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Juillet 2002-n°157

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Télévision numérique terrestre
Le Bipe et l'UER approuvent le modèle français
Le modèle français de lancement de la TNT est jugé positivement par deux études publiées au mois de mai 2002, l’une réalisée par le Bipe, pour la Commission européenne, l’autre, par l’Union Européenne de Radiodiffusion.
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Deux études, l’une rendue publique le 13 mai 2002, par la Commission européenne, l’autre publiée en mai 2002 par l’UER, estiment que les choix français en matière de télévision numérique terrestre devraient la placer à l’abri d’un échec spectaculaire du type de ceux auxquels on a pu assister en Grande-Bretagne et en Espagne, notamment en raison de la souplesse du modèle législatif et économique qu’elle a mis en place, de la place du service public, de l’importance de l’offre gratuite et d’un calendrier cohérent.
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Une politique publique incitative
« Une politique publique incitative permettrait de surmonter les obstacles à la migration vers la télévision numérique en Europe », estime le Bipe dans une importante étude pour la Commission européenne sur la migration vers le numérique en Europe. « En l’absence de mesures publiques incitatives, et dans les conditions de marché actuelles, il faut probablement s’attendre à une transition d’une durée de quinze à vingt ans avant que la totalité des foyers ait accès à la réception numérique et qu’il devienne possible de couper la diffusion analogique. Une telle durée, normale au regard de l’analyse des migrations technologiques du passé, peut paraître trop longue aux décideurs publics si l’on considère les bénéfices à attendre d’une migration complète vers le numérique (croissance économique, entrée dans la société de l’information) et d’une extinction analogique (réallocation des fréquences hertziennes libérées, économies en coûts de diffusion). Deux phases de la migration, le démarrage et l’extinction, pourraient notamment nécessiter une intervention publique », est-il expliqué dans cette étude.
Pour ce qui concerne la télévision numérique terrestre, le Bipe estime que les défaillances des pionniers de la TNT en Europe sont d’abord imputables à des business plans voire à des modèles économiques inadaptés, souvent encouragés par des réglementations nationales trop déterministes. « En effet, ITVdigital et Quiero TV sont des bouquets payants partiellement verticaux, à coûts fixes très élevés. Ils ont été lancés en pleine « bulle des contenus » sur des marchés en voie de maturité et en concurrence frontale avec des leaders inexpugnables. La France sera probablement à l’abri d’accidents industriels de cette ampleur, notamment parce que sa réglementation n’encourage pas la formation de distributeurs entièrement nouveaux du type ITVdigital ou Quiero TV. » Dans le domaine de la TNT « la France reste, dans tous les cas, à l’abri d’une catastrophe industrielle, spectaculaire et coûteuse » affirme le Bipe. Les auteurs estiment que le législateur français a eu « la sagesse » de laisser aux futures chaînes de la TNT le libre choix du modèle de distribution et du ou des acteurs qui assureront cette fonction de gestion des abonnements et de distribution des décodeurs. Ils soulignent que la TNT à la française arrive sur le marché alors que les décodeurs « vendus en grande distribution à moins de 150 euros s’apprêtent à inonder l’Europe ». Ils mettent toutefois en garde contre la tentation éventuelle des groupes français de privilégier le câble et le satellite, sur lesquels ils ont déjà lourdement investi.
Le Bipe recommande, au niveau européen, un certain nombre de mesures parmi lesquelles, l’annonce publique d’un calendrier indicatif de migration vers le numérique afin de permettre à l’ensemble des acteurs impliqués de coordonner leurs anticipations et de synchroniser leurs investissements. De cette façon, la migration pourrait être plus rapide et moins coûteuse, non seulement pour chacun des acteurs mais également au niveau macroéconomique. « Mais une telle annonce ne doit pas se faire de façon prématurée et doit être formulée de manière à éviter toute distorsion de concurrence entre acteurs et entre plate-formes de diffusion. »
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De bonnes perspectives selon l’UER
Pour sa part, l’Union Européenne de Radiodiffusion estime dans une autre étude que « la télévision numérique terrestre a de meilleures perspectives que ne le laissent présager les échecs d’ITV Digital au Royaume-Uni et de Quiero TV en Espagne ». Cette étude établit d’abord un constat selon lequel :
- « la plupart des pays européens auront lancé la TNT d’ici à 2005, d’autres pays envisagent autre chose que le modèle de TV à péage adopté par ITV et Quiero TV ;
- l’interactivité, l’internet, la portabilité et la mobilité ne seront pas très porteurs ;
- le prix des équipements devient raisonnable pour le grand public ;
- les radiodiffuseurs de service public sont à la pointe du développement de la TNT ;
- la plupart des dates fixées par les gouvernements pour cesser la diffusion analogique ne sont pas réalistes par rapport aux conditions du marché ».
Selon le rapport de l’UER, les nouvelles sociétés créées à l’occasion du lancement de la TNT dans ces divers pays, bénéficieront de l’expérience de Quiero TV et d’ITV Digital et éviteront ainsi de concurrencer directement les opérateurs de TV à péage par câble et par satellite, en s’affranchissant des obstacles de la commercialisation des boîtiers décodeurs.
Pour Jean Stock, secrétaire général de l’UER, « les échecs d’ITV Digital et de Quiero TV sont ceux de deux modèles commerciaux qui s’inscrivent dans des conditions particulières de marché, mais cette étude indique clairement qu’il existe ailleurs en Europe d’autres approches innovatrices dont l’issue pourrait être meilleure. » Ainsi, la Finlande proposera la TNT d’ici à l’automne 2002 dans le cadre d’un marché ouvert pour les boîtiers décodeurs, d’une norme technique commune et d’une forte coopération entre radiodiffuseurs. La Suède envisage diverses nouvelles approches, avec notamment des offres gratuites de boîtiers distribués aux foyers TV qui paient la redevance. Les Pays-Bas et le Portugal diffuseront la TNT avant la fin de 2002 par le biais de plates-formes soutenues par des acteurs clés du marché. La Norvège et le Danemark pourraient planifier d’arrêter plus tôt la diffusion analogique, ce qui donnerait de l’avance à ces pays en matière de développement de la TNT. L’étude de l’UER évoque enfin la stratégie française dans le domaine. La France pourrait lancer à l’automne 2003, un bouquet de 33 chaînes TNT, dont beaucoup seront en clair. « Le calendrier de la TNT a été plutôt bon, l’offre de chaînes est la plus riche de toutes les plates-formes de la TNT existantes », souligne l’UER. Selon cette étude, « la clé » sera le choix du ou des opérateurs commerciaux qui devront réunir l’audiovisuel public et privé, ainsi que le choix des opérateurs de télécommunications et de diffusion.
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