|
|
 |
> |
| |
Décembre 2001-n°151

|
|
| |
 |
 |
|
| |
Le gouvernement de l’Ile Maurice, en place depuis les élections anticipées de septembre 2000 a concrétisé en cette année 2001, le projet d’ouverture de son paysage audiovisuel au secteur privé. L’Independant Broadcasting Authority, autorité de régulation créée par la loi du 19 août 2000, en mars 2001, a effectivement lancé un appel à candidatures pour l’attribution de trois licences de radios et une licence de télévision commerciale. Après avoir remis leurs dossiers le 15 octobre dernier, les postulants ont été auditionnés. Des sociétés françaises, indiennes, des opérateurs mauriciens en partenariat avec des opérateurs français, des organes publics se sont portés candidats. Dix projets concernent les licences radio : Viva Voce Limitée ; Radio Plus; IFM International (Mauritius Ltd.) ; Data Communications Ltd. ; Hope Broadcasting ; Frequence + Ltd ; Sun Radio ; HIT FM ; Sunrise Radio (Skywave Limited) ; Radio Z (Cheri Radio Ltée) ; quatre autres ont été déposés pour l’obtention de la licence de télévision, par Mediacom Ltd., Learning TV Channel MCA*, Prem Rughobur, Narsimha Rao (Cable). L’attribution officielle des licences radio sera annoncée le 11 décembre 2001. Celle concernant la licence de télévision a été repoussée à une date ultérieure. L’IBA étudie son plan de fréquences pour pouvoir intégrer les nouveaux entrants et réfléchit aux solutions de diffusion envisageables (moyen propre à l’opérateur de la chaîne ou utilisation des services d’un « common carrier »). La fréquence actuellement utilisée par la troisième chaîne du radiodiffuseur public, MBC, pourrait être privatisée, à moins que les autorités ne décident de mettre le cap sur la télévision numérique terrestre.
|
|
| |
 |
| |
Préparation de la TVNT
En effet, TDF, qui avait répondu à l’appel d’offres de MBC (Mauritius Broadcasting Corporation), le 30 octobre 2001, pour la réalisation d’une expérimentation de diffusion numérique terrestre, a été officiellement retenue le 13 novembre. Cette expérimentation débutera le 15 décembre 2001 pour une durée d’un mois.
Il s’agit pour le gouvernement mauricien de mettre en évidence la supériorité de cette technologie sur la diffusion hertzienne analogique. Pour l’occasion, un bouquet de programmes, repris sur les chaînes analogiques, sera diffusé.
Il comprendra également quelques fonctionnalités interactives afin de démontrer l’ensemble des potentialités de la diffusion numérique terrestre.
En contact avec la MBC depuis cinq ans, TDF avait mené, il y a deux ans, une étude sur le réseau de l’opérateur. Intéressée par ce réseau, TDF souhaiterait en reprendre l’exploitation et le valoriser. En juin 2001, le nouveau gouvernement en place s’est encore une fois tourné vers l’opérateur européen pour l’aider dans sa réflexion sur la mise en place de la TVNT sur l’île. Parallèlement, la Mauritius Broadcasting Corporation réfléchit à une restructuration de ses activités qui pourrait passer par une séparation de ses prestations de diffusion, notamment numérique, de celles de production et édition. L’IBA doit de son côté, mener une étude d’évaluation du coût de la transition de l’analogique vers le numérique.
|
|
| |
 |
| |
Paysage actuel
Cinq stations radiophoniques publiques sont aujourd’hui diffusées. Radio Maurice 1 et RM2 émettent en ondes moyennes. One World FM diffuse, depuis mai 1999, dix-huit heures de programmes de France Inter en direct, ainsi que des émissions de Sunrise Radio. Kool FM programme essentiellement de la musique. Radio One et NRJ Maurice constituent deux projets de radios privées. La première s’est rendue accessible sur internet et par téléphone sous le nom de Net Radio One. Quant à Radio France Internationale, dans le cadre de l’appel à candidatures, elle a signé un accord avec Radio One qui, si la licence leur est attribuée, aboutirait à la diffusion de sept heures de programme de nuit et quatre journaux en journée, dont trois en français.
Quant à la télévision, son lancement officiel remonte à 1965, trois ans avant l’indépendance du pays. En 1969, les programmes d’éducation font leur apparition et le premier bulletin d’informations est réalisé en 1974. Entre 1975 et 1978, le parc de téléviseurs se pare de la couleur. MBC dispose d’une station de réception satellitaire financée par la France. A compter de 1990, les évolutions s’accélèrent avec l’implémentation de la deuxième chaîne le 30 juillet 1990 (MBC 2) et l’arrivée en 1995 sur les ondes hertziennes des deux chaînes payantes Canal+ et RTL 9 (alors Sky News). Ces chaînes sont relayées par MBC qui diffuse par ailleurs depuis 1996, une troisième chaîne, MBC 3. Depuis 1999, le consortium Mc vision (Currimjee, MBC, Médias Overseas) diffuse Canal+ accouplée avec une seconde chaîne composée de programmes en anglais (BBC, Discovery). Le nombre d’abonnés, en croissance, serait voisin de 12 000. Au total, hors chaînes payantes, ce sont trois cent quarante six heures de programmation par semaine avec des programmes jeunesse à hauteur de 24%, du divertissement pour 15%, des programmes adultes pour 33%, des informations pour 13% et 15% de sport. Ces programmes proviennent d’Europe de l’ouest, des Etats-Unis, d’Inde, de Chine et du Pakistan. La MBC assure son financement par la redevance, à hauteur de 60% et la publicité. Depuis 1999, MBC relaie aussi sur ses ondes les programmes de Canal France Internationale, de Doordarshan, de la Deutsche Welle, de la BBC, ainsi que de RFO Réunion, qu’elle utilise comme banque de programmes après acquisition des droits. Depuis mai 1999, les bouquets numériques français, CanalSatellite et TPS, sont également commercialisés à Maurice, respectivement par MC Vision (22 000 abonnés) et Mediacom (Parabole Maurice), qui offre également le bouquet sud-africain DSTV. Et si l’île n’est pas câblée, elle bénéficie d’un bouquet MMDS, diffusé par le groupe London Satellite System, sur le plateau central et dans le nord de l’île et comptant 1 500 abonnés (selon l’opérateur). Sa programmation reprend les émissions de World Net et de la Deutsche Welle. Sur cette population, un recensement de 1999 révélait que 450 000 foyers étaient équipés de récepteurs radios et 265 000 de téléviseurs, pour un territoire couvert à 98% par l’hertzien.
|
|
| |
 |
| |
La francophonie à l’honneur
Outre les émissions radiophoniques et télévisuelles de la MBC en langue française, la communauté française et les Mauriciens adeptes du français peuvent aujourd’hui capter, par débordement hertzien de l’émetteur de la Réunion, les émissions de RFO (40% de la population couverte). Ils ont donc également accès à France Inter qui est repris en modulation de fréquence, 18 heures sur 24, suite à un accord signé avec Radio France en mai 1999. En revanche, pour Alain Rossignol, attaché culturel à l’ambassade de France, il est aujourd’hui dommageable pour la francophonie que le signal de TV5 ne puisse être récupéré en hertzien. La chaîne est en effet reçue uniquement via le bouquet de CanalSatellite, et donc destinée à ses 25 00 abonnés, ainsi qu’en hertzien sur l’île Rodrigues, en horaire de nuit.
|
|
| |
 |
| |
Un public multiculturel
La libéralisation des ondes et l’étude d’une transition vers le numérique hertzien viendront enrichir l’offre de programmes actuelle et lui permettra de ce fait d’être encore plus adaptée au public multiculturel de l’Ile. En effet, les 1,2 million d’habitants de l’Ile Maurice et de ses dépendances (l’île Rodrigues, Saint-Brandon et Agaléga) se composent à 70% de personnes de souche indienne dont 53% sont de confession hindoue et 17% de foi musulmane, 26% de Créoles, 1% de Franco-mauriciens et 3% d’une communauté d’origine chinoise. Un tel melting-pot a poussé le radiodiffuseur public à diffuser en plusieurs langues : anglais, français, créole, hindi, tamul, telegu, marathi, bhojpuri, hakka, cantonnais, mandarin, gujarati, urdu circulent ainsi sur les ondes. Si l’anglais est la langue de l’adminstration et de l’éducation, les Mauriciens parlent le créole entre eux et le français apparaît comme la langue la mieux comprise. Les programmes de la MBC s’adressent ainsi à toutes les communautés de l’île.
|
|
| |
 |
| |
|
| |
| Contactez-nous
: |
 |
|
 |
| |
|
|
|
|