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Décembre 2000-n°140

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Mipcom 2000
Vers une nouvelle économie des programmes TV
La dernière édition du Mipcom a vu chaînes et producteurs commencer à prendre en compte la nouvelle économie du marché des programmes de télévision qui naît de la convergence télévision/internet.
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Pour cette 16e édition du Mipcom, 11 762 professionnels représentant 2 924 sociétés de 89 pays se sont retrouvés du 2 au 6 octobre à Cannes. « Une augmentation spectaculaire de près de 11,50 % des participants et de près de 12 % des sociétés a traduit l’arrivée en masse des acteurs des nouvelles technologies, certains de rencontrer au Mipcom leurs interlocuteurs des médias audiovisuels traditionnels », expliquent les responsables du Mipcom.
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Convergence
On a pu s’en rendre compte sur place. Ainsi, même si les nouvelles formes que prend la diffusion des programmes de télévision ne génèrent pas encore un véritable marché, cette édition a largement développé le thème de la convergence entre télévision et nouveaux médias face à l’arrivée imminente du haut débit. En effet, avec le lancement du Mipnet, le Mipcom, s’il répond toujours à sa vocation première, la vente et l’achat de programmes, cherche aussi à devenir un lieu d’échanges et de rencontres entre les acteurs de la télévision classique et les nouveaux entrants de la planète internet. Représentatives de cette tendance, les conférences du Mipnet sur le thème de « La Télévision dans la nouvelle économie » ont réuni au cours de leurs différentes sessions plus de 2 000 professionnels des nouveaux médias et de la télévision traditionnelle.
Les sujets des conférences ont abordé l’ensemble des problématiques posées par l’émergence d’une nouvelle économie de la production et du commerce des programmes : distribution, gestion et protection des droits numériques, impact sur la production, rapprochement entre le monde du net et celui de la télévision, modèles économiques. Pourtant, on a pu constater que le développement d’un discours convergent, à défaut d’être commun, reste difficile. Les deux secteurs utilisent encore des références distinctes et éprouvent un certain malaise à communiquer. Pour autant, les volontés existent et ce cycle de conférences, qui a abordé les questions concrètes posées par les professionnels, a permis de jeter des passerelles entre deux secteurs qui savent qu’ils vont désormais travailler de concert.
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Programmes pour internet
« Avec 22 % des sociétés participantes impliquées dans les nouveaux médias, le Mipcom 2000 démontre qu’il a totalement pris en compte le bouleversement sans précédent que représentent pour l’industrie des médias la convergence et la révolution du haut débit », déclare Xavier Roy, président directeur général de Reed Midem Organisation. Il est vrai que pour la première fois dans un marché des programmes, des sociétés de production spécialisées dans la production ou la distribution de programmes de télévision sur le net sont venues présenter des programmes dans un contexte commercial. Par ailleurs, de nombreux éditeurs de sites internet étaient à la recherche de catalogues de programmes à diffuser sur leurs supports. Mais, si quelques ventes ont eu lieu, si des accords ont été passés et si les discussions sur les droits multi-plateformes ont été très vives, il demeure difficile d’estimer aujourd’hui l’importance réelle de ce marché. En effet trois questions principales demeurent qui ne sont pas encore résolues et qui, semble-t-il, ne pourront l’être que dans le cadre d’un développement du marché :
- quelle protection contre le piratage peut-on proposer aujourd’hui ? ;
- sur quelle base tarifaire peut-on durablement estimer la valeur de tel ou tel programme (avec le net, les zones de diffusion en tant que telles disparaissent et la notion d’audience évolue sensiblement ; or ces deux critères sont déterminants pour mettre en place des grilles de tarifs) ;
- on ne maîtrise pas encore vraiment les formats d’internet et il demeure difficile de savoir quels programmes de télévision peuvent être diffusés sur le net et quels programmes internet peuvent être diffusés sur internet (voir article pages 22 et 23).
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Ventes
La déferlante des formats comme « Who wants to be a millionaire » ou « Survivor », a continué de se faire sentir : il s’agit de commercialiser des concepts clé en main de programmes de télévision et non plus des programmes déjà produits. Il est vrai que les publics apprécient particulièrement les programmes dont le contenu est conforme à leurs cultures nationales. Par ailleurs, le retour de Hollywood et de ses séries prestigieuses a marqué un marché particulièrement actif et dynamique. De nombreux droits ont été négociés, comme Alliance Atlantis avec TF1, CTV, Nine Network, Sony Entertainent, TV Latin America, Universal avec M6, Hallmark Entertainment, SBS, TV3, Carlton International avec RTE, SABC, SVT, TVNZ, YLE, Channel 4 International avec History Channel, Discovery avec BS Asahi, Canal 2 Panama, Reservoir Net avec Disney Channel, Futurikon avec RTV, ou encore des alliances comme celle de GalaxyOnline et de Europe OnLine.
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A l’honneur
Il n’est pas de Mipcom sans hommage aux grands professionnels. Cette année n’a pas dérogé à la règle. Ainsi, cette manifestation a rendu hommage à Hervé Bourges, président du CSA car « homme de communication exceptionnel, homme de notre siècle, citoyen de la planète, il a compris qu’à l’heure de la mondialisation des cultures, il fallait préserver leur diversité. C’est un message d’ouverture, de solidarité et d’amitié qu’il nous apporte ». Par ailleurs, Rainer Moritz, président de RM Associates, une société spécialisée dans les programmes culturels, a été célébré par les professionnels « pour ses quarante années de création dans l’industrie audiovisuelle. Dans tous les marchés et les festivals que compte le monde, la qualité de ses productions inspire l’admiration et le respect. Le secret de son succès réside dans une subtile alchimie entre son talent, sa connaissance des arts et son approche ouverte et multiculturelle ».
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