service public peut jouer un rôle moteur et fédérateur", notamment en créant des chaînes régionales...
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Télévision et internet
Pour François Manceaux, responsable de La Citoyenne, une chaîne sur internet, "La logique de la télévision sur internet, je ne sais pas qui la connaît vraiment. On en est à la première génération et on attend la génération deux". Pour y réussir, pense-t-il, il faut en trouver le "business model". Plusieurs intervenants à ce débat devaient le suivre sur cette voie. Denis Fortier, directeur du développement de Canal Web, se fondant sur le concept de "narrow cast, c’est-à-dire de communauté", estime que la télévision sur le web revient à " s’adresser à une communauté de X dizaines de milliers de personnes avec des moyens de la télévision, mais enrichis. Ce qui fait que le rendu final est très différent de ce qu’on peut trouver sur la télévision. (...). Il s’agit d’un média qui est en constante évolution et nécessite une stratégie spécifique face à une situation encore instable". Lancée par Canal Web, La Dépêche du Midi, La Nouvelle République, Le Parisien, Sud-Ouest et le Télégramme de Brest, TvWeb-Régions s’appuie sur la possiblilité de diffuser de la vidéo sur internet et la pénurie de télévisions locales en France. Cinq sites devraient être prêts à diffuser des images d’ici la fin de l’année. Nathalie Fourcade, présidente de NTV Factory, ne compare pas l’internet à la télévision classique. "Il n’y pas de raison de dégrader la télévision pour la faire passer dans une petite fenêtre. C’est un autre média et l’idée, c’est de les faire cohabiter. [...] J’accompagne un certain nombre de projets et je dirais qu’on a un rôle d’incubateur. Il faut que les auditeurs s’approprient le produit et c’est le seul pari sur lequel on s’engage ". Pour autant, des solutions apparaissent. Ainsi, Benoît Sillard, président de TVRadio.com, filiale de TDF, pense que l’interactivité est l’un des avantages essentiels de l’internet: en plus d’écouter un disque à la radio sur le web, on peut voir sa pochette, son historique et également l’acheter. La réussite de son poste de radio virtuel le montre. Les paris furent nombreux dans cette édition de l’UEC. Certains tiennent encore du rêve. Mais d’autres sont en voie d’être gagnés. Il faut parfois savoir penser l’utopie disaient de nombreux participants, souvent des professionnels.
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