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Dernière mise à jour :
27/09/2002

 

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Février 2001-n°142

© Thomson Tak

Télévision et interactivité
Alors, téléacteurs ?

Aujourd’hui tous les éléments permettant de lancer enfin la télévision interactive sont présents : tuyaux, supports, normes et public.
 
 
On en parle depuis plus de trente ans, de téléspectateur, le public doit devenir téléacteur. Las, jamais l’ensemble des conditions, tant techniques que d’existence de contenus construits ou d’intérêt des publics, n’a pu être réuni. Aussi, la plupart des expériences qui ont été lancées se sont conclues par des échecs cuisants. A tel point que certains grands professionnels de la télévision pouvaient dire, il y a quatre ans que la télévision ne serait jamais interactive et qu’il ne fallait surtout pas investir dans ce domaine. Depuis, les développements des réseaux numériques de télévision et de télécommunications, le développement de solutions logicielles interopérables, l’adoption d’une norme européenne, le succès des offres interactives des opérateurs du satellite et du câble, et de la TVNT en Grande-Bretagne, en Espagne et en Suède l’arrivée de terminaux intégrés ou non, l’intérêt de plus en plus grand porté par les producteurs aux contenus interactifs ont créé une conjoncture qui fait que les conditions pour qu’un nouveau marché existe sont enfin réunies. S’il n’est pas encore possible de préjuger de sa surface, on peut annoncer, presque sans risque, que son développement est inéluctable.
 
 
© DR
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Par delà internet et le streaming, la télévision interactive devient une réalité. Pour beaucoup, c’est l’arrivée de l’interactivité autant que celle de la distribution numérique des programmes qui va le plus bouleverser les pratiques télévisuelles des publics et générer une offre nouvelle de la part des diffuseurs. En effet, la télévision numérique permet d’offrir de nombreux services interactifs comme la diffusion de données, la distribution de services internet, la distribution d’informations et de programmes à la demande, l’exploitation de services transactionnels ou le téléchargement de logiciels et de programmes vidéo. Ceci à partir d’un simple téléviseur!
En effet, il est aujourd’hui techniquement et commercialement possible, à partir d’un téléviseur, de surfer sur internet, de lire et expédier son courrier électronique, de faire ses courses dans les galeries virtuelles. Les opérateurs numériques du câble, du satellite et du terrestre, ont commencé à commercialiser de tels services. Les terminaux nouvelle génération devraient permettre de stocker les émissions, d’avancer en lecture rapide dans les programmes, de supprimer les pages de publicité et la télévision à la demande (VOD). Les réseaux numériques de télévision et les réseaux haut débit de télécommunications sont disponibles. Câblo-opérateurs, chaînes hertziennes et opérateurs de bouquets satellitaires, opérateurs de télécommunications exploitant des réseaux haut débit (BLR, ADSL, UMTS...), commencent à largement s’intéresser au potentiel de ces nouveaux services qui leur permettent d’élargir considérablement leur modèle économique. En effet, au delà des solutions internet fixes et mobiles à terme, les décodeurs sont aujourd’hui prêts, les normes existent et les principaux fabricants se sont lancés (Philips, Sagem, Pace, Nokia, Thomson MultiMédia (TMM)). Des téléviseurs numériques intégrant décodeur et interactivité devraient apparaître rapidement (TMM, Philips). En ce qui concerne les logiciels de moteur d’interactivité, plusieurs solutions existent que ce soit celle de Microsoft, celle de Canal+ (Média Highway), de Power TV ou celle d’V, premier sur le marché avec 11millions de moteurs d’interactivité commercialisés. Un moteur d’interactivité, très prometteur arrivera sur le marché grâce à la norme DVB-MHP (voir ci-après).

 
 
© DR
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Stratégies
Par ailleurs, les stratégies des opérateurs et des éditeurs tiennent largement compte des nouvelles formes que prend la télévision tant sur le web que sur les réseaux hertziens, câble et satellite. Les professionnels français sont loin d’être en retard dans ce domaine. Depuis plusieurs années, TPS a développé une stratégie progressive appuyée sur l’interactivité. De simples et limités qu’ils étaient au début, les services interactifs de ce bouquet numérique se sont peu à peu sophistiqués et couvrent aujourd’hui une large gamme, des e-mails à l’e-commerce. France Télécom Multimédia a mis en place un dispositif qui prend largement en compte les nouvelles dimensions interactives de la télévision. Marc Wélinski, directeur du pôle audiovisuel de la Division Portail de cette structure, est aussi président de Wanadoo audiovisuel, directeur général de la chaîne Mezzo et directeur général de Wanadoo TV. La volonté d’établir des passerelles concrètes entre tous ces pôles est avec cet exemple, claire et nette. Bien sûr, les opérateurs de télévision numérique terrestre européens ne sont pas en reste. Ainsi Quiéro TV en Espagne avec Sagem et ONdigital en Grande-Bretagne, distribuent, quasiment depuis leur lancement, des services interactifs, notamment en proposant un accès simplifié à l’internet. Enfin, les câblo-opérateurs sont aussi acteurs de ce développement. De Noos à NC Numéricâble et à UPC, pour n’en citer que quelques-uns, ils offrent tous des services interactifs. Dans le domaine de la production, un exemple est apporté par la société NPTV qui s’est positionnée sur une triple base: conseil en stratégie interactive, solutions logicielles et conception de programmes. Elle peut ainsi proposer tant aux producteurs qu’aux chaînes et aux opérateurs des solutions permettant de réaliser des programmes interactifs fonctionnant sur toutes les plates-formes. Si cette entreprise a aujourd’hui principalement travaillé dans le domaine de la publicité, elle a dans ses cartons plusieurs projets de fiction associant narration linéaire, télévision interactive et internet, ceci de façon interopérable et sans attendre l’arrivée de terminaux. Il serait trop long de citer ici toutes les entreprises qui se sont lancées dans cette nouvelle forme de télévision, elles sont trop nombreuses. Leur présence dans les marchés de télévision montre leur dynamisme et, illustrent le fait qu’elles commencent à trouver un marché.

 
 
© DR
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Enfin, les fonctions professionnelles commencent à devenir d’une certaine manière hybrides et les métiers à se rapprocher. Dans cet esprit,V vient d’annoncer la création d’une nouvelle division «Vi» dont la mission est de développer de nouvelles applications et de nouveaux services de télévision interactive.Tvi sera divisée en deux pôles:vi Studios consacré à la production de contenus de télévision interactive etvi Select, dédié au développement des applications par la signature de partenariats stratégiques. Par ailleurs,V a signé plusieurs partenariats portant sur le développement et l’optimisation des services de la télévision interactive, notamment avec l’agence de presse anglophone Reuters, productrice de contenus d’information riches. On compte aujourd’hui 25 millions d’abonnés à la télévision numérique à travers le monde pour un milliard de foyers équipés de récepteurs de télévision. Mais la progression rapide de la télévision numérique, notamment en Europe, devrait permettre un développement effectif de cette nouvelle forme de télévision. Ainsi, une étude de Jupiter Communications, estime qu’un foyer sur trois en Europe de l’Ouest (soit 50,8 millions, contre 11,3 millions en 1999) devrait avoir accès à un services de télévision numérique en 2003, ceci tous réseaux compris. C’est-à-dire que la pénétration de la télévision numérique en Europe atteindra alors 33% contre 7% en 1999.
Une autre étude conduite sur le public allemand par le cabinet Mercer Management cet automne apparaît particulièrement intéressante dans la mesure où l’Allemagne devrait compter rapidement le plus grand nombre d’abonnés en Europe (près de 30% en 2003). D’après les résultats, 80% des Allemands estiment que leur mode de consommation de la télévision sera modifié par la télévision interactive. L’audience de la publicité diminuerait (pour 82% des foyers interrogés), celle de l’information augmenterait (pour 30% des foyers interrogés) et les locations de vidéocassettes baisseraient (pour 64% des foyers interrogés). 49% des abonnés au câble et au satellite, qui ne sont pas internautes, surferaient sur internet à partir du seul téléviseur, 35% utiliseraient télévision et PC, et 17% seulement le PC. Les internautes abonnés au câble ou au satellite basculeraient à 51% sur le seul téléviseur et les 49% restants utiliseraient les deux terminaux. Les auteurs de l’étude font enfin remarquer un fait important, à savoir que les téléspectateurs sont plus intéressés par des services interactifs médias que des services commerciaux.
En revanche, aux Etats-Unis, l’interactivité semble se développer de façon bien plus lente. Fortement concurrencée par internet et encore peu promue par les opérateurs de câble et de satellite, elle tarde à trouver ses marques. C’est ainsi que Microsoft expérimente depuis quatre ans des services interactifs avec le WebTV.net qui offre deux niveaux d’interactivité: le WebTV Classic (accès à internet et aux services associés comme e-mail, messagerie, etc.), et le WebTV Plus (quiz télévisé, informations, guide de programmes...). Seulement 1million de foyers se sont abonnés. Certains analystes expliquent cette situation par le fait que, contrairement aux système numériques développés par les Européens, ce système ne permet pas d’offrir des programmes à la demande (notamment à cause de l’absence de liaison permanente dans les deux sens) élément qui constituerait une des motivations de base pour les téléspectateurs.

 
 
© DR
DVB MHP, une norme européenne
La norme européenne de télévision interactive numérique, le DVB MHP (Multimedia Home Platform), permettra aux opérateurs et aux industriels de s’engager dans la télévision interactive avec une certitude de pérennité de leurs programmes et produits. Cette norme a été développée spécifiquement pour trois applications majeures:
- permettre la diffusion de télévision avancée,
- permettre la diffusion interactive avec voie de retour intégrée,
- permettre l’accès internet.
Son but est d’assurer le développement d’un marché horizontal des contenus, services et applications que pourra utiliser le consommateur. En effet, grâce à elle, les contenus interactifs en provenance de différents opérateurs pourront être utilisés à partir d’un seul appareil utilisant une norme commune. De plus, l’utilisation de cette norme est indépendante du matériel sur lequel elle est implémentée.
Cette norme, ratifiée par le DVB au premier trimestre 2000, a été adoptée par l’ETSI (European Standards Institute) en juillet 2000 (ETSI TS 101 182 (MHP)). Cette adoption devrait avoir un impact sur le développement des set top boxes interactives et des téléviseurs numériques intégrés. Les spécifications du DVB MHP peuvent être téléchargées sur le site de l’ETSI (www.etsi.org), elles sont aussi décrites sur le site du DVB (www.dvb.org). Tout est ainsi prêt pour qu’un marché se développe: une norme technique commune à tous, des réseaux de distribution, des terminaux, les contenus et la capacité de les produire, un public qui semble demandeur...

 
 
© Thomson Tak
© Thomson Tak
Thomson MultiMédia a annoncé le lancement de téléviseurs interactifs Thomson TAK Interactive TV dès février 2001. Ces nouveaux téléviseurs permettront, sans abonnement, à partir d'une télécommande et d'un clavier fournis à l'achat, d'accéder à Internet, d'envoyer et de recevoir des e-mails, d'afficher un guide de programmes, d'obtenir à tout moment des informations complémentaires sur les émissions en cours ou à venir, de profiter d'une interactivité avec une sélection de programmes, et de bénéficier de multiples services pratiques d'information et de loisirs personnalisés. Aucun abonnement n'est nécessaire pour accéder aux services TAK. La connexion (services TAK, internet et e-mail) se fait au tarif communication locale, facturée par l'opérateur de télécommunications du consommateur. En outre, le logiciel intégré dans les téléviseurs Thomson Tak sera régulièrement mis à jour sans aucune intervention du téléspectateur afin de s'adapter à l'enrichissement des services TAK. Filiale détenue à 70% par Thomson Multimédia et à 30 % par Microsoft, TAK est le créateur et l'opérateur de la plate-forme de télévision interactive du même nom. La technologie et le bouquet de services TAK sont intégrés dans une gamme complète de téléviseurs couvrant l'ensemble des formats et offrant des design multiples. Douze références seront donc commercialisées de manière à répondre à différentes attentes des consommateurs en terme de configuration d'habitat (équipement principal ou secondaire), d'esthétique, de sophistication technologique ou de prix.
En cours de fabrication dans les usines du groupe, les produits Thomson Tak Interactive TV sont livrés aux réseaux de distribution début 2001 pour un lancement généralisé le 1er février 2001.

 
 
 
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