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Juillet 2001-n°147

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Corée du Sud
De l’atomisation à la concentration
La nouvelle loi sur l'audiovisuel promulguée fin 1999, annonce une nouvelle ère pour le paysage audiovisuel coréen : une restructuration profonde faite de rachats, d’alliances, de mises en place de stratégies de convergence.
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Votée en décembre 1999, la nouvelle loi sur l’audiovisuel en Corée du Sud, « The Integrated Broadcasting Law » fixe un cadre juridique au développement de la diffusion par satellite et à l’émergence des nouveaux médias. Elle remplace notamment la loi de 1991 sur la télévision par câble. Le « Cable and Television Act » a formaté un marché distinctement divisé en trois parties avec les câblo-distributeurs, au nombre de 77 jusqu’alors, les fournisseurs de programmes (29) et les opérateurs de réseaux (2). Cette loi empêchait les câblo-distributeurs d’intégrer plusieurs activités et ne prévoyait aucun cadre pour le développement des nouvelles technologies numériques. Cette impossibilité à développer des stratégies de groupes et la faiblesse des revenus ainsi engendrés rendaient difficiles la consolidation du secteur débutant du câble lancé en 1995. Les opérateurs ne pouvaient même pas exploiter les trois satellites pourtant opérationnels. Parallèlement, les premiers bouquets satellitaires asiatiques fleurissaient. Il était temps pour le gouvernement de légiférer. Le nouveau cadre juridique offre une opportunité pour les acteurs de faire converger leurs compétences technologiques et leur offre de contenus pour renforcer des secteurs qui bientôt, avec l’ouverture du marché coréen, devront faire face à une concurrence étrangère.
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Passage au tout numérique
C’est donc un véritable renouveau pour le paysage audiovisuel coréen, par ailleurs fortement ébranlé par la crise économique de 1997. Le secteur hertzien est stable avec 5 chaînes : MBC (Munhwa Broadcasting Corporation), généraliste avec 27,5% de taux d’audience ; SBS (Seoul Broadcasting System), chaîne privée avec 24% de taux d’audience et dotée d’un réseau de 6 stations en province ; KBS 1 et KBS 2 (Korea Broadcasting System), les deux chaînes publiques avec respectivement 20 et 18% de taux d’audience ; EBS (Education Broadcasting System), chaîne éducative avec 1% de taux d’audience. Pour ces chaînes, les prémisses du numérique se font sentir. En janvier, le gouvernement a annoncé son calendrier de développement du numérique terrestre : fin 2001 pour la mise en place du numérique terrestre à Séoul ; 2003 pour la couverture des métropoles régionales ; 2004 pour celle des grandes villes de province ; 2005 pour l’intégralité du territoire Sud-coréen. Depuis septembre 2000, chaque chaîne hertzienne procède à des expérimentations. Ce plan de passage au tout numérique concerne également le câble et le satellite.
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Le câble se concentre
La transition numérique du câble devrait s’achever en 2003, selon la Korean Cable Television Association (KCTA) et en 2005 l’offre pourrait atteindre 200 chaînes, selon le ministère de l’Information et de la Communication... qui en annonçant de telles perspectives, ne semble pas tenir compte de la loi qui prévoit un quota maximum de chaînes étrangères de 10% du nombre total de chaînes. D’ailleurs, aujourd’hui, le câble distribue seulement 3 ou 4 chaînes étrangères, l’offre actuelle se composant de 29 chaînes autorisées et des 15 licences accordées en mai 2000 pour la création de chaînes coréennes. Le système de distribution du câble en Corée est particulier, puisque cohabitent les system operators (SO) et les relays (opérateurs de réseau de transmission - Master Antenna Television MATV). Les 77 systems operators se partagent un peu plus de 800 000 abonnés plein tarif et 700 000 autres à tarif réduit, leur offrant 29 chaînes autorisées et 3 chaînes « illégales », mais diffusées (CNN, BBC International et la chaîne de l’armée américaine AFKN). 160 000 abonnés ont choisi l’option payante pour recevoir HBO Korea. Les relays, mis en place dans les années 70 pour couvrir certaines zones non desservies par l’hertzien sont entre 800 et 850 et desservent 7 millions de foyers. A l’origine, pour l’équivalent de 12 francs par mois, ils devaient offrir un signal clair des chaînes hertziennes. Mais au final, les abonnés reçoivent, toujours pour le même prix, de 35 à 70 chaînes. L’objectif est de transformer les relays en system operator, le gouvernement ayant placé tous ces acteurs sous la même autorité et les poussant à se regrouper et à adopter les mêmes tarifications et règles. C’est un marché potentiel et unique d’environ 10 millions d’abonnés qui se dessine. Naissent ainsi les Multiple Systems Operators (MSO), parmi lesquels ont déjà émergé STN (Socho Television Network), avec 7 stations dont 3 à Séoul, Chosun, qui possède 11 des 22 system operators de Séoul et C&M Communication qui recense 10 stations à Séoul et rachète sur sa zone tous les relays.
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L’émergence de groupes multimédia
Cette tendance au regroupement se retrouve d’ailleurs à l’échelle des fournisseurs de programmes, avec trois groupes principaux. On Media possède Tooniverse (avec Time Warner via Turner Broadcasting), le Paduk Channel (jeu de Go), OCN (chaîne de cinéma rachetée à Daewoo en 1999) et HBO Korea (ex Catch One rachetée à Samsung). Le groupe prépare le lancement d’une chaîne de jeux. Il vient de s’associer à Cheil Jedang, autre grand groupe pour proposer 21 chaînes à la future plate-forme satellite (voir ci-après), soit celles des deux opérateurs, ainsi que 4 autres petites chaînes du câble. Cheil Jedang possède pour sa part 4 chaînes, la chaîne musicale M.Net, Drama.net, 39 Shopping et Food Channel et projette de développer 10 chaînes thématiques pour le câble et le satellite. Troisième acteur, Next Media Coporation détient le journal Kukmin Daily et a racheté la chaîne de divertissement HBS.
Dans la course aux groupes multimédia, Korea Telecom est aujourd’hui incontournable. Le 19 décembre 2000, la Korean Broadcasting Commission a finalement accordé la licence d’exploitation du futur satellite de diffusion directe au consortium de la Korean Digital Satellite Broadcasting (KDB), mené par l’opérateur de télécommunications. Le consortium Korean Satellite Broadcasting (KSB), dirigé par Dacom, filiale de l’autre major du secteur, le groupe LG, soutenu par News Corp. par l’intermédiaire de Star TV en est le grand perdant. Mais le flou demeure autour du projet KDB, dont l’échéance de mise en place a été fixée à 2001. Certes, un programme de développement, très ambitieux, a été annoncé puisque 74 chaînes sont prévues dès le lancement (pour atteindre 120 en 2005), le plan d’investissement est de 2,5 milliards de dollars sur cinq ans, 2 millions d’abonnés sont attendus en 2005 et les profits sont escomptés pour 2006. Mais avec pas moins de 160 compagnies qui le composent, des chaînes de télévision, en passant par les fournisseurs de technologies, les acteurs du câble et des autres médias ou encore Hyundai Corp. et Asian Airlines, KDB a quelques difficultés à mettre en place ses ressources humaines. Par ailleurs, la réussite du projet dépendra aussi des coûts d’abonnement qui seront pratiqués (ainsi que des coûts d’équipement et d’installation pour les foyers), de l’offre de programmes (l’offre sera plus diversifiée que sur le câble ?) et de l’apport en interactivité. En la matière, Hyundai Department Store et 6 autres grands magasins coréens ont demandé l’obtention d’une licence auprès de la Korean Broadcasting Commission pour créer une nouvelle chaîne de Télé-achat. La plate-forme KDB est donc fortement attendue.
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Premier Séoul Showcase
En mars 2001, TV France International a organisé un véritable périple en Asie du Nord, ajoutant à la 4e édition du Tokyo Showcase, le premier Séoul Showcase, avec le soutien actif des attachés audiovisuels sur place, Julie Tingaud et Eric Soulier. Ces deux événements ont permis à 27 sociétés françaises contre 22 en 2000, de rencontrer l'ensemble des interlocuteurs de ces deux pays, chaînes hertziennes, du câble et du satellite, distributeurs, agences de publicité et producteurs.
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