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Octobre 2001-n°149

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Emergence
La TV interactive se concrétise
La télévision interactive quitte le domaine des technologies expérimentales pour amorcer sa naissance commerciale comme le montrent les politiques conduites par les opérateurs audiovisuels.
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L’objet de la télévision interactive est de combiner la simplicité de la télévision avec l’interactivité de l’environnement internet. Terrain inconnu, voire considéré comme miné, pour la plupart des opérateurs de programmes et de réseaux, il y a encore peu, elle a commencé à trouver avec le numérique quelques développements commerciaux. Même si quasiment aucun d’eux ne maîtrise, aujourd’hui, l’impact que ces services auront sur le public et si la complexité des technologies inquiète encore. Pour autant, s’appuyant sur l’expérience de CanalSatellite et de TPS, Jean-François Jézéquel, directeur des plates-formes interactives de Canal+, a pu déclarer à juste titre à l’UEC d’Hourtin dans le débat « Télévisions interactives :technologies et standards » que les services interactifs font partie de la réalité d’aujourd’hui et que ceux-ci doivent se développer rapidement. Un avis partagé par Bertrand Mabille, vice-président de Thomson Multimédia chargé des partenariats, pour qui la télévision interactive est la « prochaine révolution de la télévision ». Il évoquait le succès du système interactif Tak, commercialisé par son entreprise, mais reconnaissait toutefois les difficultés des vendeurs à l’expliquer aux consommateurs. Il est vrai qu’avec le standard DVB MHP (Multimedia Home Platform) et de nombreux terminaux, la télévision interactive est en train aujourd’hui de sortir des limbes. A tel point que l’on parle nettement moins des aspects technologiques pour désormais se focaliser sur les aspects contenus et marchés de cette nouvelle forme de télévision. Enfin Patrice Fryson, vice-président de Netgem, a pour sa part, souhaité que ces services interactifs soient aussi offerts sur les plates-formes de la TV numérique terrestre.
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L’offre
En effet, si l’on considère que le chiffre d’affaires du groupe Canal+ dans le domaine de l’interactivité approche 1 milliard de francs (150 millions d’euros) et que celui de TPS est comparable, on se rend compte que malgré les interrogations qui demeurent, une amorce de marché existe, bel et bien. Et si ce marché existe c’est bien parce qu’il découle d ‘une offre concrète. Ainsi, sur CanalSatellite Interactif, l’ensemble des services interactifs a été regroupé sur une seule mosaïque qui permet d’accéder à de l’information, à des jeux variés, à de la météo, à des programmes sportifs, à une galerie marchande qui propose une sélection d’une vingtaine de boutiques, à des services bancaires et à des services conçus comme des compléments d’information d’une sélection de chaînes du bouquet. TPS de son côté, lancé très tôt dans l’interactivité, a développé une pléiade de services qu’il est impossible de tous citer. L’offre de ce bouquet numérique est organisée autour de 13 portails facilitant la vie quotidienne, permettant de se distraire et autour de nombreux services événementiels associés aux chaînes. On trouve ainsi, Météo Express, Le Tvmail Info Express qui permet d’envoyer et recevoir des mails, Fi, un service financier, Mon Shopping, pour du téléachat, PMU/Equidia, des petites annonces, de l’astrologie, un service de jeux, Bandiagara, un guide des programmes, des services complémentaires liés aux chaînes, notamment à TPS Star... Enfin, Noos avec Nooszone, a réuni dans un portail d’accès tous ses services interactifs et compte bien en faire l’un de ses fers de lance marketing.
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Débat
Sur cette base, un débat organisé à l’UEC d’Hourtin et titré « Télévision et internet : services, programmes et usages nouveaux » a permis de faire un point sur les politiques des opérateurs en matière d’interactivité. Ce débat regroupait quelques uns des principaux acteurs du domaine.
Pour les acteurs de la télévision, la problématique des relations entre la télévision interactive et internet est en cours de développement. Ainsi, pour Albrecht Frenzel, responsable Multimédia d’Arte Geie, la problématique internet de sa chaîne se développe autour des thèmes qui en reprennent les atouts. Il s’agit de développer des contenus spécifiques à internet, d’accroître la visibilité de la chaîne et d’avoir accès à des contenus web spécifiques pour des communautés virtuelles ciblées. Pour Alexandre Michelin, directeur groupe programmes et services de Canal+, il s’agit de travailler sur les usages, notamment de la télévision interactive. Sa chaîne cherche à développer des services, traités de façon non linéaire, qui complètent l’offre de la marque Canal+. Il cite l’exemple de la chaîne hippique du PMU et le pari en ligne qui génère des revenus (les courses marchent aussi sur TPS) en concevant des programmes qui intègrent l’interactivité dès l’écriture de concept. Pour lui, les médias vont entrer dans une période où les publics pourront apporter des contenus via internet et les stocker sur les disques durs des nouvelles set top boxes. Une nouvelle gestion du poste de télévision devrait naître qui inscrira l’audiovisuel dans une dimension qui ira au-delà de la seule diffusion des flux. Cette complémentarité est, pour Canal+, une logique forte de développement et une tendance de fond. Enfin, Edmond Zucchelli, directeur général de France Télévision Interactive, estime que le croisement entre internet et la télévision apporte des ambiguités dans la compréhension même des nouveaux services à venir. Il estime que penser la convergence des supports est complexe dans la mesure où la valeur d’usage est différente selon l’écran de diffusion : home vidéo, télévision, ordinateur, PDA ou téléphone portable. Pour lui, le problème est de proposer des programmes adaptés aux usages et à la mobilité des récepteurs. Il conçoit son entreprise comme un laboratoire de Recherche et Développement en télévision interactive, un laboratoire qui doit trouver un public, respecter un projet éditorial, développer une technique et dégager un modèle économique. Tous les participants se sont accordés pour penser que l’interactivité devrait être gérée très en amont des produits à diffuser-distribuer, pour être en mesure de répondre à toutes ces exigences et que rien n’est encore stabilisé.
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Et internet ?
Pour les acteurs de l’internet, présents à ce débat de l’UEC d’Hourtin, comme Isabelle Bordry, directrice générale de Yahoo France, et Patricia Morgagni, directrice Animation et Programme Vidéo de Wanadoo, la notion de vidéo est stratégique et constitue un élément incontournable pour faciliter l’accès et générer la convivialité de leur site. L’actualité, l’information et les loisirs étant le deuxième grand pôle de leur activité - après les espaces où les gens entrent en contact de façon privée (40% des pages lues sur Yahoo sont les pages mails ou « chat ») - le partenariat avec des éditeurs d’images est primordial (L’Equipe TV animant la rubrique sport, par exemple). Chez Wanadoo, on peut faire le même constat. Ce sont les outils de communication interpersonnels (mail et chat) qui rassemblent le plus grand nombre de personnes. En termes de contenu, le sport, la musique et le cinéma sont les sujets porteurs et l’on peut commencer à parler de convergence. Toutefois, les formats internet et télévision varient. Il doivent être plus courts et plus séquencés sur internet.
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