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Antennes : histoire

Dernière mise à jour :
29/05/2001

 

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Avril 2001-n°144

© MPA/Milia 2001

Milia 2001
Contenus pour tous supports

Il n’est pas un support, en ligne et hors ligne, fixe ou mobile qui ne soit désormais touché par les contenus multimédia. Le Milia, Marché international des contenus interactifs, qui s’est tenu à Cannes, du 10 au 14 février derniers, a mis en avant les réseaux de diffusion.
 
 

© Incidences

«Il n’y a plus d’enfants dorénavant qui soient nés sans les jeux vidéos» a déclaré lors de son discours d’inauguration du Milia, le Premier ministre Lionel Jospin, tenant ainsi à montrer l’importance des contenus multimédia dans notre civilisation, notamment en matière de formation des jeunes. Dans cet esprit, il a annoncé la création de RIAM (Réseau pour la recherche et l’innovation en audiovisuel et multimédia), un programme doté d’un budget de 135 millions de francs pour 2001 et destiné à apporter des soutiens aux projets les plus innovants. Pour développer la philosophie de ce programme, Catherine Tasca, ministre de la Culture et de la Communication, a souligné qu’il «serait dangereux de penser que les forces du marché sont assez clairvoyantes pour trouver et développer seules en Europe les services et les programmes à haute valeur ajoutée de demain», faisant ainsi référence aux «soubresauts récents de la nouvelle économie».
Par ailleurs, Lionel Jospin s’est montré préoccupé de l’importance du piratage et a souligné la ferme volonté du gouvernement en cette matière. "Certains utilisateurs peu scrupuleux n’hésitent pas à craquer les logiciels de jeux pour se les approprier gratuitement et les diffuser. Ce comportement “prédateur” est inacceptable", a déclaré le Premier ministre. Il a exposé que les dispositifs techniques de marquage et de protection des œuvres lui semblent la meilleure solution pour l’enrayer : «Le Riam devra aider à leur perfectionnement et à leur développement.» Il a par ailleurs souhaité qu’une campagne d’information visant à sensibiliser le grand public sur les conséquences du piratage «débouche dès la rentrée prochaine». «Si les œuvres de l’esprit et les droits de leurs auteurs sont protégés dans les domaines de la musique, de la littérature ou du cinéma, il doit en être de même pour la création numérique», a-t-il conclu.

 
 

© MPA/Milia 2001

© MPA/Milia 2001

Tous supports
Ces déclarations ont bien montré l’esprit dans lequel la France aborde les contenus multimédia face aux 7 000 professionnels, éditeurs de jeux vidéo, développeurs, sociétés de télévision interactive, venus d’une cinquantaine de pays, et face aux 800 entreprises exposantes, présentes à Cannes. Les Français, les Britanniques, les Américains et les Italiens formaient le gros du bataillon, mais de nouveaux pays les ont rejoints comme l’Algérie, Chypre, l’Iran, le Maroc et le Pakistan. Si le jeu, sur console ou en réseau, était largement dominant avec des éditeurs comme Wanadoo, Goa, Sony, Infogrames, Ubi-Soft, Kalisto, Cryo et Vivendi Universal, l’accent a été mis sur les réseaux large bande, la télévision interactive et les médias mobiles et sans fil qui permettent de multiplier les accès des consommateurs aux contenus existants. On a pu constater cette tendance, notamment à travers les interventions de Jean-Marie Messier, président de Videndi-Universal, John Riccitiello, président d’Electronic Arts, premier éditeur mondial de jeux vidéo et Andreas Schmidt, président de Bertelsmann E-commerce.
Pour autant, les jeux en ligne, ont rencontré cette année et, contrairement à l’année dernière, un certain scepticisme. En effet, après les difficultés boursières de nombreuses start-up de jeux, les éditeurs se montrent prudents. Ainsi, aux Etats-Unis, les revenus des jeux en ligne n’ont pesé l’année dernière selon l’IDSA (Interactive Digital Software Association), qui regroupe les éditeurs américains que 208 millions de dollars contre 6,1 milliards de dollars pour les jeux vidéo sur PC ou consoles. En France, selon la société NetValue, les jeux en ligne ne représentent que 1,7% de l’activité des internautes qui préfèrent se consacrer à 64% à leur courrier électronique. Si les jeux d’action et d’aventure ont les faveurs des joueurs les plus mordus, ce sont en fait les quiz, jeux de cartes, dames, échecs et autres bingo, qui séduisent la majorité des joueurs. Si les éditeurs demeurent confiants à long terme, ils pensent qu’il leur faut encore affiner le modèle économique de ce secteur, notamment en développant de plus en plus des systèmes d’accès multi-plate-forme permettant aux consommateurs de choisir eux-même le mode de consommation qui leur apparaît le plus approprié. C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre l’annonce par Kalisto, malgré ses difficultés financières actuelles, du développement avec un opérateur de télécommunications de deux jeux nouveaux dont l’un est inspiré par le «5e Elément» de Luc Besson et dont le second est une course tout-terrain.

 
 

© MPA/Milia 2001

© MPA/Milia 2001

Télévision interactive
Par-delà ces interrogations, c’est la télévision interactive qui a le plus retenu l’attention des participants au Milia. De nombreux stands présentaient des solutions technologiques adaptées et expérimentées et la plupart des acteurs de ce secteur estiment que le démarrage devrait commencer au cours de l’année 2002. Dans ce cadre, la conférence de presse d’Alain Staron, directeur général de TPS Interactif, organisée avecTV, a pris toute son importance. Avec 85 millions de francs de recettes en 2001, contre 37 en 2000 et 18 en 1999, la croissance est au rendez-vous des services interactifs de TPS, qui en a lancé plus de 200, dont près de 90 en 2000. Pour les éditeurs, le chiffre d’affaires généré par ces services (notamment via les transactions) s’est élevé à 500 millions de francs en 2000.
C’est la Météo qui remporte le plus grand succès suivie du guide des programmes, des jeux, des petites annonces et des services financiers. Plus de 90% des abonnés utilisent ces services. Ces chiffres sont à peu près identiques pour CanalSatellite. Il est enfin à noter que les deux bouquets ont noté un véritable démarrage de leurs services PMU et que tous deux demeurent prudents quant aux modalités de convergence télévision-internet.

 
 

© MPA/Milia 2001

© MPA/Milia 2001

Nouveaux talents
Comme chaque année, le Milia a rempli un rôle de détecteur de nouvelles idées. Ainsi, dix jeunes pousses européennes à la recherche de partenaires ont pu présenter leur société pour convaincre professionnels et investisseurs. Vitrine des nouveaux talents, un Village des développeurs permettait de prendre le poul des tendances et les 15 gagnants du concours des Jeunes Créateurs ont pu présenter leurs innovations, notamment au Premier ministre. Ils y ont trouvé un tremplin pour rencontrer les professionnels et ces derniers ont pu se plonger dans un vivier de nouveaux talents. Enfin, le festival "Net Zapping" , a permis à une quinzaine de designers-développeurs du monde entier, de présenter au public en trois minutes, lors d’un show, leurs meilleures créations en ligne.

 
 
 
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