Mardi 18 novembre 2003  
TDF
Réseaux & Technologies
Médias & Services
Dossier
Actualités & Evénements
Professionnels
Produits
Economie & Statistiques
Tribune
En Bref
Nos liens
Recherche
 
Recherche approfondie
Lettre d'information
 
Contactez-nous
Tous savoir sur le magazine Antennes

Dernière mise à jour :
14/11/2003

 

Powered by iSide.net

 
Accueil > Tribune
 
Envoyer cet article

Novembre 2000-n°139

© Theresa Murphy

Jean-Pierre Hoss, directeur général du CNC
Haut débit : une opportunité pour la diffusion des programmes

Parce que la culture française est présente partout dans le monde, sans l’être jamais de façon massive, l’arrivée de l’internet à haut débit représente une opportunité historique de toucher efficacement des millions de personnes parfaitement ciblées, réparties sur tous les continents, et qui ont en commun d’aimer notre pays. Il faut saisir cette opportunité.
 
 
Quelques balises pour dessiner l’environnement : au cours de la décennie que nous sommes en train de vivre, entre 1995 et 2005, le nombre d’utilisateurs d’internet est en train de passer de 44 millions à...765 millions. La composition géographique de cette nouvelle tribu mondiale est marquée par la remontée de l’Europe et de l’Asie, qui représenteront dans cinq ans une population d’internautes de taille comparable à celle des Américains. Parallèlement, on nous annonce que le nombre de lignes à haut débit, encore modeste aujourd’hui, pourrait aussi connaître des croissances exponentielles : selon une étude récente (*), 2,2 millions de modems haut débit se sont vendus dans le monde au cours du seul 1er trimestre 2000.
Les débits faibles dont nous disposons aujourd’hui, qui n’autorisent qu’une utilisation très dégradée de l’image et de la vidéo, ne doivent donc pas faire illusion : demain, la généralisation du format «tout numérique» va permettre une exploitation multi-réseaux des produits audiovisuels, tandis que le développement massif du haut débit permettra une véritable convergence des « tuyaux », des écrans, et des services offerts. Une utilisation radicalement différente de l’internet est en train d’apparaître. Plusieurs acteurs de la « net-économie » l’ont bien compris et travaillent sur de nouveaux concepts de sites de diffusion de programmes courts et de produits à la tonalité éditoriale nouvelle. Ces nouveaux entrants sont créatifs, réactifs et très motivés. Ils cherchent à prendre de vitesse les acteurs installés sur le marché. Dans le même temps, des producteurs audiovisuels reconnus basculent sur le net pour expérimenter de nouvelles stratégies.

 
 
Cette chance pour la diffusion de la culture française comporte évidemment des obstacles qu’il ne faut pas méconnaître : le premier d’entre eux est celui des coûts de numérisation des programmes ou des films, notamment anciens, qui nécessitent souvent une restauration onéreuse. Le risque de piraterie, justement redouté par les producteurs est également une difficulté sérieuse. Les progrès du cryptage et des techniques de tatouage des œuvres apporteront cependant des éléments de réponse à cette crainte, pour laquelle la comparaison avec l’univers de la musique a certaines limites techniques.
Les risques concernant les droits d’auteur doivent aussi être étudiés avec le plus grand soin, même si la pratique des ayants droit et des producteurs est d’intégrer systématiquement les droits internet dans les contrats nouveaux ou le renouvellement des droits anciens. Mais au niveau des droits voisins, la rémunération des artistes interprètes et des artistes salariés est une question difficile.
Pour les films de long métrage, se posera également la question délicate de la chronologie des médias.
Sur toutes ces questions, le CNC s’organise pour apporter sa part de réponses. Sa nouvelle direction du multimédia a d’ores et déjà mission de développer les dispositifs de soutien aux œuvres audiovisuelles destinées à l’internet et aux créateurs multimédias et d’apporter son concours aux débats juridiques sur les droits, aussi bien qu’à la création d’un nouveau réseau de veille technologique avec les professionnels. Mais seul le dialogue entre tous les intervenants peut rendre efficace la dynamique qui doit s’engager pour relever ce défi.

(*) Etude «la diffusion d’œuvres audiovisuelles sur internet à haut débit» réalisée par le cabinet Arbizon Multimédia pour le CNC et l’INA - juillet 2000.

 
 
 
 
 
 

Le site du Centre National de la Cinématographie
Site de l'INA

 

Le magazine Antennes homearhiv 4