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Antennes : histoire

Dernière mise à jour :
30/08/2001

 

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Aout 2001-n°148

© DR

Entretien avec Marc Rennard, directeur général de TDF
« TVNT : Télévision Numérique pour Tous »
Pour Marc Rennard, directeur général de TDF, les conditions de la réussite de la TVNT sont claires : plus de programmes, plus de qualité et, surtout, un nombre suffisant de programmes en clair afin de favoriser l’avènement de la « télévision numérique pour tous ».
 
 
« Pour Marc Rennard, directeur général de TDF, « l’Etat a préparé une loi qui laisse un espace de manœuvre important. Le CSA s’y voit conférer le rôle majeur de créer les meilleures conditions de réussite pour celle-ci et d’en fédérer les acteurs avec souplesse. La tâche est complexe. En effet, les grands groupes de communications et de télévision français doivent disposer d’un espace réglementaire et économique suffisant pour pouvoir constituer et proposer une offre séduisante. Car, si leur implication est indispensable à la réussite du projet, ils ne l’attendaient pas a priori. Elle constitue une source potentielle de concurrence nouvelle et ces secteurs vont naturellement chercher peu ou prou à retrouver leurs parts de marché actuelle en analogique, face aux « nouveaux entrants ». La loi a d’ailleurs tenu compte de cette situation en assouplissant la règle financière des 49% et en laissant des conditions relativement ouvertes pour la composition des multiplexes ».
 
 

© Jean-Paul Houdry

Répondre à l’acteur majeur qu’est le public
« Il faut donner à la TVNT toutes ses dimensions », souligne Marc Rennard. « Elle peut apporter le numérique au plus grand nombre, y compris dans ses dimensions multimédias. Elle est un instrument de réduction de la fracture numérique et doit devenir la Télévision Numérique pour Tous ». Homme de marketing, il estime « qu’à l’évidence les téléspectateurs » c’est-à-dire le marché, décideront. En théorie, comme en pratique, ils sont les acteurs les plus importants. On peut augurer sans peine que le grand public attend des améliorations de la qualité, technique comme le 16/9 et le son stéréo, mais surtout une offre élargie, de qualité et sans bourse délier. C’est pourquoi, il m’apparaît déterminant que la part de l’offre gratuite soit importante. Mais, pour des raisons économiques, elle ne pourra occuper la totalité des multiplexes et il est difficile de dire si elle sera suffisante pour déclencher l’achat d’un décodeur ou d’un téléviseur numérique. Aussi, il faut structurer une offre globale cohérente, capable de satisfaire des demandes segmentées. Il ne faut pas oublier l’interactivité qui ouvrira à beaucoup les portes de la société de l’information. Malheureusement, on ne décrète pas la qualité des contenus, celle-ci ne peut être vérifiée qu’à posteriori. Les nombreuses études qui ont été réalisées sur les attentes des publics n’ont qu’une valeur limitée ». Marc Rennard insiste alors sur la « portabilité, c’est-à-dire, la possibilité de déplacer un téléviseur sans être raccordé à une antenne râteau. Celle-ci constitue l’un des atouts importants du numérique terrestre et pourrait apporter à la télévision, en termes d’usage, ce qu’elle a apporté à la radio. Elle devrait concerner 40% à 50% de la population couverte, dès l’ouverture des réseaux ».

 
 

© Jean-Paul Houdry

Viser la meilleure couverture
« Il faut viser la meilleure couverture pour atteindre un maximum de foyers, » pense Marc Rennard. « La couverture se fera au rythme de la planification du CSA. En théorie, les 6 réseaux planifiés atteindront à terme au moins 80% de la population. Les 30 premiers sites permettront une couverture de plus de 50% de la population, essentiellement dans les grandes métropoles. Le reste se fera progressivement et il est probable que l’on trouvera des fréquences de complément pour étendre la couverture avec quelques centaines de réémetteurs. Il y aura des incitations fortes, notamment en matière d’antennes collectives, pour que tout le monde en profite. Mais pour toucher les dernières zones, il sera sans doute raisonnable d’avoir recours à des moyens comme le satellite afin de compléter le dispositif ».

 
 

© Jean-Paul Houdry

Quelle offre ?
Lorsqu’on lui parle des acteurs qui vont construire la TVNT, Marc Rennard réaffirme que « les éditeurs de contenus détiennent la clé de la réussite. Il n’existe pas de réseau de distribution commerciale fonctionnant sans produits de qualité répondant aux aspirations des consommateurs, et, là, le débat n’est pas clos. Les chaînes généralistes, publiques et privées, vont construire à cet effet des offres élargies afin de mieux séduire les publics, ceci sur de larges bases. Les nouveaux entrants vont créer des chaînes de toutes pièces, principalement thématiques. Enfin, si la TVNT apparaît comme une chance pour les chaînes locales, il ne faut pas oublier qu’elle ne résoud pas automatiquement la question de leur modèle économique. Quant à l’interactivité, elle semble prometteuse. Elle ne concernera au début qu’un petit nombre de télespectateurs mais elle sera à terme un moyen de permettre à beaucoup d’accéder à de nouveaux services et notamment au courrier électronique. Dans tous les cas de figure, et pour tous les types de services, le marketing, service par service, multiplexe par multiplexe, mais aussi pour l’ensemble de l’offre, sera déterminant.

 
 
Les conditions de la réussite
« De fait, explique Marc Rennard, les conditions de la réussite sont nombreuses. On ne peut pas se contenter de les remplir une par une car leur interdépendance est totale. Elles constituent un ensemble que les acteurs devront coordonner pour lui donner sa cohérence : programmes, antennes, récepteurs, décodeurs interopérables, guide de programme commun, réaménagement des fréquences, règles du jeu, marketing et communication, rythme de déploiement des réseaux. Nous ne disposons que d’un temps limité et il faut éviter d’aller à la bataille dans le désordre. La date du lancement commercial doit être rapidement fixée, et ce n’est pas seulement une affaire technique. L’enjeu est marketing, commercial, et de programmes. Sur le plan technique, il serait souhaitable que les réseaux soient opérationnels au cours de l’automne 2002, afin que les ventes de Noël des téléviseurs numériques puissent se faire dans de bonnes conditions. »

 
 
Un univers concurrentiel pour TDF
« Pour TDF, la concurrence sera totale, nous y sommes préparés. Nous allons remplir une fonction de prestataire technique offrant une gamme de services large, notamment en matière de gestion technique des multiplexes pour nos clients opérateurs de ces multiplexes et attributaires des autorisations de fréquences. Nous engagerons à l’automne une première tranche d’investissements de déploiement, et le reste suivra tout au long de l’année 2002, en fonction de l’avancement de nos discussions commerciales. Nos concurrents voulant utiliser nos sites bénéficieront des mêmes caractéristiques techniques que nous, aux mêmes conditions économiques. Comme pour la FM et le DAB, la différence entre eux et nous se fera sur la qualité du service et sur son coût. Les télévisions sont habituées à un certain niveau de qualité de leur diffusion. Elles n’accepteront pas que celle-ci soit inférieure en TV numérique. Si le numérique terrestre constitue une opportunité de développement pour TDF, il n’est qu’un de nos axes de croissance. Les prestations aux opérateurs de télécommunications, l’international, les prestations vidéo, les nouveaux services en sont d’autres, tout aussi importants ».

 
   
 
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