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Antennes : histoire

Dernière mise à jour :
20/09/2002

 

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Aout 2001-n°148

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Stratégies
Quel(s) modèle(s) économique(s) ?
Du rapport Levrier, au rapport Cottet-Eymery, à celui de Raphaël Hadas-Lebel et aux analyses du secrétariat d’Etat à l’Industrie, tous les experts sont formels, le succès de la mise en place de la TVNT en France dépend du choix d’un modèle économique adapté aux conditions spécifiques de notre pays : réglementaires, économiques et consuméristes.
 
 
© Philips
Il n’est pas de modèle économique qui ne se fonde simultanément sur une approche du marché auquel il s’applique, sur les produits auxquels il s’intéresse et sur les ressources et les modes de financement qui font vivre ses acteurs. Tous les analystes en sont d’accord : globalement, le financement de la télévision pour l’Europe en général et la France en particulier, provient en premier lieu de la publicité puis de la redevance, et le péage demeure minoritaire dans le chiffre d’affaires de ce secteur. Toutefois, la part de ce dernier connaît une croissance régulière (qui va se poursuivre) alors que celle des deux autres modes de financement apparaissent relativement stabilisées. Par ailleurs, le marché européen de la télévision est constitué de marchés nationaux et, même si certains opérateurs ont acquis depuis quelques années une dimension européenne, peu de chaînes paneuropéennes existent ou ont trouvé un équilibre financier.
La télévision numérique, qui a démarré en Europe en 1996, touche aujourd’hui à peine 20% de la population, ceci principalement dans cinq grands marchés qui tous ont des caractéristiques différentes (Allemagne, Espagne, France, Grande-Bretagne et Italie). Elle s’est essentiellement développée sur le vecteur satellitaire (75% environ). En effet, la numérisation du câble, qui nécessite des investissements beaucoup plus importants, est bien plus lente. Le numérique terrestre devrait ainsi accroître le nombre de foyers européens recevant la télévision numérique. En effet, on peut partout constater que plus la concurrence numérique est forte, plus la croissance du marché l’est. Tout donne à penser que la TVNT, devrait largement participer au développement de la télévision numérique en Europe, particulièrement en France, comme cela est déjà le cas en Grande-Bretagne et en Espagne.

 
 
Le modèle français
L'analyse des premiers lancements et les différentes études réalisées sur le sujet, ont permis à la France de trouver une voie médiane, inscrite dans la loi mais qui pourra être adaptée sur le terrain tant par l’action du régulateur, le CSA, que par les stratégies des opérateurs. Celles-ci, on peut le penser aujourd’hui aboutiront à une certaine complémentarité, au moins pour ce qui concerne l’équilibre, secteur public/secteur privé et gratuit/payant, et les relations avec le câble et le satellite. En effet, l’objectif est de permettre au plus grand nombre possible de Français de recevoir des programmes de télévision numérique. En effet, le câble et le satellite ne peuvent, pour leur part, en raison de leur caractère entièrement payant – et de l’impossibilité pour le câble de couvrir les zones rurales –, se donner un tel but. Sur cette base, il a été choisi de donner une belle part à l’offre en clair s’adressant à l’ensemble des foyers et financée par la redevance et la publicité. Ce choix, lié à un simulcast analogique/ numérique des chaînes historiques publiques et privées, devrait permettre d’assurer une transition plus rapide vers le numérique qui pourra être favorisée par l'initialisation simple des foyers, mais aussi par le lancement sur le marché de téléviseurs numériques intégrés. Toutefois, cette offre devrait associer aux chaînes existantes, une nouvelle offre originale et de qualité pour apporter aux consommateurs le plus numérique permettant de les séduire.
L’offre payante favorisera l'initialisation d'une première base d'abonnés. Son mode de fonctionnement sera fondé sur la location de décodeurs ou sur leur subventionnement par les opérateurs. Dans la mesure où sa clientèle sera plus réduite et son déploiement plus limité, elle viendra en complément et en enrichissement de la part gratuite du bouquet TVNT. De plus, il est clair que le marché publicitaire et la redevance ne pourront financer qu’un nombre limité de nouvelles chaînes. Aussi, le modèle du péage apparaît indispensable pour permettre aux opérateurs de financer et développer de nouvelles chaînes et des services originaux.
On retrouvera ainsi dans l’offre de TVNT française, à la fois des opérateurs existants diffusant des programmes en hertzien analogique, ou en numérique sur le câble et le satellite et des nouveaux entrants. Les premiers devraient lancer des nouveaux services à moindre coût en déclinant en numérique des services existants. Les nouveaux opérateurs pourraient pour leur part favoriser une offre originale. Les deux types d’opérateurs devraient créer de nouveaux services interactifs.
Enfin, et c’est une des clés du modèle économique de la TVNT en France, les décodeurs devront être interopérables entre les opérateurs et pouvoir donner accès tant aux services gratuits qu’aux services payants. C’est la condition pour que la pluralité des opérateurs présents sur les six multiplexes ne génère pas une concurrence frontale entre eux qui pourrait être fatale à tous, alors qu’elle peut profiter à chacun.

 
 
© Incidences
National et local
De façon à favoriser l’adoption de la TVNT par les Français, il a été choisi d’assurer un équilibre entre chaînes nationales et services de diffusion locale, ce que permet facilement ce mode de diffusion de la télévision et ce qui pourra encourager la création d’un secteur audiovisuel local peu développé en France par rapport à d'autres pays européens. Car les difficultés du financement des chaînes locales en France, notamment publicitaire, ont réduit ce secteur à la portion congrue. Non encore résolue, l’ouverture à la publicité de la grande distribution pourrait constituer un accélérateur. Pour autant le problème économique des télévisions locales sera-t-il résolu? Trois modèles économiques de financement se confrontent aujourd’hui : la syndication, le décrochage et les chaînes locales indépendantes. La syndication consiste pour des chaînes de télévision locales à se fédérer pour acheter des programmes et vendre de la publicité ensemble. Le décrochage correspond au financement à coût marginal de chaînes locales à partir d'une chaîne nationale. Enfin, les chaînes locales indépendantes pensent pouvoir vivre essentiellement de la publicité locale, d’un peu de publicité nationale et d’aides diverses.
Il ne semble pas que la priorité sera donnée dans un premier temps à une offre large de nouveaux services, notamment interactifs. Toutefois, les opérateurs développeront probablement dès le lancement TVNT, quelques services interactifs de base, pour offrir une « télévision améliorée » comme produit d’appel. Ces services devraient ainsi jouer un rôle dans le marketing des opérateurs et favoriser l’introduction du commerce électronique, des services internet simplifiés et des e-mail.

 
 
 
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