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Mars 2001-n°143

© France 3

Etude
La fiction TV européenne
L’étude «Economie de la fiction télévisuelle en Europe», publiée par l’Observatoire européen de l’audiovisuel donne, pour la première fois, des chiffres réellement comparatifs : elle évalue la production de fiction TV européenne à 2,7 milliards d’euros.
 
 

© Canal Jimmy

A la demande de l’Observatoire européen de l’audiovisuel et du CNC, l’INA s’est attachée à fournir dans l’étude «Economie de la fiction télévisuelle en Europe» publiée en décembre 2000, des éléments inédits et réellement comparatifs, établis grâce à une méthodologie commune appliquée aux 5 grands pays européens producteurs de fiction : l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni. Cette étude s’appuie sur le rapport «Eurofiction 2000», publié également par l’OES et réalisé par la Fondazione Hypercampo (Italie). Ce document propose une analyse qualitative de la fiction dans ces mêmes pays. Mis en place en 1996, le projet Eurofiction passe au crible les grilles de programmation et de diffusion de 42 chaînes pour en extraire toute la fiction nationale inédite diffusée. Il ressort toutefois que seules 22 de ces chaînes ont un volume de fiction originale vraiment significatif. En 1999, le volume horaire de fiction nationale inédite diffusé dans les 5 pays s’établit à 5193 heures, soit 1,9% d’augmentation par rapport à 1998. Relativement stable au Royaume-Uni (+0,2 %) et en Espagne (+2,5 %), le volume de production augmente en France avec +7,1 % et passe à la vitesse supérieure en Italie avec 41,2 % de hausse. En légère régression en Allemagne (- 6 %), il reste néanmoins à un très haut niveau. En matière de valeur économique, pour contrer l’opacité de certains pays étudiés, tout en tenant compte de la diversité des stratégies économiques de programmation adoptées et pour obtenir des éléments comparatifs, l’INA a opté pour la méthode des «coûts de production standardisés», qui permet d’attribuer un coût de production estimé à chaque programme de fiction. Il apparaît ainsi que le total de la fiction nationale inédite peut être valorisé à 2 743,7 millions d’euros en 1999. Il n’y a, en revanche, pas de corrélation entre le volume diffusé et la valeur. Ainsi, si l’Espagne se classe troisième en volume diffusé, elle est dernière en terme de valeur de production, les séries diffusées revêtant souvent un faible coût de production. La France arrive au troisième rang.

 
 

© Arte

Programmes onéreux : le choix de la coproduction
Les coproductions se montent à 536 épisodes en 1999, soit 6 % du total de l’offre de fiction. Mais leur valeur financière atteint 400 millions d’euros, soit 14,6 % de la valeur totale de la production de fiction dans le bassin des cinq grands pays européens étudiés. Ces chiffres confirment la tendance à la coproduction pour les programmes onéreux. Les coproducteurs d’Amérique du Nord interviennent à hauteur de 4,4 % des 14,6 %. Le reste est le fruit de partenariats européens, établi dans la zone des cinq pays ou en dehors. Avec une forte proportion de fictions chères et des ressources relativement faibles allouées aux programmes, la France et l’Italie font le plus appel à la coproduction (respectivement 30 et 38 % de la valeur totale de production, contre 19 et 7 % pour l’Allemagne et le Royaume-Uni).

 
 

© Jean-Claude Roca/TF1

Le poids financier du prime time
L’étude démontre le poids financièrement majoritaire des fictions destinées à une diffusion en prime time. Néanmoins, des différences existent et les éléments obtenus sont révélateurs des politiques de programmation des chaînes. Ainsi, au Royaume-Uni, le prime time constitue un véritable enjeu stratégique en terme d’audience, comme le prouve la forte proposition d’épisodes de fiction diffusés en prime time et les moyens financiers parallèlement accordés. A contrario, l’Allemagne diffuse de nombreuses fictions en access prime time, mais elles sont moins chères. Les économies réalisées permettent d’allouer des budgets supérieurs à des fictions destinées au prime time, mais dont le nombre reste moins important que dans les autres pays.

 
 

© M6

Sociétés de production : intégration ou dispersion
La partie de l’étude, consacrée à l’analyse des sociétés de production et des rapports entre diffuseurs et producteurs indépendants révèle que 360 sociétés en Europe se partageaient le marché en 1999.
Au Royaume-Uni et en Allemagne, la production est nettement intégrée au sein des entreprises de diffusion (ou de leurs filiales de production), alors qu’en Espagne, en Italie et en France, plus de 80 % de la production sont assurés par des producteurs indépendants. La part de marché de ces diffuseurs n’est en effet que de 46 % en Allemagne et de 40 % au Royaume-Uni. Quant à l’analyse du chiffre d’affaires des entreprises de fiction télévisuelle, elle montre qu’entre 1995 et 1998, la croissance du secteur a été de 99 % en Espagne, 75 % en Italie, 49 % au Royaume-Uni, 28 % en France et 14 % en Allemagne.

 
 
«Bilan audimétrique» des producteurs TV
Nos confrères de Broadcast ont recensé dans leur numéro 135 (17 janvier 2001) les succès des producteurs français de télévision en 2000 sur la tranche stratégique du prime time. Ainsi, le classement des producteurs par moyenne de téléspectateurs attribue la première place à Via France, producteur d’ «Une femme d’honneur», diffusée sur TF1. Les producteurs de fiction occupent 14 des 20 premières places de ce classement. L’étude révèle que pas moins de 172 producteurs différents ont travaillé pour le prime time de 5 chaînes hertziennes : TF1, France 2, France 3, Arte et M6. L’originalité de ce travail qui permet de comparer des classements par cumul de spectateurs et par moyenne sur différents genres programmés en prime time (fiction, magazine, documentaires, variétés et divertissement) fait apparaître quelques éléments parfois masqués : ainsi, en terme de cumul, ce sont C. Production (Capital), suivi de Métropole TV (Zone interdite) et Coyote Conseil (Combien ça coûte ?) qui devancent les célèbres Case Production et Réservoir Prod.

 
   
 
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