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Juillet 2001-n°147

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Internet
Le haut débit dope les services audiovisuels
Les premiers services de télévision sur internet ont soulevé le scepticisme en raison de la mauvaise qualité technique des images et de la durée des téléchargements. L’arrivée du haut débit pourrait accélérer le développement de véritables services audiovisuels sur internet.
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Les technologies touchant au multimédia, à internet et la télévision interactive, le streaming, le « rich media content delivery » et ses applications ont accompli depuis quelques mois, grâce à l’accélération du développement des réseaux haut débit, des progrès très importants. Internet pourrait ainsi devenir un média à part entière pour lequel la course au débit du stream vidéo reçu par le PC vise à améliorer la qualité de service offert et donc à élargir le marché atteignable. Le monde de l’informatique propose désormais des solutions techniques de codage adaptées aux différents supports : hertzien, câble ou satellite. De nombreux regroupements industriels vont dans ce sens : Philips/DVS et Nextstream (lui-même issu du regroupement de TBS et Alcatel) sous le label Thomson Multi Media ; Tektronix/ Thomcast et Adherent ; Harris/ITIS qui a racheté Hirschmann, sans oublier, bien sûr Microsoft... Il en va de même dans le domaine des contenus où les regroupements des majors du disque font la une des journaux et où les droits des programmes englobent désormais systématiquement internet.
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Internet haut débit
En effet, selon une étude de l’Idate, le déploiement de réseaux d’accès à internet à haut débit (principalement le câble et l’ADSL, accessoirement le satellite ou la boucle locale radio) est rapide. On le constate en Europe et les premiers résultats commerciaux obtenus aux Etats-Unis (5 millions d’abonnés à l’internet par câble ou ADSL) ont de quoi susciter l’intérêt des industriels et des fournisseurs de contenus. Ainsi, les techniques de diffusion sur internet ont largement progressé depuis un an : compression améliorée des images, mise en place de réseaux spécifiques pour l’acheminement de la vidéo au plus près des consommateurs... Dans le même temps, ajoute cette étude, l’accès internet ne reste plus le monopole du micro-ordinateur puisque des terminaux spécifiques permettent l’accès au web sur le téléviseur même si leur succès demeure encore modeste. Les consoles de jeux se connectent presque toutes à internet, et les futurs réseaux domestiques devraient rapidement offrir un usage plus souple des services internet, notamment le déport des images du PC au téléviseur. L’Idate estime ainsi qu’aux Etats-Unis, en 2005, seuls 38% des terminaux connectés à internet seront des PC. Sur cette base, il devient dès aujourd’hui possible d’envisager le développement de services de télévision sur internet de qualité raisonnable.
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Quels usages ?
Pour l’Idate, contrairement à ce que l’on pouvait penser jusqu’alors, le consommateur de vidéo sur internet obéit à des pratiques qui ne sont pas fondamentalement différentes des usages classiques de la consommation audiovisuelle. De ce fait, le développement des services de télévision sur internet ne devrait pas se heurter à une lourde inertie des consommateurs. Dès lors, analyse l’Idate, « si les conditions d’une émergence d’une offre de télévision sur internet sont réunies, si les consommateurs peuvent s’y rallier, quels en seraient les modèles économiques ? Comme pour les autres industries de contenu, internet a suscité l’émergence de nombreux modèles économiques, certains originaux, d’autres familiers aux opérateurs de télévision ».
Parmi ces modèles, l’étude identifie ainsi :
- la vente de vidéo en ligne qui correspond à une évolution naturelle de la vente de cassettes vidéo ou de DVD et que l’on trouve aujourd’hui tant sur des sites de e-commerce que sur les sites des chaînes de télévision ;
- la distribution des bouquets de services payants ou financés par la publicité sur le modèle de chaînes thématiques ;
- la commercialisation couplée de l’accès à internet et du contenu ;
- la rétribution des fournisseurs par le reversement d’une fraction de l’abonnement, sur le modèle de télévision à péage par câble et par satellite ;
- les sites d’échanges entre internautes (peer to peer) qui, à l’image de la musique, se multiplient pour les programmes vidéo...
« Mais, il ne faut pas oublier qu’à court terme, la faiblesse des revenus induits par internet conduit certains opérateurs à chercher une exploitation télévisuelle de leurs services internet ; certains sites ont ainsi évolué vers des chaînes thématiques, pour s’insérer dans un marché plus mûr », rappelle l’Idate.
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Incertitudes
Mais si le paysage se met progressivement en place, les incertitudes restent nombreuses. La bataille autour de la gratuité de Napster et des systèmes sécurisés de paiement de la musique, celle qui commence pour la vidéo, sont loin d’avoir trouvé des solutions reconnues de tous. Si certains enseignements peuvent être tirés de l’évolution récente du secteur de la musique et pourront s’appliquer à la télévision sur internet, d’autres montrent les limites du modèle, notamment la recherche de gratuité par les internautes. Pour l’Idate, « les principaux opérateurs ont sous-estimé l’impact d’internet, son apport en termes de services aux consommateurs, et ont adopté tout d’abord une stratégie de blocage qui n’a pas porté ses fruits ». En effet, les services se sont développés « sans qu’il soit possible d’établir un lien direct entre la croissance des échanges de musique sur internet et l’évolution des ventes de disques ». De fait, la musique sur internet a fait émerger un nouveau modèle économique : l’abonnement forfaitaire pour l’accès à une large offre de contenu, modèle bien connu de l’industrie de la télévision « qui en revanche évoluera sans doute vers un peu plus de vente à l’unité ». Mais internet n’a pas suscité l’émergence d’une alternative commerciale significative aux grandes maisons d’édition musicale. « Certains nouveaux opérateurs ont pris pied dans la distribution de musique, mais les distributeurs traditionnels continuent à détenir une part de marché significative. » Cependant, des mouvements importants apparaissent dans l’organisation industrielle du secteur, et en particulier la tentation des principales maisons de disques de davantage intégrer leur distribution... « Il s’agit là d’un exemple à méditer pour l’industrie de la télévision: quel serait l’impact d’une réorientation stratégique des majors nord-américaines visant à exploiter directement sur internet leurs programmes plutôt qu’à les céder aux chaînes de télévision européennes ? ».
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