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Avril 2001-n°144

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Jusqu’alors dominé par l’organisme d’Etat URTE (Egypt & Radio Television Union) qui bénéficiait du monopole de diffusion dans le pays, le marché audiovisuel égyptien a entamé en 2000 sa révolution. En effet, en mettant en place une zone franche des médias, le gouvernement égyptien autorise le secteur privé et étranger à diffuser et à créer des chaînes satellitaires.
Parallèlement, le lancement du deuxième satellite de télévision égyptien a été couronné de succès et l’énorme complexe audiovisuel, la Cité des Médias, dont la construction a été entreprise en 1992, est désormais achevé et opérationnel.
Les 12 millions de foyers TV égyptiens reçoivent par voie hertzienne 2 chaînes à couverture nationale : la chaîne I, généraliste, en langue arabe émettant 24 heures sur 24 et la chaîne II, à vocation culturelle, qui diffuse 70 % de programmes étrangers, 22 heures par jour. Ils peuvent également regarder les chaînes à couverture régionale, au nombre de 6, toutes reçues dans la zone du Grand Caire (16 millions d’habitants). Sur abonnement, il est également possible de recevoir par le réseau hertzien, les bouquets de chaînes payantes de CNE/Cable Network of Egypt, dont l’URTE détient 56 %.
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Floraison de chaînes
Du côté de la réception directe, l’Egypte compte plus d’1,5 million d’antennes paraboliques, installées dans des foyers (plusieurs peuvent être connectés à une même antenne), des hôtels, des clubs, des cafés populaires, des écoles. 25 satellites arrosent la région, diffusant environ 120 chaînes en analogique et autant de chaînes en numérique avec des compositions par bouquets. Le parc d’antennes paraboliques est en constante progression, bénéficiant d’une baisse conséquente des équipements depuis trois ans. Jusqu’à 2000, l’URTE détenait également le monopole de la diffusion satellitaire. Ainsi, parmi les 12 principaux départements de l’organisme public retrouve-t-on celui des chaînes satellitaires et celui des chaînes thématiques. Les trois chaînes satellitaires sont ESC 1 (Egyptian Space Channel), chaîne généraliste, ESC 2, chaîne cryptée généraliste, consacrée aux fictions – toutes deux émettant 24 heures sur 24 – et Nile TV International, chaîne généraliste diffusant dix heures par jour en langue anglaise et trois heures en langue française. Cette dernière est également diffusée par voie hertzienne en UHF. Créé en 1998, le secteur des thématiques compte 8 chaînes à son actif, diffusées sur NileSat : Nile information, Nile News, Nile Culture, Nile variétés, Nile Sports, Nile Drama, Nile Famille et Enfants. La prochaine chaîne, Nile Al Tanwir sera à vocation religieuse. Le département a également en charge la diffusion de trois catégories de chaînes éducatives, consacrées à l’enseignement scolaire (primaire, préparatoire, secondaire, technique, langage, lumière et formation), à l’enseignement supérieur (1 & 2) et à la recherche scientifique. Pour ces chaînes éducatives, l’URTE a la tutelle en tant qu’opérateur, le ministère de l’Education et de l’Enseignement supérieur la conservant pour les contenus. Le ministère de la Santé pilote pour sa part 2 chaînes médicales diffusées par l’URTE, Nile Horus 1 & 2. Mais au total, en prenant seulement le satellite NileSat 101, opérationnel depuis mai 1998, ce sont plus de 63 chaînes égyptiennes, arabes et internationales, en clair ou cryptées qui sont diffusées. L’URTE contrôle par ailleurs la majorité du capital des sociétés audiovisuelles égyptiennes et détient 40 % des parts de NileSat, 50 % de la Cité des Médias et 37,6 % de NCN/Nile Communications Network, filiale du bouquet Showtime en Egypte.
En août 2000, Ariane a mis en orbite, sur la même position que NileSat 101, le deuxième satellite de communication égyptien, NileSat 102. Opérationnel depuis octobre 2000, il est doté de 70 nouveaux canaux numériques et dessert une zone de couverture qui s’étend du Maroc aux pays de la péninsule arabique avec des puissances accrues sur les grandes métropoles et les zones fortement peuplées. Il retransmettra à terme plus d’une centaine de chaînes en mode numérique et en diffusion directe.
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Zone franche
Cet événement vient en appui logistique à l’évolution de la politique audiovisuelle de l’Egypte. En effet, ce pays, prenant exemple sur ses voisins, la Jordanie, le Liban, Dubaï et Bahreïn a décidé de mettre en place une législation pour autoriser la création « d’une zone franche de la communication » destinée aux chaînes satellitaires et à l’ensemble des médias. Un décret permet d’ores et déjà d’accorder les autorisations nécessaires, en attendant qu’une loi ne soit approuvée par l’Assemblée Nationale. Cette zone franche permet d’exonérer totalement les droits de douane et d’impôts et n’est pas soumise à la censure (mais un comité veillera au respect des règles de l’éthique). En accordant ce droit de diffusion et de création de chaînes satellitaires au secteur privé égyptien et étranger, le gouvernement espère recueillir des investissements étrangers dans le secteur des médias et amener les opérateurs de bouquets et de chaînes de télévisions arabes, actuellement basés en Europe, à s’installer en Egypte. La présence escomptée de chaînes occidentales, permettra également de valoriser le nouveau satellite. Autre élément clé de cette ouverture, la Cité des Médias servira d’infrastructure aux chaînes satellitaires arabes et étrangères désireuses de s’installer. Elles pourront ainsi bénéficier de l’ensemble des services mis à disposition au sein de ce complexe, des studios de tournage au dispositif satellitaire NileSat 101 et 102. Le gouvernement souhaite même y accueillir à terme la presse écrite avec les bureaux régionaux des agences internationales et les sociétés de production et distribution. Les investisseurs privés, opérateurs délégués à hauteur de 85 % de la production télévisuelle de feuilletons fabriqués en Egypte sont particulièrement intéressés par cet assouplissement de la réglementation égyptienne. Quant aux chaînes thématiques qui souffrent de difficultés budgétaires, elles étudient leur privatisation partielle. En se dotant d’infrastructures et d’équipements modernes, l’Egypte souhaite rester pionnière en matière de production et de diffusion dans la région.
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Quelques chiffres
Population : 67,273 millions d’habitants
Foyers équipés TV : 12 millions
Foyers équipés câble : 18,80 millions
Foyers équipés satellite : 1,5 million
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Radio : plus de 85 000 heures de programmes
Créé en 1934, ce secteur diffuse plus de 85 000 heures d’émission réparties sur 6 réseaux locaux et un réseau outre-mer. Les 6 réseaux locaux comptent :
- le réseau principal
- le réseau La voix des Arabes qui se scinde en deux stations : La Voix des Arabes et Radio vallée du Nil
- le réseau culturel, qui regroupe les stations 2e programme, le programme européen et le programme musical
- le réseau commercial
- le réseau coranique (émissions religieuses)
- le réseau régional, qui regroupe lui-même 10 stations.
Le réseau outre-mer diffuse des émissions en 32 langues.
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Internet : une croissance à 4 chiffres attendue
En juillet 2000, l’Egypte comptait près de 440 000 usagers d’internet... pour seulement 55 000 abonnés, soit 8 utilisateurs pour un abonné, un ratio bien supérieur à celui des autres pays arabes (moyenne : 3,5). Les observateurs estiment que le marché devrait connaître entre 2000 et 2005 une croissance de plus de 1 500 % pour atteindre plus de 7 millions d’usagers. Rachats et fusions devraient réduire le nombre de fournisseurs d’accès de plus de 60 à une dizaine. Source : Fiche de synthèse du PEE
du Caire - Juillet 2000
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