|
|
 |
> |
| |
Juillet 2001-n°147

|
|
 |
Télévision Française
Quels programmes pour quels publics ?
Le public français de la télévision se montre, depuis longtemps, particulièrement fidèle à ses goûts. Toutefois, les nouvelles technologies et de nouveaux formats de programmes ont commencé à le faire évoluer.
|
|
|
| |
 |
 |
|
| |
|
|
|
Depuis quelques années, l’offre télévisuelle française a beaucoup évolué : nouvelles chaînes, nouvelles technologies de diffusion, démarrage de l’interactivité, nouveaux formats de programme. Pourtant, souvent considéré comme fidèle à ses goûts de base, le public français a suivi cette évolution. S’il continue à plébisciter les chaînes généralistes, il s’intéresse désormais aux chaînes thématiques. S’il accorde une forte attention aux programmes d’information, il adore également la « real television ». S’il y a encore peu, il n’utilisait pas les nouvelles technologies, il a commencé à se servir de l’interactivité proposée par les bouquets satellitaires. Ces évolutions se font sentir dans les résultats d’audience, elles se concrétisent aussi dans les tendances du marché des matériels. Un nouveau téléspectateur est-il en train de naître ? Il est trop tôt pour le dire, a fortiori pour le définir. Et pourtant...
|
|
| |
 |
| |
|
|
|
Il est aujourd’hui difficile de tracer un profil exact des goûts et des attitudes des téléspectateurs français. En effet malgré une forte stabilité, ceux-ci sont en train d’évoluer. Plusieurs études, consacrées au bilan de l’année 2000 le montrent. Mais depuis le début de l’année, le démarrage de l’interactivité et l’arrivée sur les grilles de nouveaux programmes ont su répondre à des besoins dont certains pensent qu’ils correspondent à des tendances lourdes.
|
|
| |
 |
| |
© Christophe Chevalin/TF1 |
|
|
|
L’image des chaînes
Selon la troisième vague du Baromètre Ipsos/Stratégie, publié en mars 2001 (1) concernant les mouvements d’image des grandes chaînes nationales, en février 2001, France 3 reste la chaîne préférée des Français. En effet, cet indicateur de l’évolution de la satisfaction par chaîne place France 3 en tête (72% de satisfaits), suivie de France 2 (65%), en progression de 2 points par rapport à l’année dernière. TF1, qui a vu son audience érodée l’année dernière, redresse fortement son image. Sa « cote de confiance », qui progresse de 5 points, la situe à présent dans la moyenne des grandes chaînes nationales (57% de Français satisfaits). Cette vague d’enquête enregistre en revanche une baisse significative et continue de l’image de La Cinquième (57% de satisfaction contre 63% l’année dernière et 68% il y a deux ans). Cette chaîne ne bénéficie plus aux yeux du public, comme par le passé, d’un effet de différenciation qui la valorisait fortement.
L’image des autres chaînes est plutôt stable (M6 : +1 point à 63%, Arte : - 1 point à 54% et Canal+ : - 2 points à 33%). Rappelons que, pour cette dernière chaîne, la proportion de Français ne se déterminant pas est de 58%. Globalement, les Français sont donc satisfaits de l’offre télévisuelle actuelle. Si le rapport de proportion entre les Français satisfaits et ceux qui sont mécontents des programmes de télévision reste très partagé (53% satisfaits contre 47% de mécontents), l’on observe toutefois une augmentation de la satisfaction globale (+4 points par rapport à l’année dernière). Cette appréciation est exprimée à la fois par les plus jeunes publics et les plus âgés. Ipsos formule l’hypothèse selon laquelle les efforts de renouvellement des grilles de programme effectués par les grandes chaînes nationales depuis un an y concourent largement.
|
|
| |
 |
| |
|
|
|
L’image des programmes
L’analyse par Ipsos du détail des programmes proposés par les différentes chaînes, débouche sur des résultats plus contrastés. Le choix de la chaîne détenant les programmes les plus intéressants, pour chacun des 12 genres de programmes testés, permet ainsi de mesurer précisément le territoire de chacune d’elles et son évolution par rapport à l’année dernière. TF1 voit son leadership sur les journaux télévisés renforcé (50% de citations avec +5 points par rapport à mars 2000), et comble son écart sur les magazines d’information (première place partagée à égalité avec France 2 (25% de citations). Le succès de Qui veut gagner des millions ? dope l’image de TF1 sur les jeux (+ 6 points à 39% de citations). France 2 conserve une position dominante sur les débats (41% de citations) et les émissions littéraires et culturelles (26% devant Arte 19%). D’autre part, la chaîne publique progresse régulièrement sur les émissions de divertissement (22%, + points depuis mars 2000) dont le leadership est encore largement attribué à TF1 (41%). Le sport et le cinéma restent un enjeu de compétition fort sur lequel aucun des principaux acteurs (Canal+, France 2 et TF1 pour le sport, Canal+ et TF1 pour le cinéma) n’arrive à faire véritablement la différence. Les émissions pour les enfants, qui étaient jusqu’alors le territoire reconnu de France 3 (21%), sont aujourd’hui également largement attribuées à TF1 (20%). Concernant les séries et fictions françaises, TF1 maintient sa première place (32%), devant France 2 (19%), M6 prend la 3e place en gagnant 4 points (11%). Cette dernière confirme son leadership sur les séries américaines (36%). Les documentaires restent enfin le territoire du service public (La Cinquième, 25% ; Arte, 22% ; France 3, 16% et France 2, 10%).
|
|
| |
 |
| |
© Jean-Claude Dupin/Canal+ |
|
|
|
Nouvelles télévisions et interactivité
Dans un paysage audiovisuel dominé par les chaînes hertziennes qui représentaient encore, plus de 80% de l’audience de « la population des 4 ans et + », les chaînes du câble et du satellite, avec près de 5 millions de foyers abonnés, ont permis un enrichissement indéniable de l’offre de programmes en direction des publics rassemblés autour d’intérêts spécifiques avec des programmes souvent de grande qualité : chaînes culturelles, chaînes historiques chaînes accueillant la musique classique, le théâtre, ou le spectacle vivant, ainsi que chaînes d’information, de sport, de fiction ou de cinéma. A tel point qu’il n’est plus possible aujourd’hui de compter sans elles et qu’elles ont commencé à modifier les attitudes des téléspectateurs auxquels, elles apportent un regard différent de celui des chaînes généralistes. Avec les transformations du marché et les évolutions technologiques intervenues depuis quelques années, elles constituent aujourd’hui l’espace où se joue, pour une large part, l’avenir de la télévision, notamment dans la perspective du numérique terrestre.
Dans un contexte où la frontière entre services de télévision et programmes interactifs tend à devenir poreuse, elles représentent un pôle de diversification des audiences et des pratiques audiovisuelles dont il n’est plus possible de ne pas tenir compte. Ainsi, au dernier Milia, Alain Staron, directeur général de TPS Interactif, expliquait qu’avec 85 millions de francs de recettes en 2001, contre 37 en 2000 et 18 en 1999, la croissance est au rendez-vous des services interactifs de TPS, qui a lancé plus de 200 services, dont près de 90 en 2000. Pour les éditeurs, le chiffre d’affaires généré par les services (notamment via les transactions) s’est élevé à 500 millions de francs en 2000. C’est la météo qui remporte le plus grand succès suivie du guide des programmes, des jeux et des petites annonces et des services financiers. Plus de 90% des abonnés utilisent ces services. Ces chiffres sont à peu près identiques pour CanalSatellite qui annonce un volume d’affaires dans le domaine de la télévision interactive de 700 millions de francs en 2000. Il est enfin à noter que les deux bouquets ont connu un véritable démarrage de leurs services PMU et que tous deux demeurent prudents quant aux modalités de convergence télévision-internet.
|
|
| |
 |
| |
|
|
|
Effet Loft Story ?
Faudra-t-il amender les conclusion du Baromètre Ipsos/Stratégie avec l’effet Loft Story. C’est possible. En effet, selon une étude effectuée en juillet 2000 pour le compte du cabinet IMCA par Monique Dagnaud, sociologue au CNRS et ancien membre du CSA, auprès des 15-24 ans, présentée dans le quotidien Le Monde, il est possible d’extrapoler que le fort succès de Loft Story sur M6 montre l’adéquation du concept de cette émission avec les attentes des téléspectateurs, tout particulièrement des 15-24 ans. Ainsi, Monique Dagnaud, citée par Le Monde, explique que « les gens qui sont dans le loft ne représentent qu’une certaine image de la jeunesse (qui) n’est pas très différente de celle proposée dans les publicités des marques post-adolescentes ». Pour la sociologue, « les jeunes forgent leur imaginaire et leur identité en s’immergeant dans une sociabilité juvénile, accompagnée par un fort usage des médias et de la musique », ce qui correspond bien à l’attitude de « lofteurs » qui cherchent à « faire carrière dans les médias (et) la notoriété, même si leur situation professionnelle est insatisfaisante ». Si ce jeu obtient de forts résultats d’audience auprès de tous les publics, c’est que les parents le regardent parce que leurs enfants sont fascinés et aussi parce que cela leur permet de voir comment vivent des jeunes comme leurs enfants. Pascal Josèphe, président de l’IMCA, cité par Le Monde explique enfin que Loft Story répond aux trois attentes principales des téléspectateurs : « Sincérité, proximité et transparence », trois thèmes constants depuis cinq ans que l’étude est menée.
|
|
| |
 |
| |
|
|
|
Les tendances de l’équipement audiovisuel des Français en 2000.
Selon le Simavelec, le DVD a boosté le marché 2000. Il est en effet au cœur du système de home cinéma qui gagne les foyers et couvre déjà 20% du chiffre d’affaires des industriels. Ce produit se trouve dans une période de démarrage avec une forte hausse en volume (de l’ordre de +124%), accompagnée d’une diminution notable des prix. Les ventes des postes à format 16/9 ont cru de 27% pour un prix moyen en évolution de +3% et représentent 30% des ventes de téléviseurs de salon. Les téléviseurs extra-plats enregistrent +183% en volume par rapport à 1999. Le marché des rétroprojecteurs décolle avec +80% en volume par rapport à 1999. 4 millions de téléviseurs ont été vendus. Les combinés téléviseurs/magnétoscopes ont connu une croissance soutenue en volume et le marché du magnétoscope a résisté, bénéficiant de l’érosion des prix. On a constaté une percée des camescopes numériques, le basculement analogique/ numérique étant sur le point de se réaliser. Le marché de l’audio a poursuivi sa tendance à la numérisation et à la miniaturisation notamment par l’apparition sur le marché des terminaux Mp3.
|
|
| |
 |
| |
|
| |
| Contactez-nous
: |
 |
|
 |
| |
|
|
|
|