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Dernière mise à jour :
30/05/2001

 

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Décembre 2000-n°140

© P.F. Grosjean/F.T

Internet Mobile
L'Accélérateur GPRS
Au cours de l’année 2000, les opérateurs de téléphonie mobile auront adopté une nouvelle technologie, le GPRS. En attendant le passage à l’UMTS et aux mobiles dits de 3e génération, le GPRS accélère l’orientation des téléphones portables vers le multimédia et l’interactivité.
 
 

© Alcatel

En septembre 1999, France Télécom effectue la première communication GPRS sur réseau expérimental ; en avril 2000, l’opérateur annonce l’intégration de cette nouvelle technologie dans son réseau Itinéris à Lille, puis sa généralisation à tout le réseau d’ici la fin du 1er trimestre 2001. Déjà, la moitié nord de la France est couverte. SFR et Bouygues Télécom promettent également l’opérabilité de leur réseau GPRS sur l’ensemble du territoire d’ici à fin 2000. Les fabricants de leur côté ont lancé commercialement les premiers mobiles GPRS. Pourquoi un développement aussi fulgurant de cette technologie ? Parce qu’elle représente un grand pas vers les nouveaux services multimédia de qualité sur les mobiles et que les consommateurs en semblent très friands. En effet, les taux de croissance annuelle des transmissions de données sont estimés à 50 %.

 
 

© G.Dauchy /F.T

Un turbo pour les données
Le GPRS (General Packet Radio Service) permet d’offrir un nouveau service/support de transmission de données en mode « paquet » sur les réseaux GSM. On comprend mieux l’intérêt de cette norme puisque le GSM, norme développée en Europe par ETSI, a été maintenant adoptée dans plus de 150 pays et compte près de 200 millions d’utilisateurs. Le GPRS permet donc d’optimiser le réseau GSM et son utilisation pour des services de type internet. Il offre, en effet, des taux de transfert de données 4 à 6 fois plus rapides que ceux proposés sur le GSM. De l’ordre de 100 Kbits/s, les vitesses de transfert seront semblables à celles obtenues par RNIS (Réseau Numérique à Intégration de Services). En outre, le mode « paquet » signifie qu’après l’ouverture d’une session vers internet ou vers un intranet, le raccordement IP de l’utilisateur est permanent comme pour une connexion ATM (Asynchronous Transfer Mode) ou ADSL (Asymetric Digital Subscriber Line). Ainsi les services diffusés via cette technologie pourront éventuellement être facturés non plus au temps de connexion mais au volume de données transmises.
Pour mettre en œuvre cette technologie, une évolution importante des réseaux GSM existants est nécessaire. L’infrastructure subit des modifications essentiellement logicielles au niveau des stations de base (stations radio fixes). Plus complexe, un cœur de réseau (backbone) en technologie IP doit être mis en place. Cette étape servira par ailleurs pour la transition à l’UMTS et constitue donc un pas fondamental.

 
 

© vizzavi

Usages multimédia
Les applications principales découlant de la technologie GPRS sont essentiellement l’accès radio aux réseaux IP, de type internet et intranet. Pour consulter les services internet ou intranet, deux solutions sont alors possibles : soit relier un micro-ordinateur à un terminal GSM/GPRS, soit insérer une carte PC GSM/GPRS dans cet ordinateur. Conçu pour le mobile, le GPRS pourrait également percer dans certains cas pour des utilisateurs et un usage fixe. Sur le téléphone portable à proprement parler, l’utilisation du protocole Wap permettra d’accéder à quelques-unes des applications liées à internet (messagerie électronique, mais aussi réservations à distance pour services à domicile, consultation de compte bancaire et de banques de données, programmes de cinéma, météo, billetterie à distance, etc.). La connexion permanente permettra de recevoir l’information en push de façon continuelle. Dans une deuxième phase, les fonctionnalités du GPRS pourront s’étendre pour favoriser le transfert de données point à multipoint, offrant des applications de diffusion d’informations (trafic routier, informations pratiques, gestion de flottes de mobiles, etc.) et applications de téléconférence. Ces services présenteront un intérêt professionnel en ayant la possibilité d’être réservés dans leur usage à des groupes fermés d’utilisateurs. Il est également toujours possible d’envoyer des messages courts SMS à travers des canaux radio GPRS.
Lors du GSM World Congress 2000, à Cannes en février 2000, les opérateurs présentaient leurs diverses expérimentations pilotes en matière de réseaux et services GPRS. Ainsi, SFR présentait un réseau pilote équipé par Alcatel, avec des applications destinées aux travailleurs mobiles, pour consulter des images ou de la vidéo, ou communiquer par courrier électronique. La consultation s’effectuait sur un ordinateur portatif, voire un organiseur de poche. Lors de «La Semaine des Télécoms», en septembre dernier, France Télécom testait, sur son réseau Itinéris, le Wap en roaming GPRS (fondement des futurs services pan-européens).
Le développement du GPRS suppose, outre la mise aux normes et l’équipement adéquat des réseaux de téléphone mobile aujourd’hui existants, la commercialisation de récepteurs adaptés. Les fournisseurs d’équipements mobiles ont donc développé des terminaux incluant la fonction GPRS, dont les premiers modèles ont été présentés fin 1999 et commercialisés en 2000. Ainsi, les opérateurs ont conclu des partenariats avec des industriels pour lancer leur offre GPRS : par exemple avec Alcatel, Ericsson, Motorola, Nokia, Nortel et Sagem. Au niveau des appareils, on distingue trois catégories de mobiles GPRS. La première concerne les téléphones mobiles pouvant être en communication simultanément sur le service GPRS et sur d’autres services GSM en mode circuit ; la deuxième regroupe les appareils pouvant écouter simultanément les deux signalisations GPRS et GSM, mais des communications en mode circuit GSM et en mode paquet GPRS ne peuvent avoir lieu simultanément ; la troisième comprend les mobiles pouvant être activés soit sur le réseau GPRS, soit sur le réseau GSM et ne permettant pas d’écouter les deux signalisations simultanément. Les fabricants poursuivent parallèlement à la commercialisation de leurs premiers modèles GPRS, leur recherche et développement sur les terminaux du futur. A titre d’exemple, signalons le prototype de Vodafone Airtouch qui s’est associé à Casio pour concevoir des PC de poche multimédia reliés sans fil à la toile, grâce au GSM et au GPRS. L’écran tactile en couleur de l’appareil intégrera une caméra pour la visioconférence. Il est également prévu qu’il puisse servir de baladeur MP3. Ce mobile est compatible avec Javascript ou les cookies. A l’instar d’un PC miniature, il peut lire une bande-annonce de film ou un clip-vidéo diffusé en ligne.

 
   
 
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