|
|
 |
> |
| |

Décembre 2001-n°151

|
|
 |
Football
Droits des images, droit à l’image
L’actuelle bataille entre les chaînes de tous les pays et le groupe Kirch, autour des retransmissions du Mondial de football 2002, pose une nouvelle fois le problème des droits des images et du droit à l’image autour d’un sport roi à la télévision.
|
|
|
| |
 |
 |
|
| |
|
Il n’est pas de chaîne généraliste ou thématique qui ne consacre, peu ou prou, une partie de sa grille de programmation au football. La présence de ce sport est désormais généralisée et nul n’oublie plus le ballon rond : équilibre des programmations et souci de s’attacher son public obligent. Ce, d’autant plus que sa consommation est le plus souvent supérieure à sa programmation. Il constitue les grands titres des journaux télévisés tant la semaine que le week-end. Il est l’objet de magazines, de jeux. Enfin, les chaînes ménagent dans leur grille de larges créneaux à l’occasion des grandes compétitions, nationales, continentales, mondiales. Car le football est devenu un pôle fédérateur susceptible d’attirer et de séduire un très large public, permettant aux diffuseurs de regrouper leur audience autour d’une image clairement lisible.
|
|
| |
 |
| |
© Sylvain Legrand / France 3 |
|
|
|
Audiences
Ainsi, EurodataTV, dans son rapport publié au printemps, « From World Cup to World Cup », a analysé les audiences des principales compétitions de football, tant internationales que régionales, dans vingt pays sur une période de trois ans. Cette étude montre que le football fait toujours recette à la télévision et constitue un produit d’appel tant pour les chaînes en clair que pour les chaînes à péage. Ainsi, en France, le 10 juin 2001, 7 294 700 téléspectateurs ont suivi la finale de la Coupe des Confédérations opposant l’équipe de France à celle du Japon, et ce malgré le décalage horaire, soit une part d’audience de 56,3%. A titre comparatif, téléspectateurs avaient assisté à la victoire des Bleus lors de la finale de la Coupe du Monde France-Brésil, le 12 juillet 1998, et avaient regardé la consécration européenne le 2 juillet 2000. Au Japon, le 14 juin 1998, téléspectateurs, pour la seule région de Kanto, avaient suivi le match de la Coupe du Monde opposant l’équipe du Japon à celle de l’Argentine. Ils ont été encore 8 964 500 pour suivre la finale de la Coupe des Confédérations. En Grande-Bretagne, le 12 mai 2001, la finale de la FA Cup a réalisé une part d’audience de 51,6%. Au Brésil, royaume du ballon rond, dans la région de Sao Paulo, la finale de la Coupe du Monde 1998 avait réalisé une part d’audience de 76,3%. Le match de la Copa America opposant l’équipe du Mexique à celle du Brésil, le 14 septembre 1999, avait réuni 2 469 700 téléspectateurs devant leur poste de télévision, soit une part d’audience de 62,2%.
|
|
| |
 |
| |
|
|
|
Droits mondiaux du Mondial
On comprend, à ces chiffres, que la bataille pour les droits du footbal soit très vive et que l’exclusivité soit, en cette matière, l’objectif premier. A tel point que, le 20 juillet 2001, la Commission européennne, dans une « communication de griefs », a dû manifester à l’UEFA sa crainte que la vente de tous les droits de télévision de cette manifestation, en exclusivité à un seul diffuseur par territoire pour plusieurs années soit « incompatible avec les règles communautaires » de la concurrence. Elle expliquait que ce système doit « être amélioré pour permettre au public sportif européen de bénéficier d’une couverture plus large des principales manifestations » de cette épreuve.
Pour le seul Mondial 2002, selon les estimations du président de la FIFA, Joseph Blatter, les droits de télévision devraient rapporter à l’organisme, 844 millions d’euros, soit dix fois le montant atteint lors du Mondial 1998 en France. Le groupe allemand Kirch, détient depuis mai 2001, les droits mondiaux des Coupes du Monde de football 2002 et 2006. Il a acquis les droits pour l’Europe et les Etats-Unis pour un montant de 1,74 milliard d’euros et les droits pour le reste du monde, pour environ 923 millions d’euros.
Cette exclusivité est de fait à l’origine d’une polémique entre le Groupe Kirch et les télévisions qui craignent de se voir privées de leurs images. Alexander Kirch, directeur général de Kirch Média, a assuré que « tous les amateurs de football auront la possibilité de regarder la Coupe du monde ». En effet, les téléspectateurs pourront voir en direct les rencontres disputées par leurs pays et la finale, la FIFA ayant prévu cette obligation dans le contrat avec Kirch Média. Mais, la plupart des chaînes ont protesté vigoureusement, l’été dernier et cet automne, contre les très importants montants des droits réclamés. L’Italie, la Grande-Bretagne, la Suisse et la France ont refusé les propositions de Kirch se fondant sur le constat que le Mondial 2002 se jouera en Corée du Sud et au Japon et que le décalage horaire ne favorisera pas l’audience. En Grande-Bretagne, le Parlement a décidé que les 64 matchs du Mondial devaient être diffusés sur des chaînes gratuites et les chaînes, ITV et BBC, ont proposé un montant global de droits, ce qui leur a valu, en août dernier, une plainte du groupe Kirch auprès des autorités de la concurrence britanniques, pour constitution de cartel (plainte retirée juste avant l’accord passé avec les télévisions britanniques, voir plus loin). En France, Charles Bietry, alors directeur des sports de France Télévision, a indiqué au Symposium Sportel 2001 que « les négociations risquent de durer jusqu’au coup d’envoi du match d’ouverture . » De son côté, Arne Wessberg, président de l’UER a affirmé clairement : « Il est probable qu’à l’avenir nos membres éprouvent des difficultés pour acquérir des droits pour des événements importants. Un plafond me semble atteint. »
|
|
| |
 |
| |
© Marc Francotte / Canal+ |
|
|
|
Etape par étape
Mais le football est fondamental pour les chaînes et le groupe Kirch le sait qui a travaillé étape par étape. Il a d’abord négocié les droits pour l’Amérique du Sud pour environ 940 millions d'euros, le 10 octobre 2001. Parmi les acheteurs, on trouve le groupe de télévision brésilien Globo qui a acheté les droits pour le Brésil et le groupe américain de télévision par satellite TV Direct qui a acquis les droits pour au moins six autres pays (Argentine, Chili, Colombie, Mexique, Uruguay et Venezuela). Une semaine après, les chaînes d’Amérique du Sud, la BBC et ITV, principaux groupes de télévision hertzienne britanniques, ont passé un accord avec le groupe Kirch pour 255 millions d’euros. En Allemagne, l’ARD et la ZDF, ont acheté les droits pour 130 millions d’Euros. En Espagne, Via Digital les a retenus pour 160 millions d’euros. Le 25 novembre, c’était au tour de TF1 d’annoncer un accord d’exclusivité pour l’intégralité de la compétition pour un montant de 168 millions d’euros. Au moment, où Antennes bouclait, l’Italie était le dernier pays européen à continuer à négocier. Dans tous les cas de figure, le groupe Kirch devrait être bénéficiaire…
|
|
| |
 |
| |
|
Le Groupe Jean-Claude Darmon, Canal+ et RTL Group s’allient dans les droits sportifs
La Commission européenne a estimé, le 13 novembre, que la création d’une entreprise commune entre la société de Jean-Claude Darmon (GJCD), le groupe français Canal+ et RTL Group (groupe Bertelsmann), n’allait pas à l’encore des règles de la concurrence et a autorisé les trois entreprises à se regrouper. Les agences sportives respectives de Canal+ et RTL Group, Sport+ et UFA Sports, seront intégrées au groupe Jean-Claude Darmon, qui sera, détenu à 46,5% par Canal+, à 39,5% par RTL Group et à 10% par Jean-Claude Darmon. La nouvelle structure réalisera 90% de son activité dans le football et commercialisera les droits de 320 clubs et de 40 fédérations et ligues nationales.
|
|
| |
 |
| |
| Contactez-nous
: |
 |
|
 |
| |
|
|
|
|