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Novembre 2000-n°139

Marché audiovisuel
Les programmes français s’exportent bien

L’édition 2000 de l’étude annuelle de TVFI et l’INA en collaboration avec le CNC, pour le compte de la Direction du développement des médias (SJTIC) du Ministère de la Culture et de la Communication, vient d’être publiée. Elle montre la poursuite de la croissance des exportations et une légère diminution des apports étrangers à la coproduction d’œuvres françaises.v
 
 
Selon l’édition 2000 de l’étude « Les composantes internationales de la production française » réalisée par TVFI, l’INA et le CNC, l’année 1999 apparaît comme une année de consolidation et de recentrage pour le marché international des programmes français. Elle fait suite à une année 1998 dont les résultats étaient particulièrement favorables aussi bien pour les ventes que les coproductions.
 
 
© Dr
1,73 milliard
1999 pourrait être globalement qualifiée d’année de recentrage. Au total, les apports étrangers à la production française se stabilisent à 1,73 milliards de francs. Globalement, l’ensemble des flux financiers provenant de l’étranger ont baissé en 1999 : une réduction de 110 MF, soit 6% par rapport à 1998. Ce résultat d’ensemble résulte de deux mouvements contraires : les évolutions des ventes et des coproductions/préventes n’ont pas suivi les mêmes chemins. Ainsi, les exportations françaises de programmes audiovisuels atteignent en 1999 le chiffre record de 748 millions de francs, soit plus de 114 millions d’euros, alors que les coproductions et les préventes connaissent un coup d’arrêt après une année 1998 exceptionnelle.
Selon les auteurs de l’étude, « le mouvement global de baisse des financements étrangers par rapport à 1998, est provoqué essentiellement par la réduction des coproductions d’initiative étrangère. Ce recul est marqué dans le genre de la fiction et du documentaire pour lesquels les programmes d’initiative française se sont bien maintenus d’une année sur l’autre. Par contre, dans le secteur de l’animation, la contraction générale dans la production du genre est le fait des coproductions d’initiative française, les coproductions d’initiative étrangère ayant augmenté, en termes de volume horaire comme de financement ».
Pour les ventes, certaines régions ont enregistré des résultats prometteurs, notamment l’Amérique du Nord pour laquelle les exportations ont représenté 12,4% du total au lieu de 7,1% en 1998. L’Europe de l’Ouest a enregistré une année faste alors que l’impact des crises économiques en Asie, en Amérique latine et en Russie se ressent dans les résultats 1999. Concernant les coproductions/préventes, les financements européens des coproductions sont supérieurs aux financements américains pour la première fois depuis 1995. La hiérarchie par genre de programmes connaît elle aussi des évolutions contrastées, en particulier pour l’animation, qui conserve toutefois la première place pour la quatrième année consécutive. Après une année exceptionnelle en 1998, celle-ci revient à un niveau plus conforme à ses performances traditionnelles, avec plus de 28% du total des ventes. De leur côté, les coproductions d’animation représentent maintenant 66,8% du total, son plus haut niveau depuis 1996.
Une autre caractéristique de l’année est le coup d’arrêt donné au processus de diversification des ventes. L’Asie du Sud-Est n’a pas encore absorbé le contrecoup de la crise financière de 1997, tout au moins dans le secteur d’activité de la communication. Après deux années prometteuses, l’Amérique latine ne confirme pas ; on essuie la même déconvenue avec l’Europe centrale et orientale. Les épreuves économiques qui ont accablé à partir de la fin de l’année 1998 ces deux régions du monde expliquent en grande partie cette régression. Ce sont donc les « valeurs sûres » des ventes qui voient leur poids augmenter : l’Europe occidentale et l’Amérique du Nord. A l’intérieur de l’Europe occidentale, la surprise vient de l’Italie qui ravit à l’Allemagne la place de meilleur client des programmes français. Les résultats montrent enfin un renforcement des chaînes hertziennes au détriment des chaînes câble et satellite, en tant que clients des distributeurs français.

 
 
L’animation
L’observation des données dans le domaine de la production et des coproductions internationales incite à mettre en exergue le rôle primordial de l’animation et cela une année même où le volume de production du genre n’est pas à son apogée. Les programmes d’animation mis en chantier en 1999 ont rassemblé deux fois plus de financements étrangers que les deux autres genres réunis (documentaire et fiction) pour un volume d’heures huit fois moins important. Les coproductions internationales coïncident pratiquement ici avec la totalité du genre. Au regard de l’évolution de chaque genre particulier, 1999 vérifie aussi le caractère « contra-cyclique » de la coopération internationale. Pour les dessins animés, la production est en recul par rapport à 1998, mais la part de la coproduction internationale a augmenté.

 
 
Internet
Le rapport aborde enfin le rôle d’internet dans la distribution des programmes en mettant en évidence la place qu’il est en voie de prendre dans la stratégie commerciale des distributeurs français. Il met en exergue deux grands axes stratégiques :
- Internet comme moyen de présentation et de promotion des catalogues, outil moderne de marketing ;
- Internet comme moyen de diffusion et de rentabilisation des programmes. Même si dans ce domaine, il est encore en phase expérimentale et ne devrait être opérationnel que dans quelques années, le modèle économique de l’exploitation des offres de services sur internet devrait se préciser et se stabiliser. « Pour cet axe, deux grandes voies semblent s’ouvrir : internet conçu comme un support de diffusion, un peu semblable aux chaînes hertziennes, avec l’utilisation du streaming ; l’autre possibilité est l’offre des catalogues de programmes à la manière d’une librairie numérique avec diffusion par téléchargement. »

 
 
 
 
 


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Chaînes TV européennes
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