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Dernière mise à jour :
24/06/2003

 

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Juillet 2002-n°158

© Dubai-DTCM

Audiovisuel aux Emirats arabes unis
Mutations et dynamisme
Doté de trois diffuseurs nationaux, le paysage audiovisuel des Emirats arabes unis est marqué depuis quelques années par des réorganisations, des projets de nouvelles chaînes, la construction d’un pôle d’attraction des médias à Dubaï et la mise en place d’un réseau câblé.
 
 
Les Emirats arabes unis présentent la particularité de n’avoir qu’un secteur public. Les gouvernements d’Abou Dhabi, de Dubaï et de Sharjah ont chacun leur diffuseur national, respectivement Emirates Media Incorporated (EMI), UAE Radio & TV Dubaï (Dubaï TV) et Sharjah TV.
Créé le 1er janvier 1999, EMI regroupe l’ensemble des médias de l’Emirat d’Abou Dhabi. C’est en fait une fusion de l’Autorité de Radio & TV d’Abou Dhabi, d’Emirates Broadcasting Corporation et de l’organe de presse Al Ittihad. Ce rassemblement vise à rentabiliser les médias d’Abou Dhabi, devenus trop déficitaires. Signalons que le président d’EMI n’est autre que le ministre de l’Information et de la Culture des Emirats arabes unis, le Cheikh Abdallah Bin Zayed Al Nahyan. Outre sept radios diffusées par voie hertzienne, par satellite ou internet, EMI possède trois chaînes :
- Abou Dhabi Channel, diffusée par satellite et par ondes hertziennes, est une chaîne généraliste en arabe, avec un important service d’information. Elle couvre tout le Moyen-Orient.
- Emirates Channel est une chaîne hertzienne et satellitaire qui émet en arabe à destination de tous les pays arabes. Elle a été créée en janvier 2000, suite au rachat de la fréquence d’UAE Ajman Television, seule station privée alors existante.
- Sports Channel, lancée en 1996.
EMI gère également dix studios, six dédiés au direct et quatre consacrés à la production et post-production. Le groupe procède à la numérisation progressive de ses équipements mais aujourd’hui, EMI a essentiellement l’œil tourné vers la diffusion par internet (elle y diffuse déjà des émissions), la télévision interactive et la conservation des archives.
Dubaï TV est plutôt préoccupée par le numérique terrestre. Le groupe a déjà conduit une expérimentation pilote réussie avec la norme DVB-T et souhaiterait l’étendre à l’ensemble du pays. A l’instar d’EMI, Dubaï TV numérise graduellement les équipements de sa société de production, Dubaï Production Center, soit cinq studios de post-production, un grand studio de production et deux studios dédiés aux informations et aux sports. Dubaï TV produit 30 % des programmes de ses quatre chaînes. Trois sont diffusées par satellite : Emirate Dubaï TV (EDTV), chaîne généraliste qui émet 24h/24h en arabe ; Business Channel avec une programmation de dix-huit heures par jour à 65 % en arabe et Sport Channel qui émet également dix-huit heures par jour.
La quatrième, Dubaï 33, est une chaîne hertzienne qui émet dix heures par jour en anglais. Signalons que l’UAE Radio & TV Dubaï possède également trois radios.
Enfin, Sharjah TV affiche également son intérêt pour la diffusion numérique terrestre ainsi que pour la diffusion par internet et la télévision interactive. Ce diffuseur possède deux chaînes satellitaires, dont Sharjah Satellite Channel et une chaîne hertzienne dénommée Channel 22. Le groupe produisant 80 % de ses programmes, il est doté de quatre studios de production dont un entièrement numérique et d’un studio pour enfants.
Les recettes publicitaires restant très faibles (15 à 20 % du budget global sauf pour Ajman TV, chaîne privée à l’origine qui atteint 50 %), les chaînes sont essentiellement financées par les gouvernements locaux.

 
 
© www.sheikmohammed.co.ae
Une programmation en évolution
Outre l’organisation du secteur, les politiques de programmation ont également connu une évolution notable. Exceptée Sharjah TV qui produit et diffuse des programmes essentiellement religieux, culturels et sociaux, les différentes chaînes de télévision ont procédé à une réduction des programmes religieux et documentaires pour développer des programmes de divertissement, d’où un nombre de plus en plus important de programmes achetés à l’étranger. Mises à part les deux chaînes hertziennes, toutes sont diffusées par satellite et ont donc une vocation internationale, à destination d’un public arabophone. A l’intérieur du pays même, la population se caractérise par une prédominance de populations expatriées avec 80 % de non-nationaux (Indo-Paskistanais, Iraniens, Libanais, Syriens, Occidentaux…) et une population essentiellement masculine.
Néanmoins, en termes de contenus, une double censure s’exerce via le département de l’Information et le département des Finances des différents émirats. Pour préserver les valeurs de l’Islam, sont censurés tous les sujets ayant trait à l’alcool, à la drogue, au sexe, à la politique…
Dans ce contexte est née, le 26 janvier 2001, une nouvelle chaîne en langue arabe, Zen Television. Diffusée par satellite depuis Dubaï, elle présente la particularité audacieuse de traiter des sujets tabous : amour, sexe et politique, en ciblant les jeunes adultes (18 à 35 ans) des pays arabes. Elle est le fruit d’un partenariat entre Dubaï Media City, pôle d’attraction des médias inauguré début 2001, véritable zone franche des technologies, et la chaîne libanaise Future Television.

 
 
Nouveau réseau câblé
Depuis deux ans, les regards se tournent également vers le réseau câblé Etisalat, la société nationale des télécommunications. Celle-ci a en effet créé le 15 avril 2000 une filiale dénommée E-vision, qui propose un bouquet numérique d’une centaine de programmes et services sur le câble. Ce bouquet propose du divertissement familial, des films, du sport, des documentaires, des programmes éducatifs, des émissions pour la jeunesse, de l’information, de la musique, des services de pay-per-view et interactifs. Quelque dix langues sont représentées avec l’arabe, l’anglais et plusieurs langues asiatiques. Le bouquet compte aussi deux chaînes exclusives, e-xplor et e-junior. E-vision possède deux studios entièrement numérisés. Ce développement, véritable enjeu du marché télévisuel, initié pour concurrencer le réseau satellite, connaît un très fort succès au Qatar et à Bahreïn. Il a pour avantage de présenter une offre globale, avec notamment la téléphonie et internet, à des tarifs inférieurs à ceux des bouquets satellitaires. Il se démarque au niveau marketing en mettant l’accent sur les services interactifs, avec déjà trois jeux disponibles, le paiement à la carte et un guide électronique des programmes. A noter que TF1, consultant sur ce projet, est intervenu au niveau de la planification, de la programmation et du marketing et que Alcatel, Thomson et Siemens en sont les principaux équipementiers. La première tranche a permis de couvrir 10 000 foyers à Abou Dhabi et 10 000 autres foyers à Dubaï. Une deuxième étape en cours, devrait permettre de raccorder 80 000 autres foyers, pour atteindre d’ici quatre à cinq ans, les 100 000 foyers couverts.

 
 
 
 
 
 

Le site de TV France International
Site d’Emirates Media Incorporated
Site d’Etisalat Cable TV
Site de Zen TV
Site du Dubaï Media City (DMC)
Site du Poste d’expansion économique des Emirats arabes unis
Site du Sheikh Mohammed


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