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4/05/2002

 

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Mai 2001-n°145

© D.R

Etude annuelle
Le marché mondial de l'audiovisuel et du cinéma
L’édition 2001 du marché mondial de l’audiovisuel et du cinéma montre une hausse de 4 % des revenus de ce secteur et un poids prépondérant de la télévision.
 
 

© D.R

Dans son édition 2001, le département Médias de l’Idate évalue, pour l’année 1999, les recettes du marché mondial de l’audiovisuel à plus de 197,3 milliards de dollars, soit une hausse des revenus de 4 % par rapport à 1998, c’est-à-dire une croissance modérée qui se traduit à la fois dans les habitudes de consommation et dans les dépenses des ménages qui en constituent le corollaire. En effet, si dans les trois principales zones économiques mondiales étudiées (Etats-Unis, Europe de l’Ouest, Japon), les ressources du secteur audiovisuel progressent moyennement, ce sont les dépenses consacrées à la télévision payante et à la publicité qui enregistrent les évolutions les plus fortes avec respectivement 7,2 % et 5,5 % d’augmentation.

 
 

© D.R

© D.R

Le poids de la télévision
En 1999, le marché de la télévision représentait 78,5 % des ressources totales du secteur. Les recettes de la télévision gratuite constituaient 54,3 % des recettes totales (contre 44,3 % en 1998 et 54,5% en 1997). La télévision payante participait à hauteur de 24,2 % au financement de l’audiovisuel mondial en 1999 (contre 23 % l’année précédente). L’exploitation vidéographique se montait à 15 %, ce qui traduit une stabilité de la vidéo dans le financement du secteur. Enfin, la part relative de l’exploitation de salles de cinéma comptait pour 6,5 % du financement global du secteur contre 6,9 % en 1998.
Le marché de la télévision payante, considéré au niveau mondial, a enregistré la progression la plus forte. L’évolution a été plus rapide en Europe et au Japon en raison des bonnes performances de la télévision numérique qui a transformé l’ensemble des supports en de véritables plates-formes de services (principalement télévision, radio, accès internet, téléphonie). La consommation de la télévision traditionnelle s’est, quant à elle, ralentie au profit des chaînes thématiques. Malgré leur dynamisme, les recettes publicitaires de la télévision sont demeurées stables avec 45 % du financement total du secteur. Le marché de la vidéo a enregistré une croissance supérieure à 1,4 %. Enfin, le secteur du cinéma a réalisé des performances économiques positives : la fréquentation a enregistré des résultats record jamais atteints au cours des dix dernières années.

 
 

© La Cinquième

Europe-Etats-Unis
Le premier marché au monde, le marché américain pesait plus de 110 milliards de dollars en 1999, représentant 55,8 % du marché mondial. Toutes les composantes de l’industrie audiovisuelle ont progressé. Les croissances les plus fortes ont été réalisées par la vidéo (plus de 12 %) et par la redevance (7,3 %). Les ressources publicitaires demeurent prépondérantes avec 45,8 % des recettes globales. L’audiovisuel payant (télévision à péage, salles de cinéma et vidéo) est devenu majoritaire avec 53,8 % des revenus totaux. Cette évolution est essentiellement liée au développement de la télévision numérique et aux résultats spectaculaires réalisés dans le domaine du cinéma. Les bonnes performances du marché américain en 1999 devraient se confirmer en 2000 avec une reprise des dépenses de la télévision à péage. En Europe, le taux de change étant défavorable, l’évolution des revenus a été moins importante exprimée en dollars qu’en euros. Exprimée en dollars, elle régresse de 5,8 % par rapport à 1998, alors qu’exprimée en euros, la progression est de 3,7 %. Dans notre zone, les ressources publicitaires sont demeurées la source de financement la plus importante (39,5 %). Avec la redevance, elle représentait 61,4 % des recettes totales. Les bons résultats de la télévision à péage liés au développement et au succès de la télévision numérique, lui ont permis de dépasser, aujourd’hui, les recettes de redevance dont la progression est ralentie depuis quelques années en raison de nombreuses restrictions budgétaires dans l’ensemble de l’Europe. En dépit d’une forte progression des recettes des salles, la part du chiffre d’affaires du cinéma dans l’ensemble des ressources demeure inférieure à 10 %. L’industrie de la vidéo a redémarré malgré la concurrence récente des DVD. Les prévisions de l’Idate pour l’année 2000 sont modérées en Europe. Les recettes de l’industrie audiovisuelle devraient progresser de près de 4,9 % en raison de la croissance soutenue des ressources de la télévision à péage (10,7 %) et des recettes vidéo qui devraient augmenter de plus de 13 %.

 
 

© La Cinquième

Tendances
«Au cours des cinq dernières années, le monde de l’audiovisuel a été marqué par de nombreuses fusions, acquisitions, par des prises de participation diverses et variées, par l’arrivée de nombreux nouveaux entrants (notamment en provenance du secteur des télécommunications) dans le secteur audiovisuel. Ainsi de nombreux groupes de communication sont nés, d’autres ont renforcé leur positionnement ou encore ont accédé à un nouveau marché donnant naissance ainsi à de véritables mastodontes et d’énormes empires financiers» explique Florence Le Borgne-Bachschmidt, auteur de l’étude. « Certains acteurs » mettent, de plus, en place une stratégie internationale. Celle-ci peut prendre deux formes principales : elle peut être plurinationale (adaptée à chaque pays) ou reposer sur l’exportation d’un modèle. Actuellement, les évolutions les plus récentes intègrent ces deux formes, prolongées par internet. Ainsi, les alliances entre l’audiovisuel pris au sens large (télévision, radio, musique et cinéma) et l’internet reflètent ces choix et ces orientations de stratégies internationales. Cependant, certains groupes ont du mal à s’implanter à l’étranger.

 
 

© D.R

Internet
Enfin, l’irruption d’internet dans le secteur audiovisuel représente un facteur de rupture pour les acteurs. Le système technique concerné et le mode de facturation adopté en font un modèle très différent de celui des acteurs traditionnels du secteur audiovisuel. La stratégie des entreprises présentes sur internet a été double : constituer des services d’informations (touchant à la fois leurs activités traditionnelles et des services complémentaires du type météo, programmes cinéma, etc.) d’une part, et, d’autre part, adapter un ou des services spécifiques à destination des internautes. « Toutefois, le modèle de l’internet tel qu’il existe aujourd’hui présente deux limites importantes : une limite technique, car le développement d’une offre audiovisuelle (vidéo et musique) spécifique et efficace nécessite un accès haut débit d’une part, et d’autre part, une limite financière car personne n’a encore trouvé de véritable modèle économique viable sur internet » estime l’auteur de l’étude.

 
   
 
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