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Juillet 2002-n°157

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Télévision numérique terrestre
Les retards américains
Alors que les 1686 chaînes hertziennes américaines, publiques et privées auraient dû se lancer dans la diffusion numérique terrestre en TVHD au plus tard le 1er mai 2002, seulement 280 d’entre elles s’y sont risquées et tout donne à penser que le retard ainsi pris pourrait encore s’accentuer.
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Malgré les incitations de la Federal Commission of Communications (FCC) à recourir au système de TNT américain qui offre de la télévision haute définition (TVHD), un son Dolby et la possibilité de données et services associés, les chaînes se font tirer l’oreille pour s’engager dans la voie de la diffusion en TNT. Si la transition de l’analogique au numérique a commencé en 1997, les chaînes hertziennes diffuseront leurs programmes en simulcast tant que moins de 85 % des foyers de leurs marchés recevront leurs programmes en numérique, échéance que personne ne se risque aujourd’hui à annoncer de façon précise.
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280 chaînes sur 1 686
280 chaînes hertziennes publiques et privées annoncent diffuser en numérique. Un quart d’entre elles font partie du réseau public PBS qui pourtant disposait d’une année supplémentaire pour se lancer. Ainsi, si aujourd’hui les trois quarts des Américains peuvent recevoir une chaîne diffusée en numérique, moins de la moitié peuvent en recevoir quatre au plus. Sur les 10 plus importants marchés de diffusion américains, 41 % des chaînes diffusent en numérique, mais seulement 7 % des plus petits marchés ont une telle chaîne. Selon la FCC, qui s’en alarme, seulement 15 % des stations de télévision commerciales hertziennes terrestres américaines diffusent aujourd’hui un signal numérique en simulcast alors qu’elles auraient toutes dû le faire depuis le 1er mai. Plus des quatre cinquièmes des 1 686 chaînes qui disposent d’une licence numérique, ont déclaré qu’elles avaient encore besoin de temps pour résoudre des problèmes techniques, juridiques ou financiers et qu’elles avaient besoin d’un délai de six mois au minimum. 920 demandes de délai supplémentaire ont été déposées à la FCC. La plupart des retards annoncés sont de treize mois, ce qui est le retard maximum autorisé et un nombre significatif de chaînes refusent purement et simplement de passer au numérique.
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En effet, les networks et les chaînes hertziennes locales estiment que si la technologie est « belle », aucun « business plan » probant n’existe et que le risque est trop important. Elles se fondent sur les explications suivantes :
- seulement 1,5 à 2 millions de récepteurs numériques haute définition ont été commercialisés auprès des 100 millions de foyers télévision que comptent les Etats-Unis. La plupart de ces téléviseurs ne sont pas équipés d’un décodeur numérique intégré, ce qui est un frein que la National Association of Broadcasters voudrait supprimer en rendant obligatoire l’installation par les constructeurs d’un tuner numérique dans tous les postes de télévision. Mais les constructeurs doivent encore régler des problèmes de standard et de système de protection contre le piratage. « Ce n’est pas une promenade de plaisir », a ainsi déclaré Dave Arland de Thomson Multimédia qui possède RCA TV, l’un des plus gros fabricants américains ;
- les coûts des investissements sont élevés et cette nouvelle technologie qui n’enrichit quantitativement pas l’offre existante, ne promet quasiment aucun gain d’audience, contrairement au câble et au satellite. Il est vrai que les trois quarts des 189 chaînes commerciales diffusant en numérique ne proposent aucun programme effectivement produit en TVHD. La haute définition devait booster le lancement de la télévision numérique terrestre. Mais seulement ABC et CBS et le réseau public PBS diffusent en prime time la TVHD ;
- les câblo-opérateurs sont réticents à respecter la règle tacite du must carry qui les oblige à diffuser en numérique les chaînes hertziennes présentes sur leur territoire de diffusion, ceci en raison du trop grand espace que la TVHD numérique occupe sur leurs réseaux, mais aussi parce que la numérisation du câble est infiniment plus lente qu’annoncée. 69,4 % des foyers américains reçoivent la télévision par le câble dont 21 % seulement en numérique. Et, jusqu’à il y peu, aucune set-top box distribuée par les câblo-opérateurs ne permettait l’affichage de la haute définition. De fait, la distribution par les câblo-opérateurs des chaînes locales n’a pas été rendue obligatoire en simulcast par la FCC pour les signaux numériques, ce qui n’incite pas les chaînes locales à passer au numérique.
Certains opérateurs de chaînes thématiques semblant commencer à s’intéresser à la haute définition, les opérateurs du câble et du satellite pourraient réviser leur point de vue. Ainsi la haute définition semble plus développée sur le satellite, où HBO est diffusé en haute définition quatorze heures par jour et où la chaîne HDNET émet 24 h sur 24 en haute définition. Aussi, Edward Fritts, président de la National Association of Broadcasters (NAB, l’Association des chaînes de télévision américaines) a-t-il pu expliquer : « Nous attendons le moment où les câblo-opérateurs proposeront l’ensemble des programmes numériques dans leur offre. »
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La politique de la FCC
En attendant, de nouvelles discussions sont engagées entre les chaînes et la FCC. Une loi ou une réglementation nouvelle pourrait même être négociée. Voulant éviter cette éventualité, la FCC a présenté à la dernière convention du NAB, en mars 2002, une « proposition pour des actions volontaires de l’industrie pour accélérer la transition à la télévision numérique ». Ce texte ouvre à la négociation 6 points principaux :
– les 4 grands networks (ABC, CBS, Fox et NBC) devraient fournir, par delà la seule diffusion numérique, dès la saison 2002-2003 au moins 50 % de leur prime time en haute définition, avec de l’interactivité ou toute autre innovation ; dès le 1er janvier 2003, tous les affiliés des 4 grands réseaux dans les 100 plus grands marchés devront être capables de transmettre ces émissions ;
– les chaînes devraient avoir l’autorisation d’utiliser, pour une durée non précisée, des émetteurs numériques de basse puissance, assurant une couverture plus faible que celle atteinte avec l’analogique actuel ;
– tous les réseaux câblés de 750 MHz ou plus devront, dès le 1er janvier 2003, distribuer gratuitement les signaux jusqu’à 5 programmes numériques pendant au moins 50 % du prime time ;
– les abonnés devront pouvoir acheter ou louer une set-top box fonctionnant tant pour le câble, le satellite ou le hertzien, permettant d’afficher la haute définition ;
– les producteurs et les distributeurs d'électronique grand public devront s'engager à répondre à cette demande de set-top boxes uniques ;
– les opérateurs de satellite numérique, devront, dès le 1er janvier 2003, transporter jusqu’à 5 programmes numériques haute définition pendant au moins 50 % du prime time ;
Pour autant, personne encore, tant du côté des chaînes hertziennes, que du câble, du satellite ou des industriels n’a encore réellement répondu à ces propositions et personne ne peut sérieusement s’engager sur des prévisions concrètes.
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