|
|
 |
> |
| |

Mai 2001-n°145

|
|
 |
Allemagne
2001, l’odyssée du numérique
C’est dans un marché audiovisuel allemand proche de la saturation que sera lancée en 2001, la télévision numérique terrestre, alors que s’opère parallèlement depuis quelques années et encore récemment, une forte concentration.
|
|
|
| |
 |
 |
|
| |
|
|
|
Les 33,5 millions de foyers télévisuels allemands, dont 18,8 millions abonnés au câble et 12 millions équipés pour la réception directe, bénéficient d’une offre de programmes très dense, avec une moyenne de 12 chaînes gratuites disponibles par câble ou satellite, en analogique ou numérique. La diffusion numérique câble et satellite tire aujourd’hui le marché. Ainsi, en 2003, la télévision numérique payante devrait comptabiliser 4,7 millions d’abonnés en Allemagne (contre 880 000 début 1999).
|
|
| |
 |
| |
|
|
|
Bertelsmann/Kirch
Mais dans un paysage marqué par une forte tendance à la concentration, l’avancée de la télévision numérique terrestre est presque occultée par l’actualité des deux ténors, les groupes Bertelsmann et Kirch.
Du côté de Bertelsmann, en avril 2000, CLT-UFA (Groupe Bruxelles Lambert (GBL)/ Bertelsmann), le groupe anglais Pearson et la holding Audiofina fusionnent pour donner naissance à RTL Group, qui compte aujourd’hui 22 chaînes, 18 radios dans 11 pays et devient le deuxième producteur mondial de programmes télévisuels et le n°1 en Europe des droits de retransmission sportive. En février 2001, Bertelsmann prend le contrôle de RTL Group avec 67 % du capital (contre 37 % précédemment et 22 % pour Pearson), grâce aux 30 % cédés par GBL, société holding du financier belge Albert Frère et du Canadien Paul Desmarais. En contrepartie, par échange de participations, GBL acquiert 25 % de la structure de Bertelsmann et s’installe ainsi au sein du conseil d’administration. Pour Bertelsmann, cet accord confirme la puissance du groupe dans l’audiovisuel. Précédemment, Bertelsmann avait également pris le contrôle de RTL Allemagne, avec le rachat des parts de Burda, et FAZ avait racheté la quasi-totalité de Vox et parallèlement mis en vente sa chaîne Premiere, acquise par l’autre « enfant terrible » des médias en Allemagne, Léo Kirch.
En janvier 1999, le groupe multinational Kirch restructure ses activités pour faciliter la recherche et l’entrée de nouveaux investisseurs. Trois pôles émergent : KirchMedia KgaA (production, gestion de droits et télévision gratuite), Kirch Pay-TV Holding (télévision payante – bouquet numérique DF1/Premiere, baptisé Premiere World) et Taurus Beteiligung GmbH & Co. KG (prestations techniques). En mars et avril de la même année, le groupe scelle son alliance avec l’Italien Berlusconi et le Prince saoudien Al Waleed, pour environ 750 millions de DM et acquiert ainsi 95 % de Premiere pour 1,565 milliard de DM. Le 1er octobre 1999, Kirch procède à la fusion du bouquet numérique DF1 et de la chaîne payante Premiere pour lancer Premiere World et entamer un nouveau départ dans la télévision numérique payante, avec pour objectif 3,5 millions d’abonnés en 2001. Le 6 décembre, Murdoch se porte acquéreur de 24 % du bouquet, tandis que Kirch entre à hauteur de 4,3% dans l’empire de Murdoch, premier groupe européen en matière de télévision payante avec 7,9 millions d’abonnés. En ce début d’année, Kirch fait de nouveau la une des médias avec l’acquisition des droits de retransmission des coupes du monde de football 2002 et 2006 pour 1,7 milliard d’euros et des négociations dans l’impasse avec les chaînes publiques allemandes pour s’accorder sur des possibilités de diffusion des matches sur le réseau public.
|
|
| |
 |
| |
|
|
|
Des situations contrastées
La concurrence est rude sur le marché audiovisuel allemand : les chaînes publiques éprouvent des difficultés à maintenir leur audience et seules six grandes chaînes généralistes privées ont dégagé des bénéfices. Chaînes thématiques, gratuites ou payantes, télévisions régionales connaissent un passage difficile. Kirch a ainsi profité de la situation fragile d’EMTV pour acquérir 16,75 % des actions de celle-ci, mais 25% des droits de vote, contre les 50 % de Junior TV jusqu’alors détenue à 50/50 par Kirch et EMTV. EMTV a par ailleurs revendu à Kirch début décembre 2000 pour 517 millions d’euros, ses parts de SLEC, le leader mondial de la formule 1, dont elle avait acquis 50 % pour 1,74 milliard d’euros. EMTV se prépare à vendre 45 % des parts de Tele München acquises en septembre 1999, principal concurrent de Kirch pour les licences de films. Du côté du câble, c’est la filiale de Deutsche Telekom, Kabel Deutschland GmbH qui procède à la vente de ses parts du réseau câblé allemand des régions de Westphalie, du Nord-Rhin et de Baden-Wurtemberg à Callahan Associates et ceux de Hesse, à Klesch & Co (UK), mais conserve sur chaque réseau 25 % plus une voix des droits de vote.
Pour autant, nombre de projets de chaînes se sont vu accorder des autorisations de diffusion. En juillet 2000, BTV, mélange de programmes des deux chaînes régionales du Baden-Wurtemberg, détenues par Bernd Shumacher a vu le jour. En septembre 2000 a été lancé le bouquet allemand FSP (Foreign Services Platform) qui fournit des chaînes de télévision et des radios étrangères aux câblo-opérateurs allemands indépendants. Les éditeurs DuMont-Schauberg (Dortmund), associés à MediaConsult, lanceront sur le câble la première chaîne privée de la Rhénanie du Nord Westphalie, Land le plus peuplé. Sur le marché de la télévision payante numérique plusieurs chaînes sont attendues : une version allemande d’Animal Planet, une chaîne allemande de cinéma et une version allemande de National Geographic et de TV Travel Shop England, chaîne thématique dédiée aux voyages, et une chaîne dédiée aux films et séries, en attente d’autorisation pour la Bavière, TM-TV de Tele-München. Sont également attendues, les chaînes voyage, santé et science de Discovery Channel Germany, deux services de MTV Networks Germany, MTV Base et MTV Extra, VH-1 Classic de VH-1 et TS, la chaîne technologie et science par H5B5. A l’automne 2001, c’est Bibel-TV, chaîne exclusivement consacrée à la Bible, diffusée gratuitement dans toute l’Europe par satellite et financée par l’éditeur Norman Rentrop, qui pourrait voir le jour.
|
|
| |
 |
| |
|
|
|
Lancement du numérique terrestre
En septembre 2000, la Digital Broadcasting Initiative a émis dans son rapport « Launch scenario 2000 », une série de recommandations en matière de diffusion numérique. Si une partie de ces préconisations ont déjà été implémentées, puisque des services opérationnels existent aujourd’hui pour la radio numérique DAB (voir encadré) et pour la télévision numérique par câble et satellite, la télévision numérique terrestre débutera dans une sélection de régions en 2001. Au cours de l’été 2002, l’Initiative analysera le succès des mesures prises et évaluera les besoins d’actions futures nationales et internationales à mener. Par ailleurs, en réponse à une initiative du gouvernement allemand, une conférence sera organisée en 2005 par l’Union Internationale des Télécommunications sur le plan de fréquences internationales. Une conférence préliminaire réunissant 56 pays d’Europe, d’Afrique du Nord et de l’ouest de l’Asie, se tiendra en 2003. L’objectif est d’optimiser l’allocation des fréquences de diffusion, telle que stipulée dans l’accord de Stockholm (1961) pour les applications numériques futures.
|
|
| |
 |
| |
|
La radio numérique DAB
En Allemagne, les 16 Länder ont lancé leurs services de radio numérique DAB – on en compte plus de 100 – et environ 65 % de la population peuvent aujourd’hui les capter, une couverture atteinte progressivement depuis le 1er lancement du DAB en Saxe en avril 1999. En octobre 2000, l’Initiative Digital Rundfunk a annoncé qu’une date de fermeture des services analogiques serait examinée en 2003 en vue d’une bascule totale vers le numérique en 2010. Une commission dans laquelle intervient ZVEI, l’association des fabricants allemands d’équipements électroniques, cherche actuellement à développer la pénétration des récepteurs sur le marché, à travers notamment une coopération avec les diffuseurs et l’industrie de l’automobile. Les analystes regardent de près l’évolution du DAB en Allemagne, pays clé pour le succès de ce média numérique en raison de la taille de son marché potentiel de plus de 80 millions d’auditeurs, 38 millions de foyers et 42 millions d’automobiles.
|
|
| |
 |
| |
| Contactez-nous
: |
 |
|
 |
| |
|
|
|
|