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Janvier 2001-n°141

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Sportel
Sport, télévision et internet
Durant les quatre jours du Sportel, du 5 au 8 novembre derniers, 189 exposants et plus de 2 000 visiteurs se sont retrouvés au Grimaldi Forum de Monaco, pour parler de télévision, d’internet et
de sport.
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Le Symposium du Sportel, présidé par Roland Faure et animé par Christian Quidet, a traité des conséquences de l’arrivée d’internet sous le titre « Le couple sport-télévision à l’heure du multimédia ». Un grand nombre d’intervenants, responsables de chaînes de télévisions, créateurs de sites internet, dirigeants sportifs et spécialistes des questions juridiques (Jacqueline Aglietta, présidente de Médiamétrie, George Bodenheimer, président de la chaîne sportive ESPN, Janine Langlois-Glandier, membre du CSA, Mike Levy, président du site américain Sportline, Henri Perez, directeur des opérations à l’UER, Benoît Sillard, président de tv-radio.com, Katsuya Suga, directeur exécutif de Fuji Télévision, Paul Tagliabue, président de la NFL, Viviane Reding, commissaire européen au sport (en duplex vidéo), David Douillet, comme « grand témoin »...), ont débattu de ce nouvel enjeu.
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Sites internet sportifs
Aujourd’hui, il existe quatre grands types de diffusion de l’information sportive sur internet : les sites créés par les organisations sportives et les compétitions, les sites édités par la presse écrite (généraliste et spécialisée), les sites édités par les chaînes de télévision (généralistes et spécialisées) et les sites créés ex-nihilo. Mais internet, faute de réseaux haut débit performants, n’est pas encore un média permettant la diffusion des compétitions. Aussi les quelques images proposées n’ont guère qu’une fonction d’illustration, les éditeurs de sites ayant plutôt fondé leur politique sur la rapidité et la qualité de leurs informations. Mais la diffusion de l’information sportive sur internet a commencé à modifier les structures mêmes de l’information sportive en les rendant encore plus complexes, à la fois en termes d’audience, de traitement de cette information et à terme de gestion des droits des manifestations et des disciplines. Si le traitement du sport sur internet demeure encore assez largement à inventer, les sites qui se sont spécialisés dans ce domaine ou lui accordent une large place commencent, eux, à trouver leur public.
Ainsi, en France, les grands prix de Formule 1, Roland Garros et l’Euro 2000 ont fait décoller les sites de sport. Une étude de l’Institut de mesure d’audience sur internet MMXI Europe montre que si seulement 2,7% des internautes à domicile avaient surfé sur un site sportif en avril, ils étaient 4,7% en mai, en raison de l’actualité. Par ailleurs, s’ils n’y avaient consacré en moyenne que 9,3 minutes en avril ils étaient resté plus de 12 minutes en mai. Le tournoi de Roland Garros et la préparation de l’Euro 2000 ont fait apparaître les sites rolandgarros.org et football365.fr dans le palmarès. Selon NetValue, chaque internaute a passé en moyenne en septembre 21 minutes sur les sites de sports, contre 12,6 minutes en août. Avec un temps passé par internaute de 57,6 minutes, le site de pronostics sportifs, Sport4fun, devient de son côté le premier acteur du secteur. Par ailleurs, à l’occasion des Jeux Olympiques, plusieurs sites sont apparus dans les classements de NetValue : olympics.com, franceolympique.com, sportnotes.com et sporever.fr.
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Cessions de droits
Dès 1995, l’UER a intégré dans ses contrats d’achat de droits des clauses permettant l’exploitation des images sur le net. Mais aujourd’hui encore, les détenteurs de ces droits, fédérations sportives et organisateurs de manifestations cèdent encore souvent leurs images aux éditeurs de sites internet dans la mesure où ces derniers ne sont pas en mesure de retransmettre les compétitions de façon techniquement satisfaisante. C’est ainsi qu’au Sportel, Chuck Blazer, membre du comité exécutif de la Fédération internationale de football (FIFA), a expliqué qu’aucun droit internet n’est commercialisé pour la prochaine Coupe du monde de footbal. Pour leur part, les responsables de la chaîne sportive américaine ESPN pensent qu’on ne peut aujourd’hui parler de droits pour internet. Enfin, dans ce domaine, les sites d’information sportive ne cherchent pas à entrer en compétition avec les chaînes de télévision. Ils recherchent principalement qualité, exhaustivité et rapidité de l’information qu’ils proposent.
Mais l’arrivée du haut débit se précise. Selon de nombreux spécialistes, elle sera effective dans un délai de deux à cinq ans. Dès lors, la compétition qui existe entre les chaînes pour s’assurer les droits de diffusion des grandes manifestations sportives pourrait s’élargir aux éditeurs de sites internet. De plus, comme internet est international de fait, il sera nécessaire de reconsidérer les bases de calculs des droits aujourd’hui fondées sur un rapport audience potentielle-dimensions de la zone de diffusion des chaînes... Il n’y a pas péril en la demeure pour les chaînes de télévision, le modèle économique d’internet n’étant pas encore trouvé dans ce domaine comme dans d’autres. Pour autant, elles se montrent très attentives aux évolutions actuelles et comptent sur les avancées du numérique (quel que soit le support de diffusion) et de l’interactivité qu’il permet pour maintenir l’incomparable qualité de leurs images et de leurs sons en y associant des données complémentaires.
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Détenir les droits et diffuser
Enfin, last but not least, comme dans tous les secteurs où les détenteurs des droits ont dû jusqu’à ce jour travailler avec des distributeurs et des diffuseurs (notamment la musique, la production audiovisuelle et le spectacle vivant), les milieux sportifs (athlètes, clubs, organisateurs de compétitions) commencent à s’interroger sérieusement sur leur capacité à diffuser eux-mêmes leurs propres « spectacles ». C’est ainsi qu’aujourd’hui, la plupart des clubs disposent de leur site et que des stars du sport créent également des sites personnels (Anelka, Marie-Jo Perec...) pour communiquer directement avec leur public. Les fédérations sportives ne sont pas en reste, qui ont commencé à « fédérer » ces initiatives, voire comme la NFL (Fédération nationale de football américain) à en créer pour le compte de leurs membres. Si, rien ne permet encore de dire si cette tendance portera préjudice à la télévision, tout porte à croire qu’elle modifiera les données des négociations sur les droits... Tout porte à croire aussi, que la diffusion de l’information et du spectacle sportifs devraient singulièrement évoluer dans les années à venir.
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