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Octobre 2001-n°149

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Radio
Quelles écoutes pour quelles régions ?
Une analyse des résultats de son enquête « 75000+ Radio » et de ses « Médialocales » a permis à Médiamétrie de montrer que les pratiques d’écoute de la radio varient fortement en France d’une région à l’autre, voire d’une ville à l’autre.
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Les Français à la bonne fréquence », (à leurs bonnes fréquences pourrait-on presque dire), est une analyse publiée dans le numéro 25 du magazine Audience de Médiamétrie (juillet 2001). Elle montre, sur la base des résultats des enquêtes « 75000+ Radio 2000 » (janvier-décembre 2000) et « Médialocales » (2000), que les pratiques d’écoute de la radio varient fortement en France de région à région, voire d’une agglomération à l’autre. En effet, « choisir d’écouter telle radio plutôt que telle autre dépend de nombreux facteurs, au premier rang desquels l’histoire locale et la réalité de la diffusion hertzienne » mais aussi la quantité et la nature de l’offre radiophonique disponible.
Le premier constat fait par Médiamétrie est une confirmation. Comme il avait été constaté en 1996, il existe une « nette opposition » entre le Nord et le Sud de la France. En 2000, le Sud écoute moins la radio. Ainsi, alors que l’audience moyenne nationale de la radio est de 83,7 %, l’Alsace atteint 87,7%, l’Ile-de-France 87,3% et les Pays de Loire 87%, tandis que la région Paca parvient à 78,2%, l’Auvergne à 78,6% et la Corse à 68,6% ! Curieusement, les deux régions qui ont le plus écouté la radio, l’Alsace et l’Ile-de-France, sont aussi celles qui ont le moins regardé la télévision et la Corse qui est la région qui écoute le moins la radio se montre « très assidue » devant la télévision. L’opposition dont nous venons de parler est loin d’être la seule mise en avant par Médiamétrie. Les différentes catégories de stations sont plus ou moins écoutées selon les régions. L’analyse de Médiamétrie prouve que plus l’offre est large, comme en Ile-de-France, plus l’audience est importante et plus chaque catégorie de station peut trouver facilement son public. En revanche, la rareté de l’offre peut favoriser telle ou telle catégorie de station.
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Service public et radios commerciales
« Globalement, l’écoute des radios privées commerciales est relativement homogène sur l’ensemble du territoire » avec 67,7% d’audience en moyenne. Les régions où l’on écoute le plus les radios du service public sont le Limousin, la Corse et la Bretagne avec respectivement 49,5%, 39,1% et 38% d’audience. « L’une des explications de ces performances dans ces trois régions tient probablement au fait qu’il existe un choix plus limité qu’ailleurs en matière de radios commerciales. » A l’inverse, les régions où l’audience des radios commerciales est la plus forte (Champagne-Ardenne avec 73,5% d’audience, Pas-de-Calais avec 74,8% et Lorraine avec 73,1%) sont aussi celles où le confort d’écoute des stations commerciales est le meilleur, l’émetteur AM d’Europe 1 étant implanté en Sarre et celui de RTL au Luxembourg. On peut aussi faire remarquer que RTL a longtemps joué dans l’Est de la France le rôle d’une station française dotée d’une sorte de légitimité régionale. Nos grandes stations continuent ainsi de se partager l’audience nationale, mais il est remarquable de voir qu’elles touchent leurs publics de façon infiniment moins uniforme que l’on aurait pu le croire.
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Radios associatives
Les radios associatives représentent 4% d’audience nationale et ce sont celles « dont l’audience varie le plus d’un coin à l’autre de l’Hexagone ». Elles sont le plus écoutées en Ile-de-France (9,2% d’audience), ce qui va de pair avec une offre d’une richesse unique en France plus de 35 stations y existent. Si l’on va un peu plus loin dans l’analyse, on se rend compte que les radios religieuses ont du succès dans les régions où les radios associatives sont les plus écoutées, comme l’Ile-de-France, l’Auvergne et la Franche-Comté. A l’inverse, Médiamétrie note que les régions qui écoutent le moins les radios associatives sont aussi celles qui, comme la Normandie et le Poitou-Charentes, ne possèdent qu’une offre assez rare. Seule dérogation à la règle, les régions où les spécificités culturelles sont fortes, comme l’Alsace, écoutent assez bien les radios associatives dans la mesure où elles semblent répondre davantage aux particularités historiques et linguistiques de ces régions. Une nouvelle fois, une approche concrète de l’audience des radios associatives permet de comprendre que si ces stations, contre toute attente, ont trouvé une place entière dans le paysage radiophonique, c’est aussi parce qu’elles ont su répondre à une demande réelle des publics auxquels elles s’adressent.
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Contrastes locaux
Les contrastes peuvent enfin aller jusqu’à toucher des régions ou des villes très proches. Ainsi alors que l’écoute des radios associatives est très faible en Lorraine, elle est nettement plus forte en Alsace, pour les raisons que nous avons mentionnées au paragraphe précédent. Mais de nettes différences peuvent aussi être constatées entre des villes géographiquement très proches. Médiamétrie cite le cas de Marseille et Aix-en-Provence. On écoute plus la radio à Aix qu’à Marseille (85,1% contre 77,4%) en raison d’une forte population étudiante à Aix. L’offre et l’écoute des radios associatives sont bonnes à Marseille et plus rares à Aix. Aix préfère le service public et choisit France Inter quand Marseille aime NRJ et les Marseillais sont deux fois moins nombreux en pourcentage à écouter France Culture et France Musiques que les Aixois. Cette analyse révèle bien la réalité des identités sociales, économiques et culturelles qui sont celles des villes. Elle montre tout aussi clairement que la radio, grâce à la diversité de ses programmes, est un média tout à fait adapté pour répondre à des demandes très spécifiques.
« Si l’offre radiophonique sur l’ensemble du territoire est remarquable, elle est aussi diversement répartie », précise Médiamétrie. Il est intéressant de constater que les pratiques d’écoute de la radio en France reflètent de très près la diversité des réalités sociales, géographiques et historiques qui constituent notre pays et que, contrairement à ce que d’aucuns disent, le paysage radiophonique réel vit à l’aune de cette variété et n’est aucunement victime d’un modèle unique. Service public, radios commerciales, radios associatives ont su trouver et conserver leur place et choisir les programmes et les styles que demande chacun des publics qui composent l’audience française.
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