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Dernière mise à jour :
29/03/2002

 

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Juillet 2001-n°147

© Dominique Simon/France Télécom

Expérimentation
Les performances du Vraiment Très Haut Débit
Dans le cadre des programmes de recherche coopérative RNRT, France Télécom, l’INRIA (Institut national de recherche en informatique et en automatique) et le GET (Groupe des Ecoles de Télécommunications) ont rendu publiques les premières conclusions des tests qu’ils ont menés pendant dix-huit mois sur le réseau internet VTHD (Vraiment Très Haut Débit).
 
 

© Dominique Simon/France Télécom

Déployé au premier trimestre 2000 par France Télécom R&D, le centre de recherche de France Télécom, avec le soutien de France Télécom Longue Distance, le réseau expérimental VTHD (vraiment très haut débit), testé en différents points affiche d’ores et déjà des performances impressionnantes, et augure de nouvelles perspectives d’applications. Il atteint un débit potentiel de 40 gigabits par seconde (Gbit/s) en cœur de réseau. Le réseau dorsal comporte 8 points de présence permettant l’interconnexion de sites localisés en région parisienne, à Grenoble, Lannion, Rennes, Caen, Rouen, Nancy, et sur la technopole de Sophia-Antipolis. La plupart des sites sont raccordés au travers de connexions Gigabit Ethernet, autorisant ainsi un débit de 800/900 mégabits par seconde (Mbit/s) de site à site, ce qui représente par exemple la diffusion du contenu d’un Cédérom plein de textes et d’images, d’un ordinateur à l’autre, en seulement quelques secondes.
Pour réaliser cette performance, France Télécom R&D a relié des routeurs nouvelle génération ou gigarouteurs, par des canaux de transmission optiques haut débit en exploitant la technologie dite de multiplexage en longueurs d’onde, qui permet d’utiliser simultanément plusieurs canaux ou longueurs d’onde en parallèle dans la fibre optique. Le service Ipv4, fourni au départ, sera progressivement remplacé par un nouveau service de transport Ipv6. Le projet a été labellisé par le RNRT (Réseau national de la recherche en télécommunications) le 7 juillet 1999.

 
 

© VTHD:www.vthd.org

Demande de bande passante
« La demande de bande passante des particuliers comme des entreprises est en très forte croissance. Pour anticiper les besoins futurs, France Télécom a pris l’initiative de pousser aux limites, avec le projet VTHD, les évolutions technologiques les plus récentes de l’internet nouvelle génération. La maîtrise de ces nouvelles solutions permettra d’offrir les applications les plus innovantes et une forte augmentation des capacités dans un contexte de baisse des coûts à débit constant. Nous avons souhaité mener ce projet avec des partenaires, de manière ouverte : la coopération entre les aspects réseaux et les applications est une source d’enrichissement mutuel, une des clés du succès dans le monde de l’internet », explique Jean-Jacques Damlamian, directeur exécutif de la branche Développement de France Télécom.

 
 

© Groupe des Ecoles de Télécommunications

Applications concrètes
France Télécom R&D s’est associée très tôt pour ce projet avec l’INRIA et le GET, des partenaires majeurs dans le domaine de l’internet nouvelle génération afin d’expérimenter avec succès de nombreuses applications dans des domaines variés concernant le monde de la recherche et de l’industrie. Trois grands domaines ont été privilégiés : les applications multimédia interactives, les systèmes de calcul et de caches distribués et les applications audiovisuelles.
Grâce à sa capacité en débit exceptionnelle, le réseau VTHD permet notamment de :
- favoriser l’enseignement à distance,
- développer les techniques nécessaires à l’apprentissage du geste médical à distance,
- atteindre les potentialités attendues du calcul informatique distribué,
- mettre en place des systèmes distribués pour les mémoires « cache » web,
- permettre la sauvegarde en ligne de très grosses bases de données,
- diffuser de la TV haute définition sur un réseau internet,
- accélérer les process industriels...,
tout en assurant une excellente qualité de service et en qualifiant le comportement du réseau face à des applications très haut débit.

 
 
Expérimentations
Les différents sites du GET sont maintenant reliés à très haut débit (les capacités de ce réseau ont été multipliées par 500), ce qui permet aux chercheurs de cette structure localisée dans des sites distants de posséder un outil performant d’expérimentation et de travail collaboratif. « C’est de plus la plate-forme idéale pour développer notre recherche sur les nouveaux usages dans la société de l’information pour lesquels le haut débit contribue à la «transparence» du réseau », explique Claude Guéguen, directeur scientifique du GET. Ainsi, l’expérimentation de formation à distance menée par le GET et son Centre de ressources en innovation pédagogique et technologie (CRIPT) a permis de développer des services à valeur ajoutée comme la mise à disposition de ressources pédagogiques de type hypermédia consultables en ligne, le tutorat à distance par visioconférence de haute qualité, et la création de communautés d’apprentissage entre apprenants. Le GET a également conçu une architecture permettant d’offrir des classes de service se différenciant par la qualité de transfert offerte par le réseau. L’architecture se base sur une approche innovante : les « Policy Managed Networks » et met en œuvre une configuration automatique et dynamique des composants du réseau en fonction de l’état mesuré de ce dernier et de l’attente des usagers par rapport aux divers modèles de service offerts. De plus, le GET a expérimenté des outils permettant de mesurer de manière fine le comportement des réseaux, en particulier suivant les différentes classes de services et d’appliquer les résultats au dimensionnement et à l’optimisation du réseau.
Une autre expérimentation a été conduite en collaboration avec l’Hôpital européen Georges Pompidou et l’INRIA qui concerne le télé-apprentissage du geste médical. Le réseau VTHD permet de réaliser et d’interpréter à distance des résultats d’examens médicaux sophistiqués comme les scanners, et de favoriser une collaboration plus fine entre des équipes médicales éloignées pour prévoir à plus long terme l’enseignement de la chirurgie à distance. « Le Vraiment Très Haut Débit est une nouvelle technologie qui, pour nous, est déjà fonctionnelle, bien qu’encore objet d’expérimentation pour l’opérateur de réseau. Côté utilisateur, le réseau VTHD a fait ses preuves : nos chercheurs l’utilisent quotidiennement pour en découvrir les usages possibles. En tant qu’institut de recherche, nous apportons notre soutien aux initiatives qui développeront l’activité économique. Notre objectif est de découvrir tous les services et produits d’application que va permettre le très haut débit », avance Gilles Kahn directeur scientifique de l’INRIA. Cette initiative de réseau expérimental d’internet nouvelle génération pourra dans l’avenir s’ouvrir à de nouveaux partenaires.

 
   
 
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