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Antennes : histoire

Dernière mise à jour :
24/09/2001

 

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Janvier 2001-n°141

© DR

AM numérique
La solution DRM
Le Task Group 6/6 de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) a rédigé avec succès le texte de la recommandation en faveur de la solution présentée par le consortium Digital Radio Mondiale (DRM) en matière de numérisation de la diffusion en modulation d’amplitude.
 
 
Constitué officiellement en mars 1998, le consortium Digital Radio Mondiale (DRM) regroupe 64 membres, parmi lesquels des radios de nombreux pays, des opérateurs de réseaux, des industriels de l’électronique professionnelle et grand public et des laboratoires de recherche pour définir les spécifications techniques, applicatives et commerciales de la modulation d’amplitude numérique dans les bandes comprises entre 150 kHz et 30 MHz. Après deux ans de travaux, le système mis au point par les membres de DRM a franchi une étape importante de son développement, puisque suite à l’appel à propositions de l’Union Internationale des Télécommunications concernant la modulation d’amplitude numérique, il a reçu un avis favorable de la commission d’étude compétente (CE6). Le 26 octobre 2000, la CE6 de l’UIT a rédigé une recommandation présentant la réponse apportée par DRM. D’ici la fin du premier semestre 2001, cette recommandation devrait être approuvée par l’ensemble des Etats membres de l’UIT, ce qui permettra aux membres de DRM d’engager le processus de standardisation.

 
 

© DR

Des essais concluants
La proposition remise à l’UIT comprenait un rapport descriptif de la technologie adoptée par DRM, les résultats de tests menés en laboratoire en mai 2000, ainsi qu’un rapport sur les dernières expérimentations grandeur nature menées aux mois de juillet et août 2000, avec le système DRM quasi définitif.
Les avantages de l’AM numérique sont une qualité audio comparable à celle de la FM, dans la même largeur de bande spectrale nécessaire à une diffusion analogique, avec une consommation d’énergie moindre et donc un coût de revient en baisse. Grâce au simulcast, les récepteurs analogiques pourront par ailleurs continuer à recevoir l’AM. Plusieurs expérimentations ont permis de confirmer ces éléments. Un test a eu lieu en ondes hectométriques, en juillet 2000, à partir d’un émetteur du site d’Orfordness de la BBC en Angleterre à destination de l’Allemagne, à proximité de Nüremberg, une zone initialement non couverte par l’émetteur. Les tests s’effectuent par séquence d’une demi-heure, avec une alternance d’une même séquence sonore transmise à trois secondes d’intervalle en analogique puis en numérique. La comparaison des deux réceptions a montré une propagation analogique de nuit, moyenne, perturbée par une station venant d’Espagne alors que la propagation numérique n’a souffert d’aucune perturbation. Le débit du signal numérique était de 25 kbits/s. L’absence d’interférence en ondes courtes grâce à la numérisation constitue un réel progrès. Les résultats obtenus sont comparables à la qualité de diffusion et d’écoute de la FM Mono.

 
 
Expérimentations ondes courtes
Les tests de juillet et août portaient aussi sur la robustesse du signal dans le cas d’une diffusion en ondes courtes, c’est-à-dire après un parcours ionosphérique. Ces tests ont eu lieu à partir d’un émetteur de la Deutsche Welle, situé à Sinés au Portugal qui diffusait vers la Finlande à environ 3 500 km de distance. Ce test diurne, en ondes décamétriques, au mois d’août, s’est révélé de haute qualité. Pour protéger le signal, le débit audio a dû être réduit pour affecter les bits de contrôle. Le débit du signal lors de ce test a donc été limité à 22 kbits/s. Un autre essai à partir de ce même émetteur a été reçu à Chypre, également en journée au mois d’août, soit un trajet d’environ 3 600 km. Compte tenu de la période, la réception pouvait s’avérer difficile, en raison de la propagation et de la présence d’une station sur le canal adjacent en analogique. Le signal numérique a dû être suffisamment protégé, ce qui a donné un débit audio de 16 kbits/s. Le signal recueilli a présenté une parfaite stabilité et une qualité propre et proche de la FM avec moins de fréquences élevées. La qualité a donc été volontairement minorée pour améliorer la robustesse du signal et sa réception.
Les codages audio à 22 et 25 kbits/s ont été obtenus avec un codage AAC (Advanced Audio Coding), auquel a été ajouté un codage SBR (Spectrum Band Replica) pour les fréquences élevées du spectre audio. En la matière, aucun choix n’a été définitivement arrêté puisque TDF CCETT propose également une solution équivalente au SBR avec le système PAT. Des tests comparatifs seront réalisés en laboratoire en Allemagne.

 
 

© TDF

Prochaines étapes
Si l’ensemble de ces tests était suffisant pour présenter une recommandation à l’UIT, la consolidation du système nécessite aujourd’hui des tests supplémentaires dans le cadre de DRM, qui ont débuté courant décembre 2000 et permettront de qualifier les différents modes du système final. Les prochains tests intègreront la plupart des composantes du système. Ils seront effectués sur des moyennes et longues distances, ainsi qu’en zone tropicale avec des essais d’émissions quasi verticales en basse fréquence, dans un rayon proche de l’émetteur afin de vérifier le comportement du signal au niveau de l’Equateur. Cette nouvelle campagne de tests devrait se dérouler sur plusieurs mois consécutifs afin de recueillir des informations sur une plus longue durée. Néanmoins, ceci implique d’installer des récepteurs qualifiés et expérimentaux qui offrent des capacités de téléinformation et de télécontrôle avec rapatriement des données et intervention à distance. Suite à ces expérimentations, chaque membre pourra mener d’autres essais pour son propre compte. TDF envisage de s’impliquer dans cette nouvelle campagne de tests après les essais qu’elle a menés en 1997 dans le cadre de DRM. (cf. Antennes n°113 - juillet 1998).
La fonction commerciale est prise en compte depuis le début du programme DRM afin que la norme éditée présente les fonctionnalités attendues par le public au niveau du récepteur. Le processus accorde aujourd’hui une place de plus en plus grande à la commercialisation. Le comité commercial de DRM s’organise pour mobiliser les fabricants de récepteurs, et la grande distribution dont le rôle sera déterminant dans la diffusion auprès du grand public. Il s’avère ainsi primordial de recueillir l’avis de la grande distribution sur le design des récepteurs. Les partenariats mis en place pour l’éducation du marché relève d’une démarche visant la réhabilitation en France notamment de l’écoute de l’AM par le grand public.
Au sein de DRM, TDF est très active, tant au niveau de la recherche fondamentale avec TDF CCETT que par sa participation au comité de pilotage et aux groupes de travail technique et commercial. Le lancement de récepteurs dédiés est escompté pour 2003. Les premiers écrans associés aux récepteurs devraient voir le jour sur le marché en 2005/2006.
En effet, un certain nombre d’applications qui relèveront de la numérisation de la modulation d’amplitude impliqueront l’utilisation d’un écran. Ces applications sont rendues possible grâce à la faculté d’insérer dans la trame du signal, des données, en particulier une image fixe. Si on ajoute un écran au récepteur, l’auditeur - radiospectateur pourra ainsi visualiser la carte météo, des informations sur la publicité diffusée, la pochette de l’album qu’il écoute, etc. Les applications imaginées pourront aussi s’inscrire dans un cadre culturel et éducatif puisqu’il sera possible de dicter un texte et de le voir s’afficher sur l’écran. On imagine les possibilités offertes pour l’apprentissage d’une langue. L’AM numérique offre donc de belles perspectives de développement aux opérateurs de réseaux actuels de l’AM comme aux éditeurs de programmes. En particuliers, l’AM numérique pourrait s’imposer comme un outil pédagogique puissant et peu onéreux dans le cadre de plans de développement humanitaire.

 
   
 
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